Bretagne

Sécheresse : les agriculteurs divisés sur les solutions

18 septembre 2019 à 12h52 Par Dolorès CHARLES
Crédit photo : Dolorès Charles (Hit West)

Les agriculteurs rencontrés au SPACE de Rennes par Yann Launay sont partagés sur les solutions préconisées par le Gouvernement face à la sécheresse.

La sécheresse de plus en plus pregnante en Pays de la Loire. Le Préfet a dernièrement invité les usagers à restreindre leur consommation d’eau… en particulier dans le Maine-et-Loire et en Mayenne, où le débit de la Loire est toujours faible. Sur le terrain, les zones Loire et Authion sont maintenues en alerte renforcée, etl’irrigation des grandes cultures à partir des ressources superficielles et souterraines est interdite par endroit.

Au SPACE à Rennes, la sécheresse a souvent été au coeur des discussions. Mais les éleveurs sont divisés sur les solutions à adopter pour mieux affronter les périodes de sécheresse futures. Le gouvernement a par exemple annoncé la création de 60 retenues d'eau, des mares ou des lacs, d'ici 2022 sur toute la France, et ce n'est pas forcément la solution au problème, pour Nicolas Girod, éleveur laitier et porte-parole de la Confédération paysanne. Il se confie à Yann Launay.

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"Les meilleurs retenues d'eau, ce ne seront pas des retenues à l'air libre, mais des retenues dans les nappes phréatiques.. et le niveau des nappes n'arrive pas à remonter d'année en année : il n'y a pas suffisamment de pluie, on pompe dedans aussi, et il y a toute cette eau qui ruisselle sur des sols artificialisés, des terrains agricoles de plus en plus tassés... La solution, ce serait plutôt de revoir le modèle agricole, pour avoir des sols plus vivants, qui laisseraient passer l'eau jusqu'aux nappes phréatiques..."

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En revanche c'est une solution incontournable pour Joël Limouzin, éleveur en Vendée et vice-président de la FNSEA. Pour lui, la France a déjà pris trop de retard en la matière.

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"Regardez l'Espagne : pendant qu'en France, nous sommes à 1 à 2% d'eau de pluie stockée, l'Espagne est entre 15 et 20%. On a mis en place dans mon département des dispositifs de retenues collinaires, des réserves de substitution, et France Nature Environnement nous a mis au tribunal. Tant qu'on continuera à travailler dans des suspicions et des oppositions, on ne pourra pas sécuriser..."