Les auto-écoles demandent des places d'examen

17 juin 2020 à 6h13 par Alexandra BRUNOIS / Dolorès CHARLES

La grogne des patrons d'auto-écoles qui manifestent ce mercredi à Saint-Brieuc. Ils protestent contre l'embouteillage à l'examen du permis de conduire. Le reportage de Yann Launay.

HIT WEST
Crédit: Hit West (Archives)

Les auto-écoles en colère : à Saint-Brieuc, elles l'ont fait savoir avec une opération escargot ce matin. Plusieurs dizaines de voitures venues de tout le département avec quelques camions ont défilé dans l'agglomération, occasionnant des bouchons. Les auto-écoles réclament un plus grand nombre de places à l'examen du permis pour leurs candidats, et dénoncent le trop faible nombre d'inspecteurs. Le problème est aggravé par le protocole sanitaire mis en place lors des examens. Jean-Michel Delamarre gère une auto-école à Plancoët, et préside l'ADECC - l'association de défense des écoles de conduite en colère. Il était en tête de cortège :

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"J'ai à peu près 50 candidats qui attendent pour passer l'examen, et on me donne à peu près 10 places par mois... Donc ils vont attendre jusqu'au mois de décembre, pour le passer... On forme les candidats au ralenti... On est resté quand même 2 mois sans exercer, sans revenu quasiement, et l'administration nous empêche de travailler..."

Les élèves aux côtés des moniteurs

Les délais s'allongent, pour obtenir une date d'examen, ce qui n'est pas sans conséquence pour les candidats : certains ont manifesté, ce matin, aux côtés de leurs moniteurs. C'est le cas par exemple d'Ophélia, 19 ans, qui a besoin de passer rapidement le permis : un travail l'attend dans quelques semaines :

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"Je vais commencer en tant qu'aide-soignante le 06 juillet, il faut le permis... Cela fait 2 ans que je suis dans l'auto-école, je ne vais pas y rester indéfiniment... Comme je ne peux pas rester sans conduite, ma monitrice m'a proposé de faire la conduite supervisée, que je fais avec mon père : comme la conduite accompagnée, sauf que je suis majeure... Et si je n'ai pas mon permis, je n'ai pas envcie que mon père se lève à 5 heures pour que je puisse aller au travail..."

Matéo lui aussi s'est joint aux gérants et moniteurs d'auto-écoles : cet étudiant briochin s'était organisé pour passer le permis avant l'été... mais son programme est compromis :

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"Je suis à 25 heures de conduite : j'ai commencé début février... Après il y a les 2 mois de confinement... J'ai repris dès que j'ai pu, le 11 mai, et depuis je suis dans l'attente d'une date... Je compte travailler cet été, et là à mon avis je n'aurai pas mon permis, du coup je suis dans la galère pour essayer de trouver un emploi cet été..."

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Pour Jean-Michel Delamarre, il n'y a pas 36 options pour augmenter le nombre d'inspecteurs du permis de conduire, et donc de places d'examen :

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"Soit l'Etat décide d'embaucher des inspecteurs, des fonctionnaires... à mon avis ils ne vont pas le faire... Ou alors on privatise, comme pour le code... Que ce soit public ou privé, on s'en moque, nous on veut simplement travailler. On ne peut plus rester comme ça, c'est inacceptable..."

Une délégation a été reçue par la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) des Côtes d'Armor. Le reportage est signé Yann Launay.