Trump / Biden : le D-Day pour l'élection présidentielle américaine

2 novembre 2020 à 15h00 par Dolorès CHARLES

A l'aube de cette nouvelle élection présidentielle outre-Atlantique, à l'issue très incertaine, rencontre avec Charles Kergaravat, un Américain revenu sur la terre de ses ancêtres bretons. Une rencontre signée Yann Launay.

HIT WEST
Charles Kergaravat
Crédit: Yann Launay

Charles Kergaravat a grandi à New-York, où il a entamé une carrière dans la finance, avant de s'installer il y a 5 ans dans le Morbihan. Président de l'association Breizh-Amerika, Charles veut promouvoir et renforcer les coopérations entre les Etats-Unis et la Bretagne, et il ne le cache pas, depuis l'élection de Donald Trump en 2016, c'est beaucoup moins évident :

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"Tout ce qui est diplomatie, échanges, collaboration entre nos pays est devenu plus compliqué depuis 4 ans... Un jeune qui veut partir travailler 2, 3, 5 ans aux USA pour avoir un visa, c'est complexe... ça coupe un peu ce lien, et je pense qu'il est important de le préserver, de permettre à plus de gens d'avoir des projets des deux côtés de l'Atlantique..."

Malgré tout, Charles veut rester optimiste, même si Donald Trump était réélu mardi :

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"Le système américain est assez bien fait, pour assurer que les choses se passent à peu près bien : je sais qu'il y a beaucoup de gens en 2016 qui ont dit "c'est la fin du monde, Trump est passé...", et finalement on voit que ce système fédéraliste marche plutôt bien. Il y a des gouverneurs avec un vrai pouvoir qui peuvent contrer Washington. Il y a des juges qui peuvent dire "on n'est pas d'accord, on ne va pas faire comme ça"... et cela permet de réduire peut-être les erreurs ou les choses qui ne sont pas du standing d'un pays comme les Etats-Unis..."

Les électeurs de Trump ne doivent pas être rejetés en bloc !

Pour Charles, interrogé par Yann Launay, les électeurs de Trump ne doivent pas être rejetés en bloc, il faut s'intéresser aux causes de leur vote :

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"On peut vivre ces élections de la France et ne pas trop comprendre pourquoi il y a autant de gens qui vont voter Trump... Je pense que c'est important de dialoguer, de comprendre qu'est-ce-qui se passe dans leur vie, pourquoi ils ont de la détresse, pourquoi ils ont de la difficulté économique... et je pense que si on fait ça, on peut peut-être les aider, plutôt que de les laisser dans un désespoir qui les fait voter d'une manière réactionnaire..."

Reste que pour Charles, cette présidentielle est déjà bien différente de la précédente : il constate un retour vers la politique des électeurs américains :

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"On n'a jamais eu autant d'Américains qui ont voté en avance. C'est du jamais vu. Il y a beaucoup moins d'indécis qu'en 2016. En 2016, les derniers jours, 14% des Américains étaient indécis, ils ne savaient pas pour qui ils allaient voter. Cette année, c'est seulement 6% des gens. Et on sait que pour gagner une élection, il faut que les militants des partis se mobilisent : en 2016, comme beaucoup de gens pensaient que c'était déjà fait, beaucoup de gens ne sont pas allés voter... Je pense que cela ne va pas être le cas cette fois-ci..."

La pandémie va peser lourd dans le scrutin

Autre grande différence : le contexte sanitaire, et cette pandémie de coronavirus qui pour Charles va peser lourd sur l'élection :

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"Il faut comprendre qu'aux USA en mars-avril, ce sont 40 millions d'Américains qui ont perdu leur travail... Perdre son travail aux US, du jour au lendemain, on n'est plus couvert, il n'y a pas de sécurité sociale... Si on est malade, si on doit aller à l'hôpital, la note peut être très salée... On voit des personnes qui ont passé un mois à l'hôpital, suite au covid, et ils ressortent avec une note d'un million de dollars... Il y a aussi ces écarts, ces inégalités qui se sont creusés, avec cette pandémie, qui forcément aura un effet sur l'élection..."

On saura mercredi au plus tôt qui de Donald Trump ou de Joe Biden deviendra le 46ème président des Etats-Unis.