Pays de la Loire

Vols de moutons : Ayez l’œil !

12 août 2019 à 09h39 Par Emilie PLANTARD
Cette brebis en fin de gestiation, retrouvée les pattes attachées, a avorté de 2 agneaux
Crédit photo : @Collectif des éleveurs pillés

C’est la demande des éleveurs de moutons de Loire-Atlantique regroupés en association : Si lors d’une balade ou d’un trajet vous constatez un comportement suspect, signalez-le. Chaque année, trop de bêtes sont volées dans les champs.

C’est un ras-le-bol, mais il dure depuis plusieurs années déjà. Rien que l’année dernière, plusieurs centaines de moutons, brebis et agneaux ont disparu de leurs enclos. Dernier crime en date, le vol de 14 moutons dans un pâturage de Saint-Sébastien-sur-Loire à côté de Nantes, début août ; Une énième enquête a été ouverte.

Face à l’augmentation de ces pertes, les éleveurs ovins ont décidé de monter une association début 2018, le collectif des éleveurs pillés, afin d’avoir plus de poids et recenser plus précisément les dommages. Willem Verberckmoes est éleveur à Trans-sur-Erdre, il est un des 35 membres de l’association :

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"Depuis le début de l’année on est à plusieurs centaines de moutons volés, aussi bien chez les éleveurs que chez les particuliers. Moi on m’en a volé une centaine en 2017. En 2018, dans l’association, on était à 500 moutons volés. Mais si on tient compte de tous les particuliers qui n’adhèrent pas à l’association on est facilement à 7 ou 800 bêtes volées. Il faut savoir que le manque à gagner est de 450 euros par brebis volée. En 2017, chez moi, ça représente 30 à 35.000 euros de perte sèche. On a l’impression que c’est un libre-service. Il y a 10 ans, ça n’existait pas. Aujourd’hui on veut tirer la sonnette d’alarme."

Des actes de barbarie envers les animaux

Les vols sont une chose, mais ils ne sont pas sans conséquences puisque beaucoup de bêtes ont dû courir pour échapper aux ravisseurs et même si elles n’ont pas été capturées, elles finissent parfois par mourir d’épuisement quelques heures ou quelques jours plus tard (photo). Les éleveurs déplorent également la cruauté dont font preuve les voleurs qui tuent parfois les bêtes sur place.

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"Chez des collègues c’est arrivé, chez moi aussi, de trouver des abats. Des animaux qui ont été abattus sur place. Le long de la haie je retrouve tout à coup 5 peaux côte à côte, avec la tête à côté. Ça correspond à autant d’agneaux. Les bons morceaux sont emportés, les déchets sont laissés sur place… Pour nous ce sont des actes de cruauté envers nos animaux."

Une protection difficile

L’association a alerté les politiques, le sous-préfet… Sans que rien ne bouge pour l’instant. Les éleveurs savent qu’ils ont affaire à des groupes rodés à l’exercice qui agissent souvent de nuit mais également parfois de jour. Les éleveurs font ce qu’ils peuvent pour protéger leurs troupeaux mais ils comptent sur le soutien des promeneurs et des riverains.

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"Le territoire est tellement vaste on ne peut pas mettre des gens à surveiller partout. C’est pour ça qu’on fait régulièrement des rondes, on essaie de se protéger par la vidéo surveillance, en limitant l’entrée des champs, il y en a qui ont des chiens, comme en montagne mais tous ces moyens de lutte ont leur limite. Je dirais aux promeneurs qui se promènent dans les champs qu’ils ouvrent les yeux et qu’ils n’hésitent pas à alerter si quelque chose ne leur parait pas normal."

Trois hommes avaient été jugés en 2017 à Nantes pour vol et abattage illicite de moutons, mais les enquêtes aboutissent rarement. Les éleveurs désespèrent, près de 350 bêtes ont déjà été volées dans le département depuis le début de l’année.