Pollution terminée au large de Saint-Brieuc, la colère des pêcheurs

15 juin 2021 à 5h16 - Modifié : 16 juin 2021 à 6h38 par Dolorès CHARLES

Marine nationale
Crédit: Marine nationale

Après la Corse (dégazage d'un navire), une pollution maritime a été relevée en baie de Saint-Brieuc sur le chantier éolien. Le comité des pêches des Côtes-d'Armor compte porter plainte.

Moins de deux moins après le début des travaux, voilà un incident qui fait tâche d'huile, au sens propre comme au sens figuré... Lundi matin, le capitaine de l'Aeolus, le navire de forage affrété par Les Ailes Marines pour le chantier du parc de 62 éoliennes en baie de Saint-Brieuc a averti le CROSS Etel, pour signaler une perte d'huile. Une image satellite de surveillance l'a confirmée dans la foulée, une traînée de 16 km a bien été détectée. Les travaux ont aussitôt été stoppés. Vivement opposés au projet de parc offshore, les pêcheurs sont vent debout. Pour eux, la baie de St Brieuc n'est pas adaptée à ce type d'ouvrage.

Alain Coudray préside le Comité des pêches des Côtes-d'Armor :

« Tout est fait pour que nos craintes augmentent ,puisqu'ils ont attaqué sur deux forages et les deux ont "foiré", tout ça parce qu'on pense que le matériel n'est pas adéquat au fond de la mer de la baie de Saint-Brieuc. Ce qui est inquiétant c'est qu'autour de cette nappe, il y a plein de roches qui se découvrent comme le grand Lejon, le Petit Lejon, Rohein, les Landas... Sur ces roches, il y a une vie, des petits coquillages et des petits crustacés. Quand la mer baisse, l'huile qui est là va se déposer sur les rochers, et le goémon est en dessus, ça va avoir un impact sur cette biodiversité. Il y a des gens qui pêchent au filet et quand ils les remontent les filets quand ils sont sur une nappe d'huile, ces filets vont être plein d'huile et foutus, on sait comment ça va se finir ! »

Comité des pêches 22
Crédit: Jules Housseau

Une huile biodégradable

Le capitaine de frégate Céline Tuccelli de la préfecture maritime d'Atlantique, interrogée par Jules Housseau :

« Avec une quantité d'huile qui est encore à déterminer par l'enquête, qui pourrait être comprise entre 100 litres annoncées par le commandant de l'Aoelus, et 500 ou 600 litres parce qu'a priori ça serait la capacité d'huile contenue dans leur gabarit de forage, mais ce n'est pas du tout étonnant que ça occupe une grande surface. C'est impressionnant. C'est quelque chose qui est très volatile, qui va faire une très fine pellicule à la surface de l'eau et qui est très dispersible. En fait, là ça s'est dilué dans l'eau et le résultat de la patrouille aérienne, c'est que du ciel on ne voit plus rien. On est loin de l'image de la marée noire avec les galettes de mazout ! »

Céline Tuccelli
Crédit: Jules Housseau

Dans un communiqué, le porteur du projet Ailes Marines a indiqué que l'huile en question était biodégradable. Les responsables sont convoqués au Ministère de la Transition écologique tandis que le comité des pêches des Côtes d’Armor lui prévoit de porter plainte.

Une enquête ouverte à Brest

La préfecture maritime de l’Atlantique a transmis les éléments au procureur de la République de Brest, en charge du dossier. En France, la Haute-Corse a été victime d’un dégazage sauvage d'un navire ces derniers jours, une enquête a été ouverte pour déterminer les origines de cette pollution. Le plan POLMAR n’a pas été déclenché.