Télétravail : Ces entreprises qui persistent et signent

15 décembre 2020 à 18h57 - Modifié : 16 décembre 2020 à 4h20 par Emilie PLANTARD

HIT WEST
Crédit: @Pixabay

L'année 2020 est sans conteste l'année du télétravail. Certaines entreprises l'ont découvert, d'autres l'ont renforcé. Aujourd'hui encore, même si l'heure est au déconfinement, ce mode de travail est toujours largement recommandé et de nombreuses enseignes vont mettre à profit leur expérience pour le généraliser. Exemple près de Nantes :

Accenture est un groupe spécialisé dans l’informatique qui emploie 450.000 salariés à travers le monde, dont 700 à Saint-Herblain. L’entreprise a commencé à proposer le télétravail à ses salariés il y a une dizaine d’années et disposait donc d’une longueur d’avance lorsqu’il a fallu se plier aux nouvelles règles du confinement en mars dernier. Aujourd’hui encore, pour ce second épisode, 90% de la masse salariale est en télétravail, 100% à Nantes. Gaël Garandeau est director management et responsable du site de Nantes :


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Déconfiner, oui, mais continuer le télétravail


Ce mardi, si le second confinement prend fin, le télétravail doit rester la règle. Pour l’entreprise nantaise, il n’est pas question de revenir sur cette organisation, qui protège la santé des salariés. Et à l’avenir, elle sera remaniée mais généralisée, à la demande des salariés.


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"Après le déconfinement nous allons mettre un certain lapse de temps avant de faire un retour sur site, pour voir comment évolue la pandémie. On se focalise d’abord sur nos collaborateurs et on veut des conditions suffisamment sûres avant de déconfiner. Mais ce qu’on voit c’est que la plupart de nos collaborateurs plébiscite ce mode de travail. Donc c’est plutôt un mode hybride qu’on va mettre en place, à la fois télétravail et « flexoffice », c’est-à-dire le retour sur site."


L'adapter mais le conserver


Si le télétravail a été largement appliqué dans l’entreprise pendant ces périodes de crise, il ne sera donc pas la règle unique dans l’entreprise à l’avenir. Car si le télétravail s’avère pratique pour réduire les temps de transport par exemple, elle peut isoler le salarié.


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"Personnellement, je ne crois pas au « full » télétravail, il y a besoin de garder un lien social et de continuer à voir ses collègues. Donc on va continuer à utiliser le télétravail, mais il y aura de temps en temps des réunions, sur site. C’est un mode hybride qu’on va mettre en place, télétravail et flex office. Donc ça nécessite d’adapter ses locaux, de les avoir en mode co-working, pour faciliter la collaboration entre les personnes sur site et les personnes en télétravail."


L'expérience inédite de 2020


L’année 2020 a donc été riche d’enseignements et d’expérimentation, pour l’entreprise et pour les salariés qui n’osaient pas franchir le pas. Il y aura un avant et un après puisque chez Accenture, on va largement s’inspirer des retours de cette année.


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"C’est une année particulière parce que c’est télétravail et confinement. Le télétravail ça a surtout nécessité un lien très fort de mises en place de rituels, pour que les managers puissent contacter les collaborateurs donc pour ça on avait mis plusieurs axes pour les aider, que ce soit des questionnaires mensuels, savoir comment ils allaient, prendre leur ressenti et d’adapter notre télétravail en fonction. Par exemple, on évite maintenant de planifier des réunions entre 12 et 14 heures, on essaie de terminer les réunions 5 minutes avant pour pouvoir faire des pauses… Sur le long terme, c’est vraiment ce mode là qu’on va privilégier, télétravail et présence sur site."


Le télétravail n'a pas toujours convaincu 


Le premier confinement avait imposé un télétravail massif, en urgence, parfois mal vécu au sein des structures. Cet hiver, la souplesse est de mise et on découvre que certains managers ont eu du mal à y retourner, voire refusent carrément de s’y recoller. Gaël Garandeau peut comprendre cette réticence, surtout si le télétravail n’a pas été anticipé.


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"Le télétravail est vraiment un changement de culture. Si vous n’en avez jamais fait et que du jour au lendemain, vous passez en full télétravail, ce qui s’est passé pour le premier confinement, c’est difficile à gérer, à manager. Je peux comprendre des managers qui n’ont plus la main sur leurs équipes, ça puisse les freiner. C’est une question de confiance envers ses collaborateurs, de savoir que le travail est réalisé ni fine. Nous ce qu’on constate c’est qu’il n’y a pas de perte de productivité, au contraire, et c’est vraiment cette confiance qu’il faut avoir envers ses collaborateurs, même s’ils ne sont pas à côté de moi, le travail sera réalisé comme si on était sur site."


Il est possible de franchir le pas


Intégrer le télétravail est donc possible, Gaël Garandeau donne quelques conseils :


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"J’en ai 2, le premier c’est d’être accompagné, il y a des cabinets qui sont spécialisés dans ces méthodes de travail et qui aident les entreprises à faire ce changement de culture. Et le deuxième c’est de co-construire ce changement avec les collaborateurs. Il faut prendre en compte leurs besoins, savoir de quoi ils ont besoin, pour pouvoir passer dans ce nouveau mode. Il y a forcément des activités qui ne peuvent pas être faites en télétravail, d’où l’accompagnement pour bien comprendre l’entreprise, vois quel mode il faut mettre en place."


La ministre du travail Elisabeth Borne a annoncé vouloir assouplir les règles du télétravail à partir du 7 janvier prochain. Du moins, si les conditions sanitaires sont satisfaisantes.