Bretagne

Crash d'un F-16 à Pluvigner : les deux pilotes sont miraculés

19 septembre 2019 à 14h40 Par Dolorès CHARLES
Le lieu du crash
Crédit photo : Prefecture du Morbihan

Le crash d’un avion militaire belge entre Landaul et Pluvigner ce matin a fait deux blessés. La zone est sécurisée. Le reportage de Yann Launay.

Il était 10h38 ce matin, quand un avion F16 de l'armée belge s'est écrasé près du bourg de Pluvigner, dans le Morbihan, près de la départementale 16. L’appareil avait décollé de la base aérienne de Florennes, près de Namur et il était en exercice. Il se rendait à la base de Lann-Bihoué. La chute de l’appareil serait dû à l’explosion du moteur. Cet appareil de type F-16 (biplace) n’était pas armé. Sur place, un périmètre de sécurité de 500m a été effectué autour du site. 40 sapeurs-pompiers et 20 engins de secours du SDIS 56 se snt mobilisés.

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Bilan deux blessés

Le pilote et son co-pilote ont pu s’éjecter avant le crash. L'un des deux militaires suspendu par son parachute à une ligne haute tension a pu être récupéré par les pompiers suite à l’intervention de RTE (Réseau de Transport d'Électricité). Les deux hommes sont en urgence relative et sont pris en charge par les secours. Par ailleurs, 8 maisons ont été évacuées (15 personnes au total) par précaution.

Les services de l’Etat restent mobilisés sur le terrain et au Centre opérationnel départemental (COD).

Dans sa chute, l'avion a heurté une maison, avant de terminer sa course dans un champ de maïs. L'appareil est entièrement détruit. Jeanine Anne-Marie habitent près du lieu du crash, et sortaient de chez elles au moment de l'accident. Yann Launay les a rencontrées.

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"J'ai vu les deux parachutes tomber, on habite juste derrière là, et après on a entendu l'explosion... une grosse fumée noire. Je suis allée sur place, il y a une maison qui a été abîmée et puis après les pompiers sont arrivés, les gendarmes tout le monde... On a été surprises parce que lorsque les deux parachutistes sont tombés, on a vu comme des paillettes et on a pensé que c'était un saut ... quelque chose de festif peut être et puis après on a entendu une explosion et vu une fumée très noire et qui montait haut... J'ai pensé tout de suite qu'il y avait eu un crash. J'en suis encore toute tremblante je vous assure..."

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On a frôlé le drame

La propriétaire de la maison était chez elle à ce moment là. Elle n'est pas blessée, mais elle son mari sont évidemment très choqués, comme l'explique Jean-Pierre Gauter, adjoint au maire de Pluvigner et ami du couple. Il était parmi les premiers sur place :

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"On suppose que c'est l'aile de l'avion qui aurait touché la toiture... le jardin, c'était un champ de guerre... L'avion a embarqué un abri de jardin qui a pris feu aussitôt. Il y eu un début d'incendie, mais seul l'appareil a brûlé, le maïs n'a pas brûlé... Le couple est choqué, surtout la femme, qui était dans la maison, dans la salle... à quelques mètres près..."

L'un des pilotes a réussi à se poser sans encombre, mais le parachute de son camarade s'est pris dans une ligne à haute tension, rendant l'intervention des pompiers très délicate, comme l'explique Cyrille Berrod, patron des pommpiers du Morbihan au micro de Yann Launay:

"Ce pilote souffrait, il fallait en tenir compte pour engager nos moyens au bon moment : les sapeurs-pompiers ont utilisé le bras élévateur articulé. Ils se sont placés avec la nacelle en-dessous de la ligne électrique, et ils ont coupé les suspentes du parachute, afin de pouvoir libérer le pilote... le premier souhait du pilote était de pouvoir contacter son épouse."

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Le pilote est resté plus de 2 heures dans cette position inconfortable. Lui et son camarade sont finalement sains et saufs. Transportés à l'hôpital de Vannes pour des examens, ils devaient rentrer en Belgique dès jeudi soir. Les causes de l'accident restent floues. L'armée belge évoque un problème technique sur le moteur de l'avion. Une enquête est ouverte, confiée à la Section de Recherche de l'Air. Le périmètre de sécurité de 500 m autour de la zone du crash était toujours en vigueur ce jeudi soir. Mais l'avion n'était pas armé et les risques de pollution seraient limités.