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Faible risque épidémiologique dans l’usine vendéenne

13 mai 2020 à 10h55 Par Emilie PLANTARD / Alexandra BRUNOIS
Crédit photo : @Capture ecran

Après la confirmation de plusieurs cas de Covid-19 dans l’usine de découpe agroalimentaire Arrivé sur la commune des Essards-en-Bocage, en Vendée, les premiers résultats de l’enquête épidémiologique menée par l’ARS ne laissent apparaître aucune chaîne de contamination. En Bretagne, on s'inquiète également de l'apparition d'un nouveau cluster au centre hospitalier de Lannion.

« L’épidémie est sur le point de disparaître… il n’y aura pas de 2ème vague ! »… C’est la nouvelle sortie de Didier Raoult hier soir. Le Professeur marseillais a publié une nouvelle vidéo sur sa chaîne Youtube. Pour lui, « l’histoire d’un rebond est une fantaisie ».

Et pourtant, le nombre de décès était une nouvelle fois à la hausse hier en France… avec 348 nouveaux décès en 24h mais toujours une baisse du nombre de patients lourds en réanimation. La Bretagne elle a enregistré hier 6 nouveaux décès dans les EPHAD depuis 92h. En Pays-de-la-Loire, 2 décès sont à déplorer depuis 24h dans les hôpitaux et 16 décès dans les EPHAD.

Plus de 290 mille morts sont à déplorer dans le monde selon les derniers chiffres officiels, plus de 4,2 millions de personnes ont été contaminées dans le monde.

C’est pour cela notamment que deux jours après le déconfinement, l’ARS Pays-de-la-Loire appelle à la plus grande prudence, à continuer les gestes barrières et les règles de distanciation.

UN CLUSTER A LANNION

Hier, on a appris que 46 patients et agents avaient été testés positifs au Covid-19 au centre hospitalier de Lannion. Selon l’ARS, c’est un signalement qui a déclenché plus de 500 tests ces lundi et mardi. Le 1er mai, un 1er cas a été détecté au sein du service de gériatrie de l’hôpital costarmoricain. 22 professionnels de santé et 19 patients sont aujourd’hui positifs. Des mesures ont été prises pour freiner la propagation du virus.

Conséquence face à ce nouveau cluster, le syndicat Unsa a déposé une alerte sociale dans le secteur de Lannion. Il demande un délai pour la réouverture des écoles compte tenu de ces nouvelles contaminations.

EN VENDEE, LA PREFETURE SE VEUT RASSURANTE

L’usine Arrivé (Maître Coq) d’Essard-en-Bocage (85) a signalé son premier cas de Covid-19 le 1er avril dernier. D’autres ont suivi, 8 exactement, jusqu’à ce que la direction contacte l’ARS le 8 mai, après que 2 salariés aient contracté le virus consécutivement. L’ARS a donc décidé de mener une campagne de dépistage, à laquelle 100% des employés a participé de manière volontaire. Une première série de tests a été réalisée samedi 9 mai, une seconde lundi 11 mai. Au total, 675 personnes, dont 645 salariés de l’usine ont été testées.

11 cas supplémentaires, asymptomatiques, ont ainsi été décelés. Un regroupement de cas qui n’inquiète toutefois pas particulièrement les autorités de santé et en particulier le Dr Thierry Le Guen, responsable de la veille sanitaire à l’ARS Pays-de-la-Loire.

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"Ca fait une vingtaine de personnes touchée sur 645 salariés, c’est un taux qui est très faible de positivité. Ces premiers chiffres sont rassurants. Néanmoins il faut qu’on poursuive 2 actions au niveau de l’ARS, d’une part le contact tracing, d’autre part une enquête épidémiologique. C’est-à-dire qu’on va regarder, pour ces 20 cas, leur distribution au sein de l’entreprise, regarder la courbe épidémique. A ce stade on peut dire qu’il n’y a pas de chaîne active de contamination dans l’entreprise."

Cette dernière enquête devrait prendre quelques jours. Mais déjà les premiers éléments permettent de favoriser l’hypothèse de contaminations à l’extérieur de l’usine.

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"On a établi une première cartographie sur les 5 premiers résultats de la première série de prélèvements, et on s’aperçoit que les 5 sont par exemple dans des vestiaires différents. Parce que les règles, au sein même des postes de travail, sont respectées, mais il peut y avoir des moments où il peut y avoir une promiscuité, notamment dans les vestiaires. Or on voit que les 5 sont tous dans des vestiaires différents. C’est un premier exemple, qui nous permet de dire, à ce stade, qu’il n’y a pas de chaîne active de transmission."

DES MESURES BARRIERE DES LE MOIS DE MARS

Une absence de flagrance, qui permet aussi de dégager la direction d’une éventuelle responsabilité. Les vérifications des conditions sanitaires appliquées au sein même de l’usine, réalisées par l’inspection du travail, n’ont pas révélées de faille majeure. Dès le mois de mars, la direction de l’entreprise avait d’ailleurs adapté les mesures d’hygiène. Christophe Guyony est directeur général de la société Arrivé :

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"On s’est adapté dans les mesures sanitaires qu’on pratique au quotidien, en augmentant, par rapport aux consignes de l’Etat, le soin qu’on apporte à nos produits et à nos salariés. C’est-à-dire qu’on a travaillé sur la distanciation sociale, en mettant partout où c’est possible des distances d’1 mètre entre les gens. Là où ce n’est pas possible, nous avons mis des barrières physiques, en plexiglass par exemple, et nous avons augmenté notre approvisionnement en terme de gel hydro alcoolique et en terme de protection bucco-nasale, mais nous on se devait de se protéger en travaillant."

LES NOUVEAUX CAS ISOLES

Toutes ces mesures n’ont pourtant pas empêché le virus de s’inviter dans l’entreprise et le dépistage massif a révélé 11 nouveaux cas de Covid-19 parmi les salariés, soit 20 au total depuis le 1er avril. De nouvelles mesures de distanciation sociale ont donc été mises en place, notamment dans les vestiaires. Et les personnes testées positives ont été rapidement prévenues pour qu’elles puissent appliquer le protocole adéquat.

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"On a 11 salariés, qui aujourd’hui, sont isolés de l’entreprise et on espère qu’il n’y aura pas de complications pour eux. Ces personnes-là, nous n’avions pas pu les détecter puisqu’ils étaient asymptomatiques pour la plupart. Nous on les a écartés, mis au confinement, et on a repassé une désinfection de leurs postes de travail, pour que l’ensemble des salariés qui sont présents et qui continuent leur activité, puissent continue leur activité en toute sécurité." 

L’usine d’agroalimentaire a adapté son activité aux exigences spécifiques des clients pendant la crise sanitaire, mais elle n’a jamais cessé de travailler. A ce jour, aucun de ces salariés dépistés positifs n’est hospitalisé, certains, parmi les 1ers détectés en avril, ont même repris le travail.