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Dans les diocèses, l’arrestation du bénévole remue…

28 juillet 2020 à 09h08 Par Emilie PLANTARD
Crédit photo : @Diocèse de Luçon / Facebook

L’auteur de l’incendie criminel de la cathédrale de Nantes a été identifié, il s’agit d’un bénévole du diocèse, chargé de fermer les portes du bâtiment. Cette implication est un choc au sein des divers diocèses, puisque les bénévoles sont indispensables à la vie de la communauté.

Après l’incendie de samedi du 18 juillet dernier, les aveux du bénévole ont été un second choc pour la communauté pastorale nantaise. L’homme, de nationalité rwandaise était au service du diocèse depuis plusieurs années, et avait toute la confiance du recteur de la cathédrale. Se pose alors la question de confier la responsabilité d’un tel édifice religieux à un bénévole… Nous avons sollicité l’expertise du Père Alexandre Robineau, recteur de la cathédrale de Luçon. Très affecté par l’incendie de l’édifice nantais, il rappelle le caractère indispensable d’une telle organisation, fondée sur le bénévolat et nécessaire à la sécurisation des lieux.

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"On peut pas faire sans les bénévoles, parce que dans l’église, on n’a pas énormément de moyens et bien sûr ce sont les bénévoles qui nous aident, qui sont précieux et indispensables. Nous à la cathédrale on a un service de portiers, toutes les semaines, ils se relaient pour ouvrir et fermer la cathédrale, on a un service de sacristains, de ménage et tous ces bénévoles sont indispensables pour l’entretien de sa cathédrale, sa sécurité. Avec tous ces bénévoles et les services de l’Etat, a été mis en place un service de clés complexe, et puis il y a un service de détection aussi dans les combles."

Un acte imprévisible

Dans le diocèse de Luçon, on a suivi les derniers rebondissements de l’affaire avec beaucoup d’intérêt et de tristesse, sans pour autant pointer du doigt une quelconque erreur. Ce qui est arrivé à Nantes, aurait pu arriver partout ailleurs.

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"C’est vrai que quand on apprend ça, qu’on sait que c’est un bénévole, on se dit comment on essaie de faire attention, on essaie nous aussi d’éviter ce genre de drame mais je dirais que ce n’est pas évident parce que dans un acte de folie d’une personne de confiance, qui peut en arriver à commettre un acte criminel aussi grave, comment le détecter, comment le prévoir, c’est impossible. Ca fait réfléchir et en même temps on se sent démuni."

Une confiance primordiale

A Luçon, la cathédrale abrite également de précieux objets patrimoniaux et notamment le Grand Orgue de Tribune. Il est nécessaire de pouvoir compter sur les bénévoles pour assurer la sécurité de l’édifice et cette collaboration repose bien sûr sur la confiance.

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"Sans la confiance on ne pourrait pas vivre ensemble. On est obligés de se faire confiance. A Nantes, pour les responsables, comme pour le recteur qui a pu témoigner, c’était une personne de confiance, ils n’auraient jamais soupçonné qu’il puisse commettre un tel acte. Et effectivement nous on part sur le principe de la confiance et le mieux c’est peut-être de limiter leur nombre et de personnes un peu référentes pour mieux les connaître, mieux travailler ensemble."

Très (trop) chère sécurité

Les cathédrales, propriétés de l’Etat, sont sous la responsabilité commune de l’Etat et des diocèses, notamment du recteur qui y est affecté. Tous travaillent en collaboration pour assurer la sécurité de ces édifices et leur patrimoine, mais ce poste de dépense est lourd. L’an dernier, la cathédrale de Luçon avait, elle aussi, été la cible d’une tentative d’incendie criminelle.

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"Là où on peut imiter les dangers, c’est quand on a plusieurs niveaux de sécurité. Ça peut être les bénévoles, qui sont en lien avec des services de vidéo surveillance ou une entreprise de sécurité, comme c’est le cas chez nous, pour que, dès qu’il y a une anomalie, ce soit détecté le plus vite possible. Et si on veut un niveau de sécurité maximal, ça implique de mettre les moyens. Et aujourd’hui on a un niveau de sécurité qui est bon, mais qui pourrait être renforcé, notamment en ce qui concerne les œuvres, mais ça a un coût très important et ce n’est pas possible."

Le bénévole rwandais de Nantes a été mis en examen samedi 25 juillet et placé en détention provisoire. Il risque 10 ans de prison.