Des médicaments et vaccins anti-COVID fabriqués depuis Nantes

17 mars 2021 à 18h36 - Modifié : 18 mars 2021 à 13h24 par Dolorès CHARLES

HIT WEST
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La start-up nantaise OSE Immunotherapeutics prépare un vaccin contre le Covid-19. Particularité du CovePiT, s'attaquer à tous les variants du virus. Rencontre signée Cédric Mané.

Il y a un an, le 17 mars 2020, c’était le jour 1 du premier confinement... Dans les rues, personne ou presque si ce n’est pas quelques ambulances et des services de réanimation bondés de patients atteints de forme grave de Covid-19. Face à eux des soignants en manque de matériel – de masques, notamment, depuis les masques sont fabriqués en nombre, notamment à Angers chez le fabriquant Kolmi-Hopen, mais aussi en Bretagne dans la nouvelle usine de La Coop des masques, et à Nantes des start-ups travaillent sur des médicaments comme Xenothera, ou de potentiels vaccins comme Valneva et Ose Immunotherapeutics.

Le CovePIT, pas de rappel

Particularité du CovePiT, il saurait s'attaquer à tous les variants du virus, et ce vaccin anti-COVID serait actif plus longtemps que d’autres, nécessitant un rappel. Pour le développer, Ose Immunotherapeutics a utilisé des données auprès de personnes déjà atteintes, et le laboratoire a ciblé des protéines du virus pour viser ses mutations. C'est pourquoi, il n'est développé "que maintenant". Nicolas Poirier, le directeur scientifique d’OSE Immunotherapeutics avec Cédric Mané :

Nicolas Poirier 1

"C'est un vaccin de "deuxième génération". Le fonctionnement est différent : on ne va pas essayer de faire des anticorps pour bloquer l'entrée du virus. On va éduquer les lymphocytés : les lymphocytes sont des globules blancs qui nous défendent tous les jours contre les tumeurs et infections virales. Quand ils reconnaissent une cellule cancéreuse ou infectée, leur rôle est de la tuer, et quand on tue la cellule infectée, le virus ne peut plus se multiplier et il disparaît. C'est comme ça que l'on guérit naturellement une infection, et notre vaccination est là pour apprendre aux lymphocytes à reconnaître les cellules infectées par ce virus."

Nicolas Poirier 2

"La spécificité c'est qu'avec ces lymphocytes, on peut aller chercher tous ces variants parce que le virus mute à cause des anticorps qu'on génère par la vaccination à l'infection naturelle ou quand on l'injecte à des gens (on en a parlé les anticorps mononclonaux), il a quelques protéines qui sont exposés aux anticorps et cela favorise l'émergence de variants qui échappent... A l'inverse, les lymphocytés vont attaquer le virus à l'intérieur, dans des régions qui sont cachés où il n'y a pas de pression de sélection, donc aujourd'hui l'intérêt de la vaccination est de couvrir tous ces variants... brésilien, anglais, sud-africain ou les autres qui émergent."

Un vaccin pour début 2022

La biotech soutenue par la Ville de Nantes, l’Etat et l’UE à travers des aides financières, s’est engagée à accorder à la France une option d'achat sur le vaccin, vaccin qui pourrait être disponible début 2022.

Nicolas Poirier 3

"C'est un vaccin de "deuxième génération", les premiers sont là pour répondre en urgence à la crise sanitaire. Les deuxièmes sont là - une fois qu'on a appris due virus, comment il évolue. La deuxième chose qu'on a fait, c'est qu'on a étudié aussi la réponse des lymphocytes chez des sujets convalescents donc des personnes qui étaient en réanimation à Mulhouse, l'un des premiers clusters en France... Les marins pompiers de Marseille nous ont donné aussi leurs tubes de sang, ils ont été infectés lorsqu'ils avaient pris en charge des patients et donc on a étudié d'un côté le virus, comment il évolue et comment le corps humain se défend contre le virus chez des gens qui guérissent... C'est pour ça que l'on arrive avec un an quasiment de décalage, par rapport au premier vaccin, mais c'est le temps qu'il a fallu à la recherche pour apprendre, et de la biologie humaine et de la biologie de ce virus."

Dernier variant en date : le variant breton

En Bretagne, le variant breton décelé à Lannion cette semaine est toujours sous surveillance, mais, le taux d’incidence reste stable à 132 cas pour 100 mille habitants. Le taux de positivité des tests est de 5,4%. Le nombre de patients hospitalisés lui est en baisse. En 48 heures, on a enregistré plus de 1 800 nouvelles contaminations et 12 décès supplémentaires dans la région. 98 clusters sont en cours d’investigation en Bretagne. Pour rappel des mesures ont été prises pour faire face à ce variant :

De nouvelles restrictions ont été prises dans les Côtes d’Armor et à Morlaix Communauté. Le port du masque est obligatoire partout pour les plus de 11 ans. La consommation d’alcool est désormais interdite sur la voie publique et les vides-greniers, brocantes et autres braderies interdites. Une restriction au moins jusqu’au 15 avril dans les 26 communes du Pays de Morlaix. Ce variant breton qui n’est, selon les premières analyses, ni plus grave, ni plus contagieux, mais il échappe aux tests PCR. Une enquête flash va donc être menée : tous les tests positifs seront envoyés au national pour permettre à l’institut Pasteur d’identifier si le variant breton est présent ailleurs.