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Les Gilets Jaunes invités à manifester samedi

11 septembre 2020 à 09h54 Par Emilie PLANTARD
Crédit photo : @Hit West

Une manifestation de Gilets Jaunes est organisée samedi 12 septembre à Paris. Dans l’ouest, ceux qui n’y seront pas occuperont certains ronds-points, c’est le cas à Angers.

C’est la rentrée des Gilets Jaunes, du moins en manifestation. A Paris, plusieurs collectifs appellent à se rassembler sur les Champs-Elysées samedi 12 septembre alors que la préfecture s’y oppose. Une situation qui s’annonce de nouveau tendue et qui incite de nombreux sympathisants à rester dans leurs villes. A Angers, Olivia (prénom d’emprunt) est retraitée, elle a adhéré au mouvement dès 2018, mais préfère ne plus participer aux manifestations à cause des violences policières. Elle répondra en revanche à l’appel de Cité Jaune Angers à se réunir à 12H, sur le rond-point du parc expo de la ville.

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"Samedi, on va faire comme d’habitude, on va manger ensemble, on va mettre des banderoles autour du rond-point, on va distribuer des tracts… C’est petit mais il y a très peu de gilets jaunes angevins qui souhaitent monter à Paris, on a peur ! On n’est pas encore assez désespéré pour aller prendre le risque de se faire mutilé ou de se faire tuer…"

Un mouvement en sommeil

En mars dernier, le confinement a mis un coup d’arrêt à la mobilisation, déjà bien affaiblie. Les plus fervents Gilets Jaunes se sont retrouvés depuis, mais se sentent oppressés par la présence policière.

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"Il y a eu une première manifestation à Angers au lendemain du confinement, on avait demandé aux gens du confinement étaient d’accord pour qu’on aille devant le CHU manifester notre soutient. Après, tous les autres rassemblements qu’on a pu faire, ils ont été intimidés. Notre rendez-vous, c’est 14 heures au kiosque du mail à Angers, systématiquement il y avait la Police qui nous contrôlait, qui nous fouillait, on n’avait pas nos papiers d’identité sur nous, il y en a qui se sont fait embarquer… Il fallait faire peur."

Toujours le même message

Lancé suite à la hausse du prix du carburant en novembre 2018, le mouvement soutient aujourd’hui des revendications plus larges. Et la crise sanitaire ne fait que renforcer la défiance envers le gouvernement et le système actuel.

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"Les revendications, c’est démocratie directe, les gens veulent décider de leur vie, veulent décider de leur avenir, défendre le bien commun et les services publics, faire cesser les injustices et les inégalités, et aussi prendre des mesures contre la dégradation de notre environnement. On ne veut plus travailler à fabriquer des trucs à obsolescence programmée ou à faire des boulots de cons où on ne gagne même pas de quoi vivre, on ne veut plus consommer n’importe quoi n’importe comment, et on ne veut plus fermer notre gueule !"

Faire renaître le mouvement

Pour Olivia comme pour de nombreux Gilets Jaunes, les intimidations policières et la crise sanitaire n’ont pas eu raison de leur motivation. Pour elle, le mouvement des Gilets Jaunes doit continuer.

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"Non, on ne veut pas qu’il s’éteigne, il va encore y avoir une assemblée des assemblées cet automne dans la région parisienne. Toute la difficulté c’est de s’organiser de façon horizontale, d’essayer de trouver le plus petit dénominateur commun avec les autres organisations qui luttent, que ce soit des associations, des syndicats, mais bon, c’est une histoire de dignité quand je me regarde dans le miroir, pour mes enfants, mes petits-enfants, je dois continuer le combat."

Les Gilets Jaunes n’étant pas coordonnés, certains appellent à manifester localement, d’autres non. A Nantes, un rassemblement est prévu place Aristide Briand à 14H, à Guingamp, Kernilien à 11H, à Saint-Brieuc, place de la liberté à 13H30… Et certainement de la présence sur des ronds-points « historiques »…