Une commerçante bretonne coincée au Maroc

18 mars 2020 à 15h00 par Emilie PLANTARD

6 à 7 000 au Maroc, 4 000 en Tunisie⬦ Des milliers de touristes français sont encore bloqués à l'étranger en raison des restrictions de déplacements liés à la pandémie de Covid-19. Hit West a joint une commerçante ploërmelaise et sa s-ur, coincées à Agadir.

HIT WEST

Elles sont parties la semaine dernière sans se douter de la rapidité et de la radicalité des mesures que prendrait le gouvernement français. Les 2 morbihannaises sont désormais coincées dans leur hôtel d’Agadir, leur billet d’avion retour ayant été annulé. Avec les autres français, elles sont depuis 3 jours confrontées au manque d’information des autorités françaises et sont contraintes de trouver des solutions seules, avec leur téléphone portable et la connexion wifi de l’établissement. Les compagnies aériennes livrent, elles aussi, des renseignements au compte-goutte. Elles ont fini par trouver le moyen d’échanger leur billet et doivent partir jeudi. Nadine Piednoir est boulangère à Ploërmel, elle témoigne de sa colère au micro d'Emilie Plantard :

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"Nous on a eu le sentiment, clairement, d’être abandonnées. Même pas le consulat ni l’ambassade de France, ils ne se sont même pas déplacés dans les hôtels pour venir voir leurs ressortissants, on a compris qu’il fallait qu’on se démerde… Ce sont des français qui allaient régulièrement voir sur Easy Jet et qui ont vu l’annonce donc ils ont réservé. Ils nous ont prévenu et ils nous ont même aidées à faire la réservation parce que moi, j’étais tellement paniquée que j’arrêtais pas de trembler et je n’arrivais pas à faire ce qu’il fallait sur le portable !"

Entraide entre français

Sur place, depuis dimanche, c'est donc bien la solidarité entre français qui fonctionne. Les employés des hôtels leur apportent égalent une aide précieuse pour compenser l'absence d'information des autorités françaises. La sœur de Nadine, Corinne Leloup, en témoigne :

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"Samedi les lignes étaient tellement saturées qu’on n’arrivait pas à les avoir, les gens de l’accueil à l’hôtel nous aidaient, on s’est tous soutenus, on a tous communiqué, on se donnait les infos, tout le monde appelait sa famille en France parce que en France c’était plus facile d’aller sur internet et donc après, dès qu’on avait des infos, on se disait de faire çi ou ça. En fait c’est la solidarité entre français, dans les hôtels, qui a fonctionné."

Problème de la circulation en France

Seul hic, si le vol retour semble assuré, l'acheminement des voyageurs jusqu'à leur domicile peut encore être compliqué. La commerçante ploërmelaise atterrira bien à Nantes, mais elle doit encore trouver des solutions pour rentrer à bon port.

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"A l’arrivée à Nantes, moi je suis venue en TER donc il faut que je rentre en TER. Ma fille m’a dit qu’elle avait appelé le commissariat à Vannes pour savoir s’ils pouvaient venir nous récupérer, on leur a dit que ce n’était pas une raison valable. Donc il va falloir que je me débrouille par mes propres moyens, donc par le TER et après, arrivée à Vannes je n’aurai pas d’autre choix que de prendre un taxi puisqu’il paraît que les bus ne fonctionnent pas… Moi j’habite à 30 KM de Vannes et si mon mari ne peut pas venir me chercher il faudra bien que je rentre par mes propres moyens…"


Au-delà de Transavia, Easy Jet vient de mettre à disposition 32 avions pour rapatrier leurs clients français. Quant au Maroc, le pays vient de passer ce mercredi en confinement total.