Week-end de mobilisation pour défendre le bocage et les terres de la ZAD

28 septembre 2018 à 4h29 par Dolorès CHARLES

Un week-end de mobilisation sur la ZAD, pour défendre les terres et le bocage : "Terres communes".

HIT WEST
ZAD de Notre Dame des Landes
Crédit: Alexis Bédu

On en parle on en parle … mais ça vous dit de visiter la ZAD : les occupants organisent un week-end de mobilisation à Notre-Dame-des-Landes. L’aéroport est abandonné mais il reste des incertitudes sur les terres. Un comité de pilotage est prévu en préfecture, le 12 octobre, pour discuter des Conventions d’occupation précaires (COP), signées entre l’État et 15 zadistes, et valables jusqu’au 31 décembre. Portes ouvertes sur 11 sites (occupés) où des projets agricoles ou non, sont menés. Sur place, le calme est revenu et beaucoup de Zadistes opposés au projet d’aéroport sont partis. Sur les 300 habitants réguliers, il n'en resterait que la moitié. Sam habitante de la ZAD avec Alexis Bédu.

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« L'opération a été d'une violence incroyable sur le territoire français. On s'est retrouvé devant 2.500 gendarmes et une dizaine de blindés. Blindés sur lesquels, il était écrit le nom des interventions. Pour plusieurs d'entre nous, ce n'était pas très agréable de lire « Notre-Dame-des-Landes » en dessous de « Kosovo ». Ils ont été très violents, il y a une grosse fatigue qui vient de là et il faudra du temps pour se remettre de ça. Je pense qu'il y a des gens qui vont partir parce qu'à chaque nouvelle phase, il y en a à qui cela convient et d'autres qui préfèrent partir. Il y en a qui vont voir ailleurs en se disant qu'ils reviendront, d'autres pas. Il y a des gens qui arrivent aussi. »

Un témoignage enregistré cet été par notre reporter. Sur la ZAD de Notre Dame des Landes, des occupants sollicitent également une COP auprès de l’Etat, mais ils sont sur des parcelles revendiquées aussi par les anciens propriétaires.

L'aéroport de Nantes-Atlantique agrandi et réaménagé

Des compensations dites exemplaires ont été promises aux riverains de l'aéroport actuel. Le Premier ministre l'a annoncé lors de sa venue à Nantes, au début du mois de  juillet. Sur l'avenir des terres de NDDL, Edouard Philippe doit officialiser la rétrocession de 900 hectares au département. C'est ce qui pourrait poser problème dans les discussions entre zadistes et Préfecture.

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« Ce sont 900 hectares que le département réclame à l'Etat. C'est quasiment l'intégralité du tracé de l'aéroport. Ça c'est quelque chose qui nous met dans une situation très spécifique parce que Mr Grosvalet le président du département l'a suffisamment dit dans la presse ces dernières années : il nous déteste et nous voit comme des ennemis. Cela fait partie des petites surprises très acerbes que l'on a eues. »

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Pour le collectif COPAIN 44, il est essentiel de sauver la biodiversité. « Il demande une mutualisation : ces terres sauvées du béton sont une aubaine qu’il faut redistribuer selon les critères de la CDOA pour consolider les fermes qui en ont besoin, et dégager un solde qui permette des installations. »

[Communiqué de presse ]

"Le collectif COPAIN 44 invite les paysans et les citoyens à participer au rassemblement du samedi 29 et dimanche 30 septembre sur l’ex zad de Notre dame des landes. Nous avons évité un projet destructeur, il faut réussir maintenant un avenir commun dans le bocage.

Venez participer aux débats : Quelles contraintes ? Quelles activités ? Quelle organisation et quels projets en cours ? Comment soutenir et participer aux projets ? Venez rencontrer les projets agricoles, les projets de gestion de la forêt et les autres activités.

Soyons nombreux pour montrer notre motivation intacte pour cette zone tant pour les êtres humains qui y vivent, que pour la richesse du bocage. Il est essentiel de sauver la biodiversité ; les naturalistes vous expliqueront les diagnostics en cours, mais ce n’est pas encore gagné. De même, pour le foncier, nous participons aux rencontres avec l’administration, mais nous craignons un scandale moral. En effet, si les démarches en cours se poursuivent, les agriculteurs qui ont touché les indemnités pour renoncer à leur fermage, vont pouvoir garder toutes les terres en question en location définitivement.

« Le beurre et l’argent du beurre » comme nous l’avons toujours craint. Nous demandons une mutualisation : ces terres sauvées du béton sont une aubaine qu’il faut redistribuer selon les critères de la CDOA pour consolider les fermes qui en ont besoin, et dégager un solde qui permette des installations. Un moment clé pour ce débat sera la tenue du Comité de Pilotage Notre dame des Landes le 12 octobre à Nantes."