Tous nos jeunes feront bientôt le SNU

17 février 2019 à 18h51 par Dolorès CHARLES

Départements pilotes en France : le Morbihan et la Loire-Atlantique vont tester dès le mois de juin le Service National Universel, autrement dit le SNU.

HIT WEST
Crédit: Yann Launay

Nous sommes à moins de 4 mois du lancement du SNU … le Service National Universel. Parmi les 13 départements pilotes en France, le Morbihan et la Loire-Atlantique. L’expérimentation concernera 3000 jeunes volontaires, mais d'ici un à deux ans, ce SNU sera obligatoire pour tous les jeunes après la 3ème. L’objectif du Gouvernement avec Gabriel Attal, Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education et de la Jeunesse, de passage à Vannes vendredi.

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"L'objectif du Service National Universel, c'est de créer un moment de brassage social, c'est d'apporter un certain nombre de formations aux jeunes, sur les gestes de premiers secours, sur la réaction à avoir en cas de catastrophe naturelle par exemple, et puis c'est aussi de lever les freins à l'engagement."

12 jours ensemble, "pour porter certaines valeurs"

Les jeunes suivront d'abord un séjour de cohésion de 12 jours, en internat, dans un lycée ou un centre de vacances. Ils seront forcément dans un autre département que le leur, avec d'autres jeunes qu'ils ne connaissent pas. Mais que feront-ils exactement pendant ces 12 jours ? La réponse de Gabriel Attal au micro de Yann Launay.

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"Il y aura une série de bilans individuels : bilan de santé, bilan de maîtrise de la langue française, point d'étape sur leur orientation... et puis des modules pédagogiques sur la sécurité, les institutions, les valeurs de la République, la protection de l'environnement... Cela va aussi beaucoup s'adapter aux atouts des différents territoires."

Driiing : réveil à 6h30 !

La vie en collectivité pendant ces deux semaines a pour objectif de porter certaines valeurs, de développer certaines attitudes chez les jeunes, comme le souligne Stephan Thevenet, chef du centre du Service national universel du Morbihan, et général de gendarmerie à la retraite.

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"Ils auront des horaires : réveil à 6h30, coucher à 22h30, avec des temps marqués, comme la cérémonie des couleurs, tous les jours. Ils seront en maisonnées, en groupes de 10, avec un tuteur qui sera au contact permanent : ils auront des cadres qui auront des expériences professionnelles variées, qui permettront d'apporter du sens."

Un uniforme mais pas une tenue militaire

Après le séjour de cohésion, les jeunes enchaîneront avec deux semaines dans une association ou une collectivité locale. Les jeunes appelés seront en uniforme, mais ce ne sera pas une tenue militaire. Le secrétaire d'Etat Gabriel Attal.

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"Ce sera un uniforme qui représentera les couleurs tricolores, les symboles de la République. L'idée c'est aussi qu'à l'issue de leur service national, les jeunes gardent leur uniforme, et que, parce qu'ils auront été formés à des situations par exemple de catastrophe, si demain il se passe quelque chose quelque part, les jeunes qui auront fait leur service national ouvriront leur placard, mettront leur polo du service national, et ensemble ils pourront s'organiser et organiser une aide à apporter aux sinistrés."

Appel aux candidatures

Pour dessiner ce futur uniforme, le gouvernement lance un concours, aujourd'hui (18 février), ouvert aux jeunes de 13 écoles de design et de stylisme : les meilleurs idées seront retenues par un jury de 4 personnalités !

Le coût de ce SNU

A-t-on maintenant une idée plus précise du futur coût annuel de ce Service universel, qui concernera 800 000 jeunes chaque année ? :

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"On aura un budget précis à l'issue de la phase pilote. Il y aura un coût, mais c'est avant tout un investissement : quand on fait un bilan de santé pour tous les jeunes, à 16 ans, on va sans doute détecter des pathologies qui sinon ce seraient aggravées et auraient coûté plus cher à la Sécurité sociale."

A Vannes, l'équipe se constitue

Dans les 13 départements où le SNU sera expérimenté en juin, les équipes d'encadrement se constituent. A Vannes, le chef du centre du service national est un général de gendarmerie à la retraite : Stéphan Thévenet nous explique ce qui l'a poussé à se porter volontaire.

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"Pour avoir commandé une école, été au contact de jeunes, c'est très enrichissant de leur donner des pistes, de développer chez eux le goût de l'effort, le sens des valeurs, le sens du service public... Dans une société où les gens sont un peu indifférents, où ils hésitent à s'engager, c'est quelque chose de riche que de leur expliquer que c'est une belle manière de vivre sa vie d'adulte."