Pays de la Loire

Xynthia : un douloureux souvenir à La Faute

27 février 2020 à 14h48 Par Emilie PLANTARD
Crédit photo : @Hit West

10 ans après le passage de la tempête Xynthia sur la France, le petit village de La Faute-sur-Mer pleure toujours ses disparus. Aujourd'hui, la vie a repris sur la zone sinistrée mais les familles de victimes ont souvent quitté la commune.

La tempête Xynthia a balayé la France du 26 février au 1er mars 2010, faisant 35 morts dans le seul département de Vendée. Dans la nuit du 27 au 28 février 2010 à La Faute-sur-Mer, seulement quelques minutes ont suffi pour que l’océan franchisse les digues protégeant un lotissement de plusieurs centaines de maisons de plein pied. Le bilan est lourd : 29 morts et des centaines de familles traumatisées.

Renaud Pinoit est le président de l’association des victimes des inondations de la Faute-sur-Mer :

Écouter le podcast

"Il y a eu une marée très haute, une très basse pression puisqu'il y a eu une dépression à passer au dessus et donc ça a fait monter le niveau de l'eau et puis le vent de sud-ouest qui rentrait dans l'embouchure du Lay, le fleuve côtier qui nous sépare de L'aIguillon. Et ces 3 éléments font qu'il y a eu une surcote d' 1m50 par rapport à ce qui était prévu et les digues elles ont été prévues pour 40 cm donc il y a 1 mètre d'eau qui s'est déversé instantanément, c'est-à-dire qu'il y a 2m80 d'eau qui sont arrivés en moins d'1/4 d'heure. Donc les gens ont été évidemment pris de court, dans leur sommeil, et finalement les plus jeunes s'en sont sortis, les plus âgés, beaucoup moins bien."

memorial xynthia.jpeg (1.45 MB)

Des lendemains si douloureux

Le 28 février, La Faute se réveille meurtrie. L’événement bouleverse la France entière et notamment les 1000 habitants de ce petit village côtier.

Écouter le podcast

"Le lendemain matin, il faisait un temps magnifique, il n'y avait pas un brin de vent, mais il n'y avait plus de bruit. Et on annonce après régulièrement qu'on a trouvé tel corps, tel corps... Et là, c'est la catastrophe qui nous tombe sur les épaules parce qu'on est dans un petit village, tout le monde se connaissait ou quasiment, on croisait ces gens-là tous les jours et  d'un coup ils n'existent plus donc c'est compliqué. On a eu la visite de l'ancien président Nicolas Sarkozy qui a annoncé qu'il fallait tout déconstruire à La Faute-sur-Mer donc ça a rajouté à notre malheur, certainement."

Ancien lotissement La Faute.JPG (1.61 MB)

Derrière la dune aujourd'hui, un terrain de golf.

Les maisons endeuillées y sont représentées par des ifs.

Les destructions de maison : La seconde catastrophe

L’Etat a donc rapidement ordonné la destruction de près de 600 maisons. Aujourd’hui, la commune a perdu plus de 350 habitants. Cette fuite est un coup dur, mais elle s’explique. 

Écouter le podcast

"La majorité étaient des maisons secondaires donc les prorpiétaires ont vendu leurs maisons à l'Etat et après ils sont partis investir l'argent ailleurs. Donc les gens on ne les voit plus. Donc on a perdu 600 foyers. La majorité des gens, de toute façon, ne souhaitaient pas rester à cet endroit-là, parce que c'était trop dangereux. Quand vous voyez votre maison avec de l'eau jusqu'aux dernières tuiles du toit, vous n'avez pas envie d'y retourner, sachant que les digues, elles n'étaient pas encore refaites et qu'on ne savait pas trop si il y allait avoir des digues de refaites ou si on allait laisser tomber,  délocaliser tout le monde et se dire que la mer reprendra ses droits un jour..."

Aujourd'hui, les habitants de La Faute-sur-Mer ne peuvent oublier ce qui s'est passé, mais il est important de marquer ce dixième anniversaire pour rendre hommage et rappeler au reste du monde que ça peut arriver...

Une commémoration sera organisée le dimanche 1er mars à La Faute-sur-Mer, par la mairie, la préfecture et les associations de victimes. Le rendez-vous est donné à 10H30 au skate-park.

Retrouvez ce témoignage en longueur avec le Focus de Sur place ou à Emporter, diffusé le 21 février dernier.