Un mois sans alcool : Chiche ?

7 janvier 2020 à 8h03 par Emilie PLANTARD

Après le mois sans tabac, celui sans alcool. L'initiative vient d'Angleterre et elle est proposée pour la première fois en France, par une trentaine d'associations. Oserez-vous tenter le défi ?

HIT WEST
Crédit: @Pixabay

Si elle existe depuis 2013 en Angleterre, l’opération Dry January fait une entrée discrète en France, pays du vin et du champagne. Soutenue pour l’instant par une trentaine d’association de prévention santé, elle propose de passer le mois de janvier sans boire d’alcool. Une pause dans sa consommation, qu’elle soit faible ou importante, régulière ou occasionnelle. L’objectif n’est pas d’inciter les participants à renoncer définitivement à l’alcool, comme le mois sans tabac, mais de les sensibiliser à la place de l’alcool dans leurs vies. Pas facile, quand on l’a toujours associé à la détente et la convivialité.

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Valérie Guitet, chargée de mission à l’ANPAA, l’association Nationale de Prévention à l’Alcoologie et les Addictions :

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"L’idée c’est de toujours observer, dans une société, comment on consomme des produits, quelle est la place de ces produits. L’alcool peut représenter une addiction, pas chez tout le monde mais chez certaines personnes, et donc regarder ensemble c’est déjà porter un regard beaucoup plus bienveillant sur les personnes ayant une dépendance à l’alcool, et puis soi, s’interroger, est-ce que j’ai besoin de consommer, est-ce que c’est nécessaire pour rigoler ensemble ou pour passer une bonne soirée."

Une influence rapide sur le bien-être

Pas de diabolisation donc, mais une réflexion, une prise de conscience. Et puis peut-être déjà, quelques effets positifs sur la santé. Comme pour le tabac, l’abstinence d’alcool peut, dès les premières semaines, présenter des changements bénéfiques.

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"Il y a beaucoup de bénéfices à ne pas consommer d’alcool, puisque l’alcool c’est un toxique pour l’organisme. Quand on va enlever ce toxique, on va récupérer des  bénéfices corporels notamment la peau, le sommeil mais aussi très vite on va s’apercevoir du coût que représente l’achat d’alcool. Un mois sans alcool, c’est utile pour voir si on est obligé de consommer dans sa vie quotidienne, pour voir quelle part de son budget ça représente et pour imaginer les conséquences sur sa santé, tant qu’on n’a pas essayé, on ne peut pas savoir."

Pour qui ?

Pour tout le monde ! Du moins, tous ceux qui consomment un peu d’alcool, beaucoup, parfois, seulement le week-end ou un peu tous les jours. Tous ceux qui auront le cran de se lancer le défi, de tester une vie sans alcool.

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"L’idée ce n’est pas de traiter les gens qui auraient une maladie alcoolique. On est plus dans s’interroger si on peut s’en passer, et observer quelles sont toutes les sollicitations en France, les moments de convivialité ou presque obligatoirement on doit consommer de l’alcool, pour imaginer qu’au contraire, on a des alternatives à cette consommation d’alcool, notamment toutes les propositions de cocktails sans alcool."

Alors, non. Vous n’êtes pas enceinte, ni sous antibiotiques, vous ne devez pas conduire et pour autant, vous allez devoir expliquer à vos amis, à vos collègues qui veulent trinquer pour la bonne année que pour vous, ça sera sans alcool. Difficile ? Vous verrez et vous pourrez comparer vos observations avec les autres participants sur les réseaux sociaux, parcequ'à plusieurs, c'est plus facile. Alors… Vous essayez ?