Le retrotracing : nouvelle méthode de lutte contre le Covid-19

8 juillet 2021 à 8h23

La plateforme Retrotracing de la CPAM de Rennes

La menace d’une 4ème vague de Coronavirus se fait de plus en plus pressante face au variant Delta en France… le nombre de nouvelles contaminations a augmenté de 20% en une semaine. Dans l'Ouest, les plateformes d'appel de la CPAM poursuivent donc leur action, pour tenter de casser ces chaînes de contamination. Focus sur cette nouvelle méthode de retrotracing avec Yann Launay

Depuis quelques semaines, les CPAM de l'Ouest procède à une nouvelle méthode : le retrotracing. Il s'agit de tenter de remonter à l'origine de la contamination d'une personne positive. D'identifier le lieu, le moment de la contamination, et de rechercher toutes les personnes qui ont participé à l'événement. Les enquêteurs ne remontent pas seulement aux deux jours qui précèdent le test positif, comme avec la méthode classique.


Exemple avec ces questions posées par Maxime, enquêteur de la plateforme rennaise de la CPAM,  qui interroge un jeune homme testé positif, peu après un retour de voyage au Portugal :


"Est-ce que par hasard vous avez participé à un rassemblement de plus de 10 personnes, ces 10 derniers jours ? Vous étiez au Portugal, mais est-ce que quand vous êtes rentré, vous avez participé par exemple à une fête ?.. Vous avez eu un mariage ce week-end... Savez-vous combien  de personnes il y avait à ce mariage ?... Plus d'une centaine...D'accord... Est-ce que vous avez le nom de l'organisateur de ce mariage ?...
Les gens sont plutôt réceptifs, ils savent qu'ils ont une certaine responsabilité, du fait qu'ils soient positifs, qu'ils ont peut-être contaminé d'autres personnes, ils vont essayer d'être le plus précis possible pour que l'on puisse identifier le plus de personnes possible..."

Maxime, enquêteur de la CPAM de Rennes

La méthode du rétrotracing a déjà prouvé son efficacité, comme l'explique Cyrielle Eyral, sous-directrice de la CPAM d'Ille et Vilaine, en charge de la plateforme d'appel :


"Après quelques semaines de retrotracing, on constate que les événements auxquels les personnes ont pu participer et s'y faire contaminer, regroupent en moyenne 15 à 20 personnes, et au bout de 10 jours, en moyenne, 10% de ces personnes deviennent elles-mêmes positives, ça veut dire qu'on a pu remonter les chaînes de contamination plus rapidement qu'avec le dispositif classique..."


Mais le retrotracing prend beaucoup plus de temps que le tracing classique, et la méthode pourrait être remise en cause si le nombre de cas continue à augmenter. C'est ce que pense Cyrielle Eyral : "Le retrotracing, on peut le mettre en oeuvre avec une épidémie qui est sous contrôle... Si l'épidémie explosait, on serait certainement amenés à interrompre le retrotracing, pour se concentrer sur ce qui est prioritaire : contacter les personnes positives pour leur délivrer les recommandations, les inviter à s'isoler, et les cas contacts à risque..."

Cyrielle Eyral, sous-directrice de la CPAM 35
Cyrielle Eyral, sous-directrice de la CPAM d'Ille-et-Vilaine

Les équipes d'enquêteurs sont aux prises avec la grande contagiosité du variant Delta (indien). Avec le retrotracing, ils tentent de prendre le virus de vitesse, comme l'illustre Lisa, superviseur sur la plateforme CPAM de Rennes :


"Par exemple, il y a le cas d'une fête organisée dans un gîte, qui regroupait une vingtaine de personnes. Grâce au retrotracing on a pu prévenir toutes les personnes qui étaient présentes à la soirée, et plusieurs ont déjà pu se faire tester, et sont passées positives, vraissemblablement avec le variant indien. Le retrotracing prend ici tout son sens : ça permet de les prévenir très tôt, avant qu'elles-mêmes ne le transmettent à d'autres personnes..."

Lisa, superviseur sur la plateforme CPAM de Rennes

Il y aura sans doute des cas de contamination plus massifs encore, avec la contagiosité élevée du variant Delta (indien), d'ailleurs la CPAM de Rennes vient peut-être de découvrir un clusteur majeur, comme l'explique Candice, enquêtrice :


"J'ai contacté un patient positif comme on a l'habitude de faire tous les jours : un assuré de l'Ille et Vilaine qui est étudiant à Nantes, qui est parti s'isoler à Nantes, et qui a passé quelques jours à Paris... J'ai fait un retrotracing, il m'a dit qu'il avait participé à plusieurs soirées sur Paris, l'une avec 2000 personnes, une autre avec 1000 personnes... Il a participé à ces événements avec un groupe d'amis... Ils lui ont fait part qu'ils étaient tous positifs, au variant indien..."

Candice, enquêtrice de la plateforme retrotracing de Rennes

UN CONSEIL DE DEFENSE EXCPETIONNEL LUNDI


Un nouveau conseil de défense sanitaire est donc prévu exceptionnel dès lundi… Le Président de la République pourrait même prendre la parole dans la foulée. Le contrôle renforcé aux frontières, l’extension du pass sanitaire et la vaccination obligatoire des soignants pourraient être annoncés. 


Hier, un accord en la matière a été trouvé entre le Ministre de la Santé et plusieurs organisations professionnelles du secteur. Le Premier Ministre lui s’entretient sur le sujet avec les élus locaux cet après-midi… c’est à 16h30 en visio. 
Pour le sénateur vendéen, Bruno Retailleau, la vaccination des soignants, c’est « du bon sens ». C’est ce qu’il a écrit à Jean Castex.


Selon un sondage Elabe pour BFM TV, les Français sont favorables à la vaccination obligatoire… 61% pour la vaccination obligatoire du grand public, 72% pour celles des soignants.


Notons toutefois que la situation elle continue de s’améliorer dans les hôpitaux… moins de 1 000 patients sont désormais hospitalisés en réanimation. Un chiffre au plus bas depuis septembre 2020.