Covid-19 : Un vaccin en développement à Nantes

11 août 2020 à 5h56 par Emilie PLANTARD

Une entreprise de biotech nantaise a pris place dans la course internationale au vaccin contre la Covid-19. Après des mois de recherche, le laboratoire va démarrer une phase de test clinique, avant d'éventuellement produire un vaccin courant 2021.

HIT WEST
Crédit: @Valneva

La société de biotech Valneva est basée à Saint-Herblain près de Nantes et elle va probablement contribuer à nous protéger de ce fichu virus. Depuis mars, ce laboratoire spécialisé dans l’élaboration de vaccins, également implanté en Autriche, en Ecosse et en suède, travaille à l’élaboration d’un vaccin. Une course contre la montre, bien plus rapide que les protocoles classiques. Franck Grimaud est le directeur général de Valneva, il est au micro d’EP :

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"Normalement le développement d’un vaccin prend de 10 à 15 ans. Du fait de la pandémie et du fait de la nécessité de disposer d’un vaccin très rapidement, les développements de notre vaccin ou de quelconque vaccin que ce soit, va prendre de 12 à 18 mois, en accord avec les autorités règlementaires, donc le développement du vaccin Covid est un cas particulier qui n’est pas représentatif du développement d’un vaccin habituel."

Un contrat avec l'Angleterre

L’entreprise franco-autrichienne vient de signer un accord avec le Royaume-Uni pour une précommande de près de 100 millions de doses de vaccin. Une bonne nouvelle pour Valneva puisque ce contrat permettra à l’entreprise de financer en partie les essais cliniques.

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"On a sollicité la France par exemple, et il y avait une coordination nécessaire avec l’Europe, ça a été plus long et c’est pourquoi le premier accord que nous avons signé est avec la Grande-Bretagne qui a répondu de manière très complète à nos besoins, aussi bien en terme de soutien à l’effort clinique, en terme de soutien industriel et en terme de précommande."

Une complémentarité des laboratoires

Valneva n’est bien sûr pas la seule société à se disputer ce nouveau marché du vaccin anti-Covid. En France, avec notamment l’Institut Pasteur, en Allemagne, aux Etats-Unis, en Chine… de nombreux laboratoires y travaillent actuellement, avec des techniques différentes, sans pour autant se marcher sur les pieds. Selon Franck Grimaud, cette concurrence est essentielle en ce moment.

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"Les développements se font tellement rapidement que personne ne sait quels vaccins vont réussir et quels vaccins vont échouer. Donc il est très important qu’il y ait plusieurs vaccins en cours de développement pour être sûr que l’industrie puisse mettre à disposition des vaccins dès l’année prochaine. La deuxième raison c’est que la continuité de cette pandémie semble démontrer qu’il va falloir vacciner de manière massive et donc ce sont probablement des milliards de doses qu’il va falloir produire et c’est donc toute l’industrie des vaccins qui doit unir ses efforts."

L'occasion de croître

Pour Valneva, qui emploie une cinquantaine de chercheurs à Nantes et 500 en Europe, l’opportunité est de taille. L’ampleur de l’épidémie ainsi que les enjeux pour l’entreprise, ont convaincu la direction de s’engager dans cette aventure.

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"Pour une société comme la nôtre ça peut être une opportunité très intéressante de répondre à ce type de crise et de réaliser un vaccin de production de masse. Alors que notre spécialité, ce sont les vaccins de voyageurs, des vaccins de niche avec des volumes de l’ordre de 1 à 2 millions. Alors qu’avec le Covid on nous parle de produire 200 millions de doses. Donc effectivement ça peut être un changement d’échelle important pour nous."

Peut-être un vaccin fiable en 2021

Pour l’instant, il n’existe aucune certitude sur le taux d’efficacité du vaccin développé par Valneva, ni son potentiel exact. Si les essais cliniques sont concluants, le vaccin pourrait voir le jour à la mi 2021… Mais on ne le saura que dans quelques mois.

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"L’enjeu c’est vraiment d’arriver à un vaccin qui protège le plus possible, bien au-delà des 50%. On a par exemple un vaccin contre l’encéphalite japonaise qui protège à 99%. Le vaccin grippe il protège à hauteur de 50% mais l’objectif c’est d’avoir un vaccin efficace le plus possible, et seuls les résultats qu’on va sortir dans les mois à venir, nous et les autres, vont permettre de voir l’efficacité des vaccins."

Les prochains mois seront cruciaux dans cette course effrénée pour limiter la propagation du virus. Selon les résultats, on pourra comprendre s’il est saisonnier ou pas, et si la guerre est en passe d’être gagnée ou si la recherche doit continuer…