Bretagne

Le parti animaliste s'empare des municipales

26 février 2020 à 14h02 Par Emilie PLANTARD
Crédit photo : @Parti Animaliste

Dans plusieurs villes de France et notamment à l'ouest, le parti animaliste, créé en 2016, tente de s'imposer dans les débats des municipales. Une vraie tendance de ces élections 2020.

La condition animale est un sujet de plus en plus présent dans la société et il s'impose par conséquent dans les élections municipales. A Rennes, où un chat fait partie de la liste de la France Insoumise, à Angers, Nantes, Bouguenais, où des partisans du parti animaliste pointent sur plusieurs listes. Une présence nouvelle qui ravit les cofondateurs du parti, dont Isabelle Dudouet-Bercegeay. La nazairienne met en avant l'importance de la politisation du sujet et sa présence lors des municipales.

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"C’est un enjeu extrêmement important puisqu’on peut agir localement, même si la règlementation n’évolue pas au niveau national, on peut agir localement. Dans certaines villes nous lançons des listes avec des candidats du parti animaliste, et des listes d’alliance, avec, comme ici à Nantes et Bouguenais, avec EELV, et par exemple sur Angers où c’est une liste citoyenne. C’est l’occasion pour nous de faire en sorte qu’il y ait des mesures concrètes dans les programmes municipaux. De vraies avancées, pas des mesurettes."

Une alliance parfois convoitée

Les attentes des citoyens sont telles que les politiques commencent doucement à s'emparer du sujet. Le risque est toutefois de l'utiliser pour se donner bonne image, sans proposer de mesure fortes derrière.

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"Nous avons été sollicités, dans un certain nombre de villes, où nous avons refusé les alliances, notamment parce qu’ils n’allaient pas assez loin dans les engagements par rapport à nos mesures socles. Il n’était pas question d’associer le nom Parti Animaliste si les avancées ne sont que des mesurettes. Ce n’est pas des postes d’élus, pour avoir des postes d’élus, ce que l’on veut c’est du concret."

L'élevage intensif, sujet sensible en Bretagne

Parmi les premiers combats de ce parti animaliste, l'élevage intensif. Poules de batterie, poulets, porcs... Une vision peut-être difficile à faire passer en Bretagne où ce type d'élevage constitue à lui seul tout un pan de l'économie de la région.

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"Aujourd’hui, 8 français sur 10 souhaitent l’arrêt de l’élevage intensif. Concernant les élevages en Bretagne, est-ce qu’on continue comme ça avec beaucoup de pollution ? C’est prendre en compte l’opinion publique, changer, évoluer, mais par contre, le parti animaliste est pour accompagner les acteurs de ces filières économiques. Il ne s’agit pas de les laisser tomber, mais de les accompagner vers d’autres types de production et la population le souhaite également."

parti animaliste nantes.jpg (551 KB)La tête de liste Julie Laernoes a integré une militante du parti animaliste

Une colistière à Nantes

A Nantes, le parti animaliste a nommé Séverine Figuls pour être colistier sur la liste EELV de Julie Laernoes. Une première, qui permettra à la militante, si elle est élue, de proposer des mesures phares du programme du parti. Séverine Figuls :

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"Ca va servir à mettre en place dans les collectivités, dans les écoles, dans les Ephad, les menus végétariens, avec des options parfois végétaliennes. Ca va permettre aux personnes âgées dans les Ephad de pouvoir venir avec leurs animaux domestiques, ça va être aussi d’avoir une délégation, une personne dédiée à tous les problèmes que peuvent rencontrer les habitants au niveau de leurs animaux, ça va être un habitant de Nantes avec son animal domestique, où est-ce qu’il peut aller avec, et qu’il soit aidé aussi pour bien traiter son animal."

La restauration collective davantage végétarienne

Parmi ces mesures, une concerne la restauration collective, dans les écoles maternelles et primaires, les Ephad et les collectivités relevant des compétences de la commune et elle est particulièrement engagée.

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"C’est d’interdire dans les achats effectués pour la restauration collective des produits animaux qui viennent de l’élevage intensif, et d’imposer des repas végétariens, donc 2 repas végétariens par semaine, plus la possibilité pour chacun de cocher en début d’année, d’avoir un repas végétarien tous les jours, comme on peut cocher qu’on ne mange pas de porc, c’est de dire que je veux pour mon enfant ou pour la personne âgée, d’avoir du 100% végétarien."

L’objectif est aussi de permettre un soutien plus important aux associations de protection animale telles que la SPA 44, L214, Urgence Maltraitance Animale ou encore Welfarm.

Un reportage d'Emilie Plantard.