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Gilets jaunes : la morosité pour vos achats de Noël

17 décembre 2018 à 07h55 Par Alexandra BRUNOIS
Crédit photo : Yann Launay

Démarré il y a près de 4 semaines maintenant, le mouvement des Gilets jaunes impacte désormais profondément l'activité commerciale, que ce soit dans les centres-villes ou dans les zones périphériques. Reportage en Bretagne de Yann Launay

Entre les reports d'achats, la concurrence d'internet et la morosité ambiante, il semble bien qu'à quelques jours de Noël, la fièvre acheteuse n'est pas vraiment au rendez-vous dans nos rues...

Et pour vous, quelles sont les conséquences du mouvement social et de l'ambiance actuelle sur votre façon de consommer ? Quelques réponses recueillies à Vannes :

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"On est aujourd'hui justement à faire les cadeaux de Noël, on fait toujours en dernière minute, on n'a rien changé à nos habitudes (..) Je commence mes courses de Noël, parce que j'attendais qu'il y ait moins de bazar... Et on va essayer de privilégier les petits commerces, parce qu'ils ont beaucoup souffert.. Les Gilets jaunes, on comprend aussi, mais faire souffrir les autres ce n'était peut-être pas leur objectif non plus."


Les commerçants tirent la sonnette d'alarme, tout particulièrement ceux qui réalisent habituellement l'essentiel de leur chiffre d'affaires au moment des fêtes de fin d'année. Frédéric Besson gère en franchise un grand magasin de jouets, à Vannes. Il ne cache pas que sa situation est désormais particulièrement critique. La proposition d'Emmanuel Macron de verser une prime de fin d'année défiscalisée aux salariés, le fait rire jaune...

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"Si déjà j'arrive à payer mes salariés ce sera bien... moi déjà sachez que je ne me paierai pas... pour nous ce sont des journées extrêmement difficiles, avec des baisses de chiffre d'affaires qui vont de moins 10 à moins 80%... Même le dimanche, nous sommes sur des chiffres inférieurs à ce que nous avons habituellement... je ferai mes comptes fin décembre, mais la probabilité de ne pas pouvoir continuer est patente."


Les préfets et les maires, dans l'ouest comme ailleurs, tentent pourtant de compenser les pertes, avec des ouvertures autorisées le dimanche, des transports ou des stationnements gratuits... mais pour Frédéric Besson, il est trop tard ! A moins d'un miracle sur les derniers jours avant Noël, la saison sera catastrophique. Le gérant n'en veut pas aux Gilets jaunes, qu'il dit comprendre, mais Frédéric Besson en veut au gouvernement, dont il attend de l'aide : ce qui a été annoncé pour soutenir les commerçants impactés lui paraît dérisoire :

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"Si je vais voir mon banquier et que je lui demande du découvert pour financer ça, on va me dire : "c'est son boulot"... mais mon découvert, il est généré par quoi ? Par l'incapacité d'un gouvernement à gérer le pays dans un équilibre social qui permette à tout le monde de vivre."