Le festival La Nuit de l'Erdre menacé...

7 avril 2020 à 6h16 par Dolorès CHARLES

A l'heure du confinement, les festivals de l'Ouest s'interrogent, et la plupart sont incertains et pessimistes sur l'avenir.

HIT WEST
Crédit: @LaNuitdelErdre

Les festivals de plus en plus menacés… A l'image du Hellfest à Clisson, ou de La Nuit de l’Erdre qui doit se dérouler en juin également sur les terres de Nort-sur-Erdre. Le festival de musiques actuelles a communiqué sur l’incertitude de la 22ème édition hier (communiqué). Cela dépend de la situation sanitaire, et surtout de l’Etat qui prend les arrêtés d’interdiction de se rassembler. Pour en parler, le président de La Nuit de l'Erdre, Marc Jolys, était l'invité du Réveil de l'West ce mardi, avec Pierre et Julien.

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"La première de La Nuit de l’Erdre s’est déroulée en 1998, année de la coupe du monde avec une grande euphorie, bien plus qu’aujourd’hui… C’était l’occasion pour le comité des fêtes, à l’époque il fêtait ses 50 ans et notre président nous avait proposé d’organiser un concert. Ce premier concert a été une réussite et a donné naissance à La Nuit de l’Erdre qu’on connaît aujourd’hui. On ne sait pas où on va. C’est compliqué, on travaille, on essaie d’avancer mais aujourd’hui on a des décisions à prendre. Engager encore plus la Nuit de l’Erdre financièrement, par le passage de commandes dont les délais sont incompressibles, il nous faut nous décider. Nous on n’est pas concerné par les assurances. On a pour habitude de prendre nos assurances plus tard et les annulations pour cause de pandémie sont toujours exclus des contrats. Mais on a des engagements auprès de nos producteurs, nos contrats de cession sont signés pour la plupart et il faut qu’il y ait une décision officielle pour qu’on puisse ne pas payer les droits de cession. Dans tous les contrats il y a des clauses d’annulation c’est-à-dire que si c’est nous qui décidons d’annuler, même si c’est évident qu’on n’aura pas le droit, juridiquement on va au-devant de problèmes et financièrement. Plus on attend plus c’est compliqué. Nos fournisseurs sont à l’écoute parce que pour eux aussi, c’est un manque à gagner important. La Nuit de l’Erdre n’est pas un très gros événement mais on avoisine quand même les 3 millions d’euros de budget. Ce n’est pas une petite affaire. Nos fournisseurs vont en pâtir aussi et on a signé des contrats, des devis… Et comment ça se passerait si on annulait de notre propre chef… ? Forcément on aurait des retours."

Pour les Vieilles Charrues à Carhaix, rien n'est acté. Ni pour le FIL à Lorient. Dans le Morbihan, le festival de métal Motocultor à Saint-Nolff se dit « prêt à s’adapter mais pas à annuler ». Sinon c’est le dernier jour pour profiter du festival « Je reste à la Maison ». En direct sur Facebook, des artistes, groupes / musiciens, donnent des concerts depuis une semaine… chez eux !

"SI L’ASSOCIATION GARDAIT ESPOIR DE POUVOIR MAINTENIR SA 22E ÉDITION IL Y A ENCORE QUELQUES SEMAINES, LA SITUATION S’EST CONSIDÉRABLEMENT COMPLIQUÉE ET NÉCESSITE UNE PRISE DE POSITION CLAIRE DU GOUVERNEMENT.

Après un premier état des lieux il y a 3 semaines, voici un nouveau point sur la situation. L’équipe est toujours confinée en télétravail et donne tout son possible pour entretenir la flamme d’une belle édition 2020. Nous vivons une situation sans
précédent où il est toutefois difficile de se projeter avec optimisme.

Cette situation est également celle de tous nos confrères de festivals, salles, organisateurs de spectacles, et de manière générale l’ensemble des secteurs. Nos pensées vont vers celles et ceux en contact direct avec l’épidémie, ces héros du quotidien, à commencer par le personnel médical, mais aussi tous les corps de métiers sur le terrain, que nous tenons à saluer chaleureusement. Il va sans dire que nous adressons également tout notre soutien aux personnes touchées directement ou indirectement par la maladie.

Si nos plus grands souhaits restent que la situation s’améliore et de convier plus de 55 000 festivaliers une fois de plus à 3 jours et 3 nuits de musique, de fête et de partage, nous devons forcément composer avec une situation plus qu’instable. Nous étudions tous les scénarios, mais il persiste de nombreuses variables que l’on ne maitrise pas : l’évolution de la situation sanitaire, la teneur des mesures de confinement et la durée d’interdiction des rassemblements.

Il est à ce jour difficile de se positionner définitivement car bon nombre de décisions
sont indépendantes de notre volonté. Certains délais sont incompressibles, que ce soit pour nos partenaires, nos fournisseurs, nos prestataires, ou pour nous. Concrètement, le maintien ou l’annulation du festival dépend d’un nouvel arrêté d’interdiction des rassemblements.

Plus le temps passe, plus il est difficile d’envisager le festival. Nous avons aujourd’hui besoin de certitudes de la part des institutions. Les questions et les doutes doivent obtenir des réponses concrètes et claires. Pour les festivaliers, bénévoles, artistes, techniciens, partenaires, prestataires... que nous aimons, et qui nous ont toujours soutenu, nous avons envie de garder espoir que La Nuit de l’Erdre 2020 puisse avoir lieu. Mais malgré tout le cœur que l’on pourra y mettre, le verdict ne dépend désormais plus de nous.

Notre priorité reste avant tout le confort et la sécurité de chacun. On donnera tout tant qu’il y subsiste une raison d’y croire, et si par malheur le festival ne pouvait avoir lieu, toute notre énergie sera utilisée pour proposer à chacun les solutions les plus appropriées.

Prenez soin de vous !
L’équipe de l’association La Nuit de l’Erdre."