Pays de la Loire

Violences policières : le témoignage d'une prof d'Orvault

15 janvier 2020 à 05h57 Par Dolorès CHARLES
Crédit photo : Pixabay

Les plaintes se multiplient contre les violences policières. A Nantes, une professeur en collège témoigne.

La réforme des retraites, et nous en sommes au 42ème jour de mobilisation à la SNCF, mais ça va beaucoup mieux. 9 TGV sur 10 et 9 TER sur 10 circuleront ce mercredi, et il y aura 2 AR sur la ligne Intercité Nantes-Tours-Lyon.

En ville, les opposants varient les modalités de la grogne... Aujourd’hui pas de manifestation à Nantes (2000 hier au Miroir d'eau), mais une retraite aux flambeaux à partir de 17h30. Tractage aussi aux entrées de ville à Écouflant, Saint-Barthélemy-d’Anjou ou Beaucouzé dans le Maine-et-Loire. Dans le Finistère, il est prévu des actions devant les permanences des députés. RDV à Saint-Brieuc, à 13h30 aujourd’hui sur le parvis de la gare et demain même heure place de la Liberté. Rassemblement à midi aussi devant le siège du Medef d’Ille-et-Vilaine, à Rennes, et à 14h place de la Trémoille à Laval. Les cortèges ont réuni hier environ 300 personnes à Saint-Brieuc, 150 à Lannion, une cinquantaine à Cholet.

La police accusée de violences

En marge de ce mouvement social, la police fait face à de nouvelles accusations de violences. Des interventions excessives des forces de l'ordre, dont les preuves filmées au téléphone portable ont fleuri sur les réseaux sociaux. A tel point que le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner s'est senti obligé de rappeler lundi à l'occasion des vœux aux policiers leur devoir "d'exemplarité". Simon Reungoat a recueilli le témoignage de Maud, prof d'Histoire-Géo en collège à Orvault, près de Nantes, et blessée la semaine passée lors d'une manifestation.

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"On chantait des chansons... et on marchait tranquillement entre collègues, et on a été victime de gaz lacrymogène et de grenade de desencerclement. Un enseignant a eu des plaies à la jambe et des points de suture, moi-même j'ai eu le tympan transpercé, et un autre collègue a eu une plaie à la jambe et du coup il boite depuis ... c'est du à l'explosion de la grenade qui a été lancée au milieu des gens... Je trouve que c'est pas normal qu'on en soit rendu là alors qu'on manifeste tranquillement et pacifiquement... Bien évidemment ça me fait peur, moi je suis une maman et j'ai des enfants en bas âge. On s'est posé la question et on s'est tous dit que non, on alllait continuer à être grévistes et continuer à aller en manifestation mais je pense que le problème c'est qu'on est dans la rue, tout simplement... "

Hier, le président Emmanuel Macron a demandé au gouvernement "des propositions claires pour améliorer la déontologie" parmi les forces de l'ordre.  Du côté des syndicats "SUD éducation 44 dénonce une nouvelle explosion de violence répressive de la part des forces de l’ordre". Le communiqué complet ci-dessous :

"Depuis des années une répression policière brutale et injustifiable s’abat sur les grévistes et manifestant-es- nantais-e-s (ZAD, Loi travail, Gilets Jaunes , fête de la musique...), elle semble avoir franchi un cap samedi 11 janvier. Ce samedi, deux manifestations ont eu lieu dans le centre ville de Nantes, et la rue a été occupée toute la journée. Les forces de l'ordre complètement décomplexées, ont tenté d'empêcher la deuxième manifestation d'avoir lieu. En vain. Mais elles ont réussi à blesser de nombreux-ses manifestant-e-s.

La police a décidé d'empêcher les manifestant-e-s de défiler ce samedi après-midi à Nantes. Dès le départ de la manifestation, elle a fait usage à profusion de tirs de LBD, de grenades de désencerclement, de grenades lacrymogènes, de nasses, canon à eau... Un déferlement inouï de violence face à une foule de manifestant-e-s désarmé-e-s. De nombreux-ses personnes ont été blessé-e-s dans le camp des manifestant-e-s, notamment des camarades de Sud éducation 44. Beaucoup ont terminé la journée au CHU, pour faire constater et soigner différentes blessures (sutures sur des plaies, tympans perforés …). C'est une atteinte à la liberté de manifester qui est désormais une coutume.

Ce n’est pas par la répression que le gouvernement parviendra à mettre un terme à ce mouvement de grève d’ampleur. Il faut maintenant écouter les grévistes. Les violences policières comme les pressions sur les grévistes et les mobilisé-e-s par la multiplication des gardes à vues doivent cesser !
Après la mort de Cédric Chouviat la semaine dernière suite à un écrasement en guise d’interpellation, celle de Steve Maya Caniço lors de la fête de la musique 2019 à Nantes, celle de Zineb Redouane à Marseille lors d’une manifestation Gilets Jaunes en décembre et celle d’au moins 9 autres personnes partout en France en 2019, faudra-t-il encore un-e mort-e lors d’une prochaine manifestation, tant la violence policière semble aujourd’hui sans borne dans notre société ?"

Sud éducation 44 :

- dénonce cette répression politique et étatique qui met en danger la vie des manifestant-e-s et compte déposer une plainte.
- confirme sa détermination à obtenir le retrait d’un projet injuste, inégalitaire et libéral ni amendable, ni négociable : la contre-réforme des retraites de Macron-Delevoye.
- ne reculera pas face à la violence de l’État !
- dénonce la répression généralisée et la violence policière."