Actualités sportives

Les tests de grossesse sèment le malaise au NAHB

16 février 2020 à 18h45 Par Dolorès CHARLES
Crédit photo : Charles Guyard (Hit West)

Le président du Nantes AHB Arnaud Ponroy « ne comprend pas le procès fait à son club » mis en cause dans l'affaire des tests de grossesse. Le club est accusé d’avoir pratiqué des tests jugés illégaux sur ses joueuses. Explications cet après-midi.

Depuis vendredi, le Nantes Atlantique handball, 3e de la Ligue Féminine de Handball, est au coeur de la tempête (médiatique). En cause, des tests de grossesse effectués l'été dernier en début de saison, sur l'ensemble des joueuses de l'effectif par le médecin du NAHB. Problème, ces tests auraient été effectués sans le consentement de celles-ci. C'est en tout cas ce qu'affirme le syndicat des joueuses AJPH qui a donné l'alerte, mais pour Arnaud Ponroy, le président des Roses, au contraire, tout était en règle...

Les explications du club :

Le NAHB tenait un point presse cet après-midi. Micro tendu avec Charles Guyard.

Écouter le podcast

"Ces tests ont été faits dans le cadre d'un début de saison pour faire un bilan physiologique complet et global pour les joueuses réalisés par notre médecin et sous contrôle du médecin fédéral en leur âme et conscience ... Il y a eu probablement des tests de grossesse mais aussi d'autres tests - je n'en sais rien et je n'ai pas à le savoir .. tout ça est sous couvert du secret médical ! [Est ce que pour vous le médecin est en faute ? ] Absolument pas, c'est un médecin qui a fait pour le mieux, et qui est référent auprès du sport de haut niveau et de la maternité pour les Pays de la Loire, c'est un sujet qui lui tient à coeur... et il considère qu'il est important dans son analyse et dans son bilan d'avoir tous ces élements."

Vendredi, l'affaire fait "pschitt !"

Une affaire lancée par l'Association des joueurs professionnels de handball (AJPH) mais les allégations de cette dernière sont réfutées en bloc par le Président des Roses, le coach danois Allan Heine et les principales intéressées comme Léa Lignières. Certes, le syndicat a bel et bien été alerté par au moins une joueuse, ou ancienne joueuse, mais l'actuelle capitaine des Roses met cela avant tout sur le dos d'une mauvaise compréhension :

Écouter le podcast

"Si quelqu'un l'a fait, c'est que cela lui a semblait bon de le faire. Ce n'est pas pour autant qu'on ne défend pas notre médecin car c'est un super médecin. On veut le garder à nos côtés encore longtemps. On aurait dû peut-être demandé à Thibaud un peu plus d'information. Peut-être qu'il n'y a pas eu assez d'information pour d'autres, et c'est du coup pour ça qu'on a dit qu'il y a eu une mauvaise communication mais surtout une mauvaise compréhension aussi."

Thibaud Berlivet, le médecin du club, est par ailleurs référent maternité pour les sportives de haut niveau dans la région. Le praticien, avec le club, n'exclut pas de mener une action en justice contre le syndicat.

Et dimanche l'affaire rebondit !

Ce dimanche six joueuses du NAHB ont signé une lettre ouverte pour contester la version du club donné en conférence de presse. Elles ne veulent pas incriminer leur médecin mais dénoncent cette "pratique" et surtout un manque de communication… Elles souhaitent désormais se concentrer sur la suite de la saison (match contre Fleury vendredi en CDF puis en championnat à Nice le 26 février)... Cela créé quand même un petit malaise au club nantais.

COMMUNIQUE DE LA FFHandball ET DE LA LFH

Suite au communiqué de presse diffusé hier par l'Association des joueurs professionnels de handball (AJPH), la Fédération française de handball et la Ligue féminine de handball, qui regrettent le procédé de l'AJPH, ont immédiatement pris contact avec le club de Nantes Atlantique Handball, impliqué dans les accusations, pour recueillir ses observations et celui de son médecin. Le président du club et certaines joueuses viennent également de s'exprimer lors d'une conférence de presse organisée cet après-midi à Nantes.

Rappel règlement :

Le code du sport confie le soin aux fédérations agréées d'organiser la surveillance médicale de leurs licenciés, et de veiller à la santé des pratiquants. Le code du sport donne également la prérogative aux fédérations sportives et à leurs ligues professionnelles de définir la fréquence et le contenu des examens médicaux spécifiquement prévus pour les sportifs professionnels salariés.

Précisément, dans le cadre des objectifs de protection de l'intégrité des joueuses professionnelles participant à des compétitions de haut niveau, le règlement médical de la LFH prévoit l'obligation, pour qu'une joueuse puisse participer à son championnat, de produire un certificat médical spécifique établi par le médecin référent du club et signé par la joueuse.

Les examens médicaux minimums à réaliser sont listés par le règlement médical de la LFH et comprennent un examen clinique avec questionnaire médical, la vérification des vaccinations, des examens cardiologiques, un bilan dentaire et un bilan biologique (avec numération des globules sanguins, dosage du fer et de la vitamine D).

Le règlement médical de la LFH est élaboré et adopté par toutes les instances de la LFH et sa mise en œuvre fait l'objet d'un contrôle par le médecin national fédéral, qui vérifie notamment la réalisation des examens obligatoires nécessaires préalablement à toute qualification des joueuses.

Outre ce cadre réglementaire sportif spécifique, chaque médecin, dans le cadre de sa relation confidentielle avec ses patients et en application de l'article R.4127-8 du code de la santé publique, est libre de ses prescriptions, qui doivent être les plus appropriées aux circonstances et tenir compte des avantages, des inconvénients et des conséquences des différentes investigations et thérapeutiques possibles.

Cas de Nantes Loire Atlantique :

Le médecin référent du club de Nantes intervient comme médecin référent du club professionnel féminin de Nantes dans le cadre d'une convention de prestation de services déclarée à la Fédération et est par ailleurs médecin du sport référent en région Pays de la Loire pour la maternité chez la sportive de haut niveau.

La FFHandball et la LFH prennent note des explications fournies par le président et les joueuses du club de Nantes à savoir :

Un dosage du taux de l'hormone Béta HCG a été réalisé auprès de chaque joueuse lors du bilan biologique de début de saison,
Le médecin référent du club a pris l'initiative de le proposer à chaque joueuse lors de ses entretiens individuels, dans l'intérêt des joueuses et avec le souci de les accompagner et d'ajuster ses éventuelles prescriptions médicamenteuses,
Le consentement écrit des joueuses n'a pas été formalisé, seule la prescription du dosage figurait explicitement sur les ordonnances établies par le médecin pour les analyses sanguines,
La contestation de toute démarche insidieuse de la part du médecin auquel les joueuses ont assuré le maintien de leur confiance sans faille,
Le caractère strictement confidentiel des données médicales constituées par les résultats des prises de sang comme de toute autre investigation médicale, seule la joueuse étant habilitée à informer ou non son employeur de ses résultats.

La FFHandball et la LFH seront attentives aux procédures qui pourraient être engagées devant les différentes juridictions ou ordres, et souhaite que toute la lumière soit faite sur cette situation.

En outre, la LFH a confié le soin à sa commission médicale, présidée par le médecin national du suivi au sein de la Fédération et comprenant l'ensemble des médecins référents des clubs de LFH, de préparer un rappel des procédures à l'attention de tous les clubs, dont l'obligation légale de recueillir un accord exprès, formel et préalable des athlètes pour prescrire un dosage hormonal Béta HCG.

D'une manière générale, la Fédération et la LFH, garantes de l'éthique sportive, sont particulièrement attachées au respect de l'intimité et au recueil du consentement éclairé des athlètes pour tout examen médical.