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Karine Tuil, lauréate du Goncourt des Lycéens

15 novembre 2019 à 09h15 Par Alexandra BRUNOIS
Crédit photo : Yann Launay

"Les choses humaines" : c'est le titre du 32ème Goncourt des lycéens. Le livre de Karine Tuil, qui traite du viol, a été choisi hier à Rennes par 12 lycéens venus de toute la France. Reportage de Yann Launay

Ces 12 lycéens avaient la lourde tâche de représenter leurs 2 000 camarades pour départager les 8 livres finalistes. Mais l'ouvrage de Karine Tuil a été élu dès le premier tour du vote !

C'était le coup de coeur d'Ilona, 16 ans, élève de 1ère au lycée Mendès France de Rennes, et membre du jury national :

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"C'est un livre puissant, qui aborde un thème actuel d'une manière originale : on voit le point de vue non pas de la plaignante, mais de l'accusé... On veut le finir vite, ce livre, il est tellement enrichissant, mais à la fois on s'arrête sur certains passages, cela nous fait réfléchir sur notre propre vie, c'est exceptionnel..."

Les membres du jury national n'auront eu que 2 mois pour lire les 14 ouvrages de la sélection. Mais pour Alexandre, 15 ans, élève au lycée Saint Martin d'Angers et membre du jury national, ce marathon de lecture et de débats n'a rien eu de rébarbatif :

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"C'était une super aventure, j'ai pris énormément de plaisir à délibérer que ce soit avec ma classe en région comme aux rencontres nationales. Cela m'a fait vraiment grandir de se dire que l'on est réunit pour la littérature, la littérature c'est quelque chose de vivant..."

Pour Ilona, cette aventure sera beaucoup plus qu'une simple parenthèse dans sa vie de lycéenne :

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"C'est beaucoup de rencontres. Les débats, c'est du respect, on s'écoute tous, cela nous fait changer de vision parfois sur certains livres, cela enrichit encore plus notre manière de voir les livres. Je vais me mettre beaucoup plus qu'avant dans la lecture, c'est sûr, et je pense que cela va changer les thèmes de mes lectures, parce que ce n'est pas forcément ce que je lisdais habituellement, et c'est super intéressant de sortir de sa zone de confort..."

Une récompense à la saveur toute particulière

C'est un deuxième prix littéraire en deux jours pour Karine Tuil, qui avait reçu la veille le prix Interallié. Mais ce prix Goncourt des lycéens a pour l'auteure une saveur toute particulière, comme Karine Tuil a pu l'exprimer aux membres du jury

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"Je suis très émue, parce que cela fait plusieurs fois que j'ai la chance de participer au Goncourt des lycéens, et c'est à chaque fois une grande joie d'avoir ces échanges avec les jeunes, avec leurs professeurs, en particulier sur les sujets de société que j'aborde souvent..."

Le Goncourt des lycéens est un prix particulièrement prescripteur : le lauréat s’écoule en moyenne à plus de 310 000 exemplaires, proche des ventes du Goncourt "senior". Pour Bernard Le Doze, l'enseignant qui a créé le Goncourt des lycéens en 1988, cela prouve aussi que ce prix littéraire est réellement désigné par les lycéens eux-mêmes :

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"On pense parfois que le Goncourt des lycéens est le prix des profs... c'est faux : il leur est interdit de proférer un avis quel qu'il soit... Je crois que c'est la raison pour laquelle c'est un prix qui est très prescripteur : on sent que le prix Goncourt des lycéens, c'est le prix de la liberté : on n'a pas d'accointances avec les éditeurs, le public des élèves change chaque année, les profs changent chaque année : il ne peut pas y avoir de réseaux de connivence... Il y a une dimension de liberté dans ce prix qui fait que ce prix plaît, et fait vendre..."