Pays de la Loire

Contrat d'avenir : réactions partagées en Pays de la Loire

11 février 2019 à 08h09 Par Dolorès CHARLES
Christelle Morançais (Présidente CR PDL), Edouard Philippe (Premier ministre) et Claude d'Harcourt (Préfet de Loire-Atlantique et de Région)
Crédit photo : Hit west (Emilie Plantard)

Retour sur le contrat d'avenir signé entre l'Etat et les Pays de la Loire.

Edouard Philippe s'est déplacé en personne à Nantes vendredi, pour signer avec la présidente de région Pays de la Loire, Christelle Morancais, un contrat d'avenir. Un engagement pris au lendemain de l'abandon du projet d'aéroport en janvier 2018. Dans ce contrat, une multitude de points et d'engagements réunis sur 4 axes principaux : Les réseaux de transport afin de compenser l'abandon du projet d'aéroport, le déploiement du numérique, l'économie de la connaissance et enfin la transition écologique. Ce contrat va permettre de sécuriser et d’accélérer les chantiers déjà identifiés mais aussi d'initier de nouvelles opérations assure la présidente de région.

La satisfaction de la région

Le Premier ministre lui se félicite du travail réalisé avec la région et la bonne intelligence qui a accompagné cette collaboration sachant que la présidente Christelle Morançais regrette toujours l'abandon du projet d'aéroport, elle l'a rappelé lors de son discours.

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"Il y a beaucoup d'investissements qui sont prévus, il y a beaucoup de domaines qui sont traités, c'est un contrat complet, et peut être au moins autant que ce qu'il prévoit, il y a ce qu'il traduit sur la capacité comme l'Etat et pour les conseils régionaux à travailler en bonne intelligence, en étant pas forcément d'accord sur tout, en s'organisant pour faire avancer les choses."

Un lapsus "historique"

On retiendra aussi de la visite d'Edouard Philippe son lapsus en ouverture de son discours, évoquant la présidente de la région Bretagne et non Pays de la Loire. Un lapsus osé, là où la réunification pose toujours question, et alors qu'une pétition pour le rattachement de la Loire Atlantique a recueilli dernièrement sur internet 100 000 signatures.

La présidente de région se dit satisfaite de ce contrat d'avenir qui se veut positif pour la région après un important travail de discussion avec le gouvernement, elle est avec Emilie Plantard.

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"Oui je suis satisfaite, si j'ai contractualisé aujourdhui avec le Premier ministre, c'est que ce contrat nous convenait. Cela a été quelques jours de négociation. Cela a été dense, le Premier ministre l'a évoqué mais aujourdhui nous avons un contrat d'avenir qui permet de rebondir, et qui permet également de se projeter vers l'avenir, avec l'Etat et l'ensemble des collectivités locales."

Les réactions ont été multiples après ces annonces. Le Président du Département de Loire-Atlantique Philippe Grosvalet parle d’une « copie incomplète et déséquilibrée. Pour Johanna Rolland, la maire de Nantes, il y a « des avancées mais le compte n’y est pas encore. » Mais pour Christelle Morançais, il y a de nombreux points abordés sur ce contrat concernant notamment le transport, la transition écologique ou encore le développement du numérique.

Pour l'opposition au Conseil régional "ce contrat d’avenir retient des éléments positifs mais l’État n’est pas encore au rendez-vous ! Consensus et autosatisfaction ne sont pas de mise, la Région doit se remobiliser." [Christophe Clergeau]

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"Il y a des mesures très fortes, je pense notamment à la ligne ferrovaire Nantes-Paris avec le RTMS 2 qui est engagé. On a eu également un plan  conséquent sur l'eau parce que vous le savez, la qualité de l'eau en région Pays de la loire est pour moi une priorité et l'Etat est à nos côtés pour relever ce défi ... bien évidemment celui de la transition énergétique également avec les contrats de transition énergétique que nous allons déployer : Cordemais, le sud de la Mayenne, et l'île d'Yeu... Les petites lignes ferroviaires je pense à la ligne Alençon - Le Mans ou Retiers - Châteaubriant, un enjeu majeur pour la région des Pays de la loire."

S’agissant du Maine-et-Loire, plusieurs engagements ont été pris :
• Amélioration de la qualité de service de la liaison ferroviaire vers Paris.
• Modernisation de la ligne ferroviaire Clisson-Cholet.
• Transfert de la RN162 aux départements du Maine-et-Loire et de la Mayenne.
• Accélération de la couverture en téléphone mobile en 4G.
• Création d’un Technocampus « électronique du futur » à Angers.

Le président Christian Gillet se réjouit "tout d’abord de voir que les fils du dialogue ont été renoués entre le Gouvernement et notre Région », mais il "regrette que « la proposition faite pour l’aéroport d’Angers-Marcé, visant à offrir une solution complémentaire à Nantes-Atlantique, n’ait pas été retenue."

37 projets strucurants aidés

Au total, 37 projets structurants dont le réaménagement de Nantes-Atlantique avec la création au printemps d’un fonds de compensation pour financer les travaux d’insonorisation et la révision du plan de gêne sonore… Sur le plan ferroviaire, l’État s’engage pour améliorer la liaison Nantes-Angers-Le Mans-Paris et sur le plan routier, il accompagnera les chantiers d’amélioration prévus sur le périphérique de Nantes, ou le nouveau franchissement de la Loire… Il s’engage aussi à créer un grand campus de la santé, dans le cadre de la construction du nouveau CHU de Nantes.

Avec François de Rugy...

Edouard Philippe était accompagné de François De Rugy, actuel ministre de l’Écologie, ancien adjoint au maire de Nantes en charge des transports, et ancien député dans la 1ere circonscription de Loire-Atlantique. Le nantais veut développer Nantes-Atlantique mais il n'impose rien, et renvoie les décisions après une concertation publique qui démarrera l'été prochain pour des travaux en 2022. François de Rugy avec Emilie Plantard.

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"On voit bien quand on regarde le contrat d'avenir qu'il y a des projets de transport, de déplacement ... il y a bien sûr la question de l'avenir de l'aéroport, de son réaménagement futur, des liens entre la région et les autres plateformes aéroportuaires de Paris, qui permettent des débouchés internationaux beaucoup plus vastes, et puis aussi les transports du quotidien parce que évidemment c'est ce qui compte pour la vie quotidienne des habitants de la région Pays de la Loire."

Déception à Saint-Aignan

Le maire de Saint-Aignan-de-Grandlieu, Jean-Claude Lemasson, très engagé en faveur du transfert de l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, ne cache pas sa déception après ces annonces

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"Des annonces, ou plutôt des débuts d'annonce, si je reprends les propos du Premier ministre au regard du contrat signé... Il n'y a rien d'exceptionnel à signer un contrat, et effectivement il n'y a rien d'exemplaire non plus dans ce qui est proposé, ou au moins très peu. On voit la consolidation d'un fonds de compensation pour les nuisances aériennes, c'est une chose, mais le de la survie de la commune et de l'aménagement de la commune demain, en particulier St Aignan de Grand Lieu, il n'y a rien ! "