Tests salivaires : concours de crachats à l'école de Ploufragan

12 mars 2021 à 6h06 - Modifié : 12 mars 2021 à 6h23 par Dolorès CHARLES

HIT WEST
Ecole de Ploufragan (22)
Crédit: Yann Launay

La campagne de tests salivaires a démarré hier dans nos Académies de Rennes et Nantes, le reportage de Yann Launay à l'école "Les Villes Moisans" de Ploufragan près de Saint-Brieuc.

C'est parti, pour les tests salivaires, dans les écoles de l'Ouest. Moins effrayants que les prélèvements naso-pharyngés, les tests salivaires ont été déployés hier (jeudi) dans plusieurs établissements de Bretagne et des Pays de la Loire. C'était le cas par exemple dans les Côtes d'Armor à l'école "Les Villes Moisans" de Ploufragan. Les plus jeunes sont concernés : des élèves de maternelle ont donné un peu de leur salive à Samia et à ses collègues infirmières :

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"Ce n'est pas simple : certains ne savent pas ce que veut dire "cracher"... ce que je fais, c'est que j'essaye d'aller avec la pipette directement dans la bouche... Certains ont vraiment très très peur.. Il faut les rassurer, il faut être patient..."

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Plus de 60 % des parents avaient donné leur accord, et les enfants se sont prêtés pour la plupart de bonne grâce au crachat, accompagnés par des infirmières scolaires ou par des infirmières de laboratoire comme Camille :

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Camille : "Je vais te demander de cracher au moins cinq fois. Le but c'est d'avoir le plus de salive possible, ce n'est pas d'aller le plus vite. Tu fais comme si tu suçais un bonbon, et tu craches... Pour les résultats, ce sera demain : tu pourras dire à tes parents qu'ils auront un message sur leur téléphone portable..." Enfants : "On a craché dans un bocal... ça ne fait pas mal... Il faut tester les enfants parce qu'ils peuvent avoir le coronavirus mutant, il est plus dangereux que le coronavirus tout court..."

Les prélèvements analysés en laboratoire

A Angers, un enfant de maternelle a été déclaré positif à la COVID-19 à l’école Lebas. Les deux classes multiniveaux de petite, moyenne et grande section –50 enfants en tout – sont fermées. Dans l'Académie de Nantes, les premiers tests salivaires ont eu lieu à l'école de la mutualité de Nantes. Quatre écoles de la cité des Ducs sont testées en cette fin de semaine, et la campagne de dépistage sera déployée la semaine prochaine à Châteaubriant, Issé, Rougé, Lusanger et Sion-les-Mines...

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Les prélèvements de salive ne sont pas analysés sur place à l'école mais en laboratoire, comme l'explique le Dr Le Guillou, biologiste au laboratoire Cerballiance :

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"Les tubes de salive vont partir sur le plateau technique : on va avoir une étape qui va durer entre 3 et 6 heures, c'est une technique de RTPCR, on va chercher l'ARN du virus. Si le test est négatif, on s'arrête là, et s'il est positif on fait un "criblage" pour connaître l'identité du variant. Un test salivaire, c'est très fiable par rapport an test antigénique : on a une sensibilité aux alentours de 89%"

Le choix des écoles pour ces campagnes de tests

Dans les Côtes d'Armor, c'est dans l'agglomération de Saint-Brieuc et dans le pays de Loudéac que vont d'abord se concentrer les campagnes de tests salivaires. Mais comment sont sélectionnés les zones et les établissements à tester ? La réponse de Philippe Koszyk, directeur académique des Côtes d'Armor :

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"Les territoires ont été identifiés avec l'Agence Régionale de Santé, au regard de la circulation du virus : il nous semblait qu'il y avait une circulation peut-être plus active sur ces deux territoires. Mais nous avons un deuxième type de campagne qui consistera à nous déplacer dans les écoles où nous avons constaté des cas positifs, ou dans une commune touchée par une circulation très active..."

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Pour assurer un suivi précis, les tests salivaires seront répétés tous les 15 jours dans les mêmes écoles. Des données contradictoires ont été émises, depuis des mois, sur la réalité de la circulation du virus dans les écoles. Avec l'arrivée de ces tests salivaires, doit-on s'attendre à constater une circulation active du virus en milieu scolaire ? Le Dr Véronique Nowak, médecin scolaire, ne le pense pas :

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"Dans notre département, que ce soient les écoles, collèges, lycées, même les écoles où il n'y a pas de masque, la contamination n'est pas interne à l'Education nationale... Quand on a un cas, c'est souvent un enfant qui s'est contaminé dans son foyer familial, ou des jeunes qui ont fait des fêtes..."

Un reportage de Yann Launay.