Un re-confinement oui, mais partiel pour Christian Gillet

28 octobre 2020 à 13h35 par Dolorès CHARLES

Un re-confinement national d'au moins quatre semaines, c'est ce qui semble probable, mais le président Emmanuel Macron doit le confirmer (ou pas) ce soir à 20 heures. Un nouvel arsenal de mesures plus restrictives pour endiguer l'épidémie qui sévit en France. La réaction du Président de Maine-et-Loire, Christian Gillet.

HIT WEST
Crédit: Photo du confinement Vannes printemps 2020 - Yann Launay

La France face à la deuxième vague épidémique. La situation sanitaire s’aggrave très nettement dans l’Ouest (*) et de façon exponentielle sur le territoire pour l’ancien médecin et président du Département de Maine et Loire, Christian Gillet, qui à quelques heures de l’allocution télévisée du Président de la République, Emmanuel Macron, fait un constant cinglant : les français ne respectent pas les gestes barrières. 

Écouter le podcast

"Les gens n'observent pas ce qu'on leur recommande à savoir porter le masque, et bien porter le masque - je vois beaucoup de masques sous le nez, ce n'est pas raisonnable, la distance n'est pas respectée bien évidemment, le lavage des mains non plus, et puis surtout les gens lorsqu'ils sont détectés positifs, ils doivent s'isoler totalement, or on constate malheureusement qu'il y a des personnes qui ne s'isolent pas, encore plus pour les cas contacts ... Je pense qu'il y a eu un relâchement des comportements depuis quelques mois, maintenant il faut prendre les choses très sérieusement parce que la vague va être beaucoup plus importante que celle du printemps, je le crains..."

JCH_1195.jpg (779 KB)

crédit photo - Département de Maine-et-Loire

(*) Le taux d’incidence a fortement augmenté ces derniers jours selon l’Agence régionale de santé des Pays de la Loire : il est désormais de 250 nouveaux cas pour 100.000 habitants contre 164 jeudi dernier (plus de 330 cas pour 100 000 hab sur Nantes Métropole.)

"On ne peut pas mettre l'économie à l'arrêt complet..."

Le Président du Maine et Loire – seul département de l’Ouest placé sous couvre-feu avec l’Ille-et-Vilaine – se dit favorable à un reconfinement de la population, mais partiel pour préserver l’économie. Un deuxième confinement total comme au printemps aurait des conséquences économiques et sociales dramatiques.

Écouter le podcast

"On ne peut pas (re)mettre l'économie à l'arrêt complet, sinon ce serait une catastrophe économique et sociale... Nous le voyons déjà, le nombre de personnes au RSA - le Revenu de Solidarité Active - augmente très rapidement depuis quelques mois, je vois également des indices d'une pauvreté qui s'accélère, à travers les associations d'aide humanitaire qui réclament des aides, et bien sûr nous allons les soutenir ! Mettre à l'arrêt complet cela ne me parait pas possible, moi je pense que l'école maternelle, l'école primaire et même les collèges doivent rester ouverts, ne serait-ce que pour permettre aux parents d'aller travailler ... Ce sont surtout les lycéens, car ils sont à l'âge où on a beaucoup de mal à s'isoler (et à ne plus avoir de contact)."

Les écoles doivent rester ouvertes

Christian Gillet est favorable à la fermeture des lycées et des universités, mais il opte pour l’ouverture des écoles jusqu’au collège et également des services publics.

Écouter le podcast

"Pour la collectivité que je dirige - près de 3 000 salariés - on peut mettre la moitié des salariés en télétravail, voire plus, de toute façon on va garder nos Maisons de Solidarité ouvertes, on va garder nos agences départementales ouvertes, il faut qu'on reste au service de la population, on l'a fait au printemps et plus encore avec l'expérience que l'on a acquise maintenant. Je pense qu'il faut garder les services publics ouverts, simplement il y a des précautions supérieures à prendre notamment pour les personnes d'un certain âge ou des personnes fragiles, et là il faudra accepter un certain confinement partiel de ces personnes âgées."

Le soutien au secteur CHR

Dans le Maine et Loire, département placé sous couvre-feu depuis quasi une semaine, des avocats devaient contester ce mercredi devant le tribunal administratif de Nantes l’arrêté du préfet,obligeant les bars et les salles de sport à fermer pendant trois semaines reconductibles. Un recours pour atteinte à la liberté d’entreprendre. Si le Président Christian Gillet soutient ces secteurs impactés par la crise, l'ancien médecin défend les fonds de soutien mis en place, notamment en Pays de la Loire, et met en avant les risques de contamination dans les bars en particulier.

Écouter le podcast

"Par exemple, le fonds Résilience qui est un Fonds régional avec les départements, moins de la moitié des sommes qui avaient été prévues ont été versées. Je pense qu'il y a encore des moyens de venir en aide. Bien sûr, on va me dire que ce sont encore des prêts mais le remboursement peut être différé et étalé sur du long terme. Je pense qu'il ne faut pas hésiter à faire appel soit aux Fonds de garantie par l'Etat soit au Fonds Résilience mis en place par la Région et les Départements... il faut qu'on les soutienne mais on sait que ce sont dans les bars que les contaminations sont les plus fréquentes, donc pour eux il n'y a pas de solution miracle."

Une interview de Dolorès Charles.

CORONAVIRUS CONFINEMENT ST NAZAIRE 03 AVRIL PLACE BLANCHO (1).jpg (418 KB)

@Saint-Nazaire en plein confinement

Ce deuxième confinement généralisé à toute la France semble être privilégié par l’exécutif, mais quels secteurs resteraient ouverts ? Quels commerces essentiels ? Pour combien de temps ? Week-end compris ? A toutes ces questions, et plus encore, le chef de l'Etat Emmanuel Macron fera le point ce soir à partir de 20 heures.

A suivre dès demain matin sur Hit West les principales réactions à ces annonces.