Bretagne

A Rennes, des salariés PSA inquiets pour leur avenir

15 novembre 2019 à 10h42 Par Emilie PLANTARD
Crédit photo : Hit West

Ce vendredi matin à Paris, les dirigeants du groupe et les responsables syndicaux se réunissent en Comité Paritaire Stratégique, un rendez-vous annuel particulièrement attendu à Rennes.

Le temps est suspendu ce matin autour de l’usine PSA de Rennes-La Janais. Les salariés attendent beaucoup de ce comité paritaire stratégique qui doit se tenir ce matin à Paris, ce rendez-vous annuel qui donne une idée des prévisions du groupe en terme de production et sa stratégie de développement. Dans un contexte social et économique très fragile, notamment à cause du marché de l’électrique qui explose en Europe, les salariés sont suspendus au annonces qui y seront faites. Laurent Valy est responsable CFDT à l’usine PSA de Rennes :

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"Concrètement on attend l’attribution d’un nouveau projet véhicule sur le site, dans ce qu’on appelle un plan produit. Quand on regarde les prévisions sur 3 ans, à ce jour on n’a rien d’inscrit. Donc on a de l’inquiétude. Effectivement on fabrique le C5 Aircross avec sa version hybride qui va arriver mais ce n’est pas suffisant pour les années futures donc il nous faut un nouveau projet sur le site."

Le marché de l'automobile chahuté

Le contexte actuel n’est pas pour rassurer les salariés. L’Europe va imposer de nouvelles normes d’émissions de CO2 et taxera les véhicules qui émettront plus de 95g/km. Les voitures électriques et hybrides seront ainsi favorisées par rapport à aux diesels, dont les ventes baissent depuis déjà quelques années. Dans une France spécialisée dans cette motorisation, cette nouvelle donne provoque forcément sueurs froides.

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"L’accélération de l’électrification des véhicules va être imposée par ces normes qu’on a au niveau de l’Europe et va avoir un fort impact sur toute la filière, que ce soit de la R&D, des usines terminales… Pour faire un comparatif, quand il faut 10 personnes pour construire un moteur diesel, il en faut 6,5 pour un moteur hybride essence donc vous imaginez l’impact en terme d’emploi. On voit bien que chez Audi ils annoncent 14.000 postes supprimés, Ford, 12.000, Renault, 6000, Wolskswagen 5 ou 7.000… On voit bien que l’impact il est énorme sur la filière auto donc oui ça fait partie du contexte et de l’inquiétude qu’on peut avoir en terme d’emploi."

Beaucoup de questions...

Ce comité paritaire ne va pas bien sûr pas statuer sur le sort de l’usine rennaise en particulier mais les annonces qui y seront faites peuvent donner le ton. Même si le site rennais tourne actuellement à plein régime, il n’est pas à l’abri d’une fermeture à long terme, d’autant que PSA doit fusionner avec l’italien Fiat.

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"Alors effectivement on a de l’incertitude sur cette transition vers l’électrique, on a de l’incertitude liée aux nouvelles normes européennes par rapport aux émissions de CO2, on a de l’incertitude sur le projet d’annonce de fusion avec Fiat. C’est tout un ensemble qui fait qu’on peut être inquiet sur le devenir du site de Rennes et qu’on regarde avec intérêt ce comité paritaire stratégique au cours duquel la direction va nous donner un peu de visibilité sur les 3 ans à venir ainsi que les investissements à venir. On ne s’est pas battus ces dernières années pour voir notre site ne pas avoir de pérennité."

Le groupe PSA a annoncé fin octobre sa volonté de fusionner à parts égales avec le groupe Fiat, une annonce unanimement saluée, même si on ne connaît pas encore le contour de ce projet et la répartition des volumes de production entre les usines françaises et italiennes.