Couvre-feu : Saint-Brieuc éteint la lumière !

3 février 2021 à 5h34 - Modifié : 3 février 2021 à 6h09 par Dolorès CHARLES

A Saint-Brieuc, le maire a décidé de couper la lumière plus tôt le soir, en raison du couvre-feu de 18h. Une manière de faire des économies, et de compenser les frais engagés par la crise sanitaire et les protocoles à mettre en place.

Les lampadaires vont s'éteindre plus tôt. A l'exception du centre-ville de Saint-Brieuc et de quelques grands axes, l'éclairage public est désormais éteint à 2 1 heures pour se rallumer à 6 heures le lendemain. Comme d'autres communes de l'Ouest, Saint-Brieuc saisit l'occasion donnée par la couvre-feu, comme l'explique le maire, Hervé Guihard :

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"On a percuté qu'il n'était pas forcément utile de laisser éclairée la ville, alors que tout le monde devait être chez soi à partir de 18h... On met un demi-million d'euros tous les ans dans l'éclairage public, et tous les surcoûts liés au covid, pour une ville comme Saint-Brieuc, aujourd'hui c'est 2,8 millions... Donc si je peux économiser quelque part, je le fais... Et le fait de décaler l'éclairage d'une heure, c'est plus de 20 000 euros d'économie..."

Une démarche guidée avant tout par les économies que représentent des heures d'éclairage en moins. Une façon de combler une partie du trou creusé par la pandémie dans les finances de la commune

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"Une bonne partie des agents qui travaillent dans les écoles sont des agents dits "vulnérables", donc ils ne peuvent plus être dans les écoles... A la place, je suis obligé de recruter d'autres personnes, je suis en train d'augmenter la masse salariale... Et pour appliquer le fameux protocole de l'Etat qui change tous les 3 mois, je suis obligé de rajouter encore plus de personnes... J'ai dû augmenter aussi toutes les aides sociales, et de l'autre côté, une partie des recettes est perdue puisque des activités ne sont plus là... Pour Saint-Brieuc, cela représente 2,8 millions d'euros en plus sur mon budget... Je ne les ai pas... On essaie de s'adapter..."

La question de la pollution lumineuse

Cette réduction de l'éclairage a beau être liée à des circonstances très particulières, pour Hervé Guihard cela doit relancer le débat sur la pollution lumineuse et le gaspillage entraînés par un éclairage excessif :

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"Quand on pourra ressortir le soir évidemment, les axes commerciaux, le centre-ville, là où les gens se déplacent pour aller vers les parkings : tout cela doit rester éclairé. Mais le reste, on doit pouvoir organiser la ville d'une manière différente pour baisser le volume de cette luminosité... Et je voudrais que les entreprises en profitent pour se dire : mais à quoi ça sert d'avoir toutes ces enseignes lumineuses, passé 22h le soir, alors que 90% des gens sont chez eux..."

Une interview réalisée par Yann Launay.