Un ami indéfectible de Jacques Chirac, à Ploërmel

26 septembre 2019 à 16h42 par Dolorès CHARLES

Jacques Chirac décédé aujourd'hui à 86 ans était pour lui un ami indéfectible, et même un frère : c'est avec ces mots que Paul Anselin, l'ancien maire de Ploërmel, décrit le lien qui les unissait depuis 60 ans. Une rencontre signée Yann Launay.

HIT WEST
Paul Anselin
Crédit: Yann Launay pour Hit West

Une amitié depuis 60 ans. Depuis leur rencontre alors qu'ils combattaient tous les deux en Algérie. Paul Anselin, âgé de 88 ans, explique avoir toujours entretenu des rapports d'une grande franchise avec l'ancien chef de l'Etat, et il tient à lui rendre hommage :

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"C'était un malin, mais une fidélité en amitié totale... Un contact humain : il savait s'y prendre avec les gens... Il restera qu'il a été un homme d'un courage exceptionnel, qui en matière de politique étrangère a évité à la France de s'engager dans la guerre de Bush junior en Irak, et un homme qui avait su à la fois être bien avec Israël, et avec les pays arabes, ce qui n'était pas si facile..."

JACQUES CHIRAC ET PAUL ANSELIN 1996 PAUL ANSELIN PROMU COMMANDEUR DE LA LEGION D HONNEUR.jpg (162 KB)

Ce lien très particulier qui unissait les deux hommes remonte à la guerre d'Algérie : pendant une opération, Paul Anselin et son commando se retrouvent encerclés, et à court de munitions. C'est Jacques Chirac et ses hommes qui leur portent secours, sans même attendre les ordres. Jacques Chirac sera décoré après cette action :

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"Si je suis en face de vous, c'est quand même grâce au grand, là... Le plus drôle, c'est que son chef refusait de le proposer pour la croix de la valeur militaire, parce qu'il n'avait pas attendu les ordres... J'ai alors dit au colonel que le refusais ma décoration... Il m'a dit : "alors rédigez vous-même la citation (de Jacques Chirac)" C'est moi qui ai donc rédigé sa citation, dont je me souviens parfairtement : "Jeune officier dynamique, extrêmement courageux, sachant payer d'exemple, le 17 janvier 1959, a entraîné ses hommes à l'abordage pour porter secours à son ami..."

"Il n'avait pas de doctrine arrêté"

Paul Anselin aura échangé avec Jacques Chirac tout au long de sa vie. S'il concède que l'ancien chef de l'Etat n'avait pas de doctrine politique très arrêtée, Paul Anselin estime que les termes de pragmatisme et d'opportunisme que certains appliquent à Jacques Chirac sont trop réducteurs :

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"Il avait des points de repère : une forme de gaullisme de gauche. Il n'était pas vraiment libéral... Chirac avait une sorte de candeur : il a été plus souvent trahi qu'il a trahi lui-même... Le jugement des Français est juste : c'était un homme chaleureux, sensible aux problèmes humains... J'ai peut-être un regret : c'est qu'après sa réélection face à Le Pen, il n'ait pas ouvert le gouvernement à tous ceux qui l'avaient soutenu, notamment les socialistes."