Rhum : les skippers mobilisés pour les migrants

31 octobre 2018 à 15h00 par Katell LAGRE / Dolorès CHARLES

A Saint-Malo, les skippers s'engagent aux côtés de SOS Méditerranée. A Nantes, tous les migrants du square Daviais sont désormais mis à l'abri.

HIT WEST
Les skippers mobilisés aux côtes de l'Aquarius
Crédit: Simon Reungoat

Touchante démonstration de solidarité à Saint-Malo ! Une poignée de skippers engagés sur la Route du Rhum, dont certaines célébrités de la voile comme François Gabart ou Kito de Pavan, se mobilisent pour soutenir l'action de l'Aquarius, le bateau de SOS Méditerranée qui vient en aide aux migrants en détresse en pleine mer. Ecoutez les explications du skipper Malouin de Lamotte Module Création, Luke Berry, au micro de Simon Reungoat.

Écouter le podcast

" SOS Méditerranée c'est un bateau qui navigue en méditerranée et qui a pour but le sauvetage en mer de réfugiés, notamment ceux qui viennent du nord de l’Afrique entre autres et d'Europe. C'est un bateau qui est là avant tout pour sauver des vies. Il n'y a pas grand chose d'autre à dire. C'est pour sauver des vies. Et c'est le bon sens marin d'aller récupérer les gens qui sont naufragés. Aujourd'hui le but c'est de mettre en avant l'association et de faire en sorte qu'elle puisse continuer à sauver des vies"

Des skippers qui incitent donc les amateurs de voile à soutenir financièrement l'association SOS Méditerranée et à faire pression sur les élus pour que l'Aquarius puisse continuer à sauver des vies !

Les migrants du Square Davais de Nantes… tous à l’abri

Expulsés en septembre, les 700 migrants de Davias avaient rejoint provisoirement cinq gymnases de la Ville. Tous sont désormais mis à l’abri dans des lieux plus durables, après le transport de dernières personnes du gymnase de la Géraudière à Mellinet (Nantes) et dans deux autres communes de Nantes Métropole hier. Une nouvelle étape provisoire, en attendant que l’Etat prenne en charge ces migrants, dans le cadre du dispositif d’accueil des demandeurs d’asile, selon la maire Johanna Rolland.

Hier un employé de la Ville a découvert des tags hostiles aux migrants sur les façades du gymnase Raphaël-Lebel et sur le mur situé à l'entrée du parc du Grand-Blottereau. La mairie a porté plainte.

[Communiqué complet de la Ville]

Le 20 septembre dernier, Johanna Rolland, Maire de Nantes, a mis en oeuvre des mesures exceptionnelles pour fermer le campement du square Daviais. Le plan communal de sauvegarde communal a été déclenché et les occupants du campement ont été pris en charge et accompagnés dans 5 gymnases de la ville. Il s’agissait d’une première étape de mise à l’abri. Cette première étape s’achève aujourd’hui avec le départ des dernières personnes du gymnase de la Géraudière. Les personnes migrantes présentes sur le square Daviais ont désormais été mises à l’abri dans des lieux plus durables. Cette deuxième étape ne peut être elle même que temporaire et provisoire dans l’attente que l’Etat prenne en charge ces personnes dans le cadre du dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile. 

Première étape : ouverture de 5 gymnases

Le 20 septembre dernier, Johanna Rolland, Maire de Nantes, a pris la décision de déclencher le plan communal de sauvegarde. La première étape de la mise à l’abri a été engagée en ouvrant 4gymnases, en plus du gymnase Emile Morice ouvert depuis le 21 août dernier : la Géraudière (Nantes Nord), Raphaël Le Bel (Doulon-Bottière), Léo Lagrange (Centre ville) et Joël Paon (Hauts-Pavés/Saint-Félix). Le jour même, l’ensemble des migrants présents sur le square Daviais a été accueilli dans ces gymnases, équipés de lits, gérés par les associations Aurore et Anef Ferrer et sécurisés à leurs abords.
Des personnes de l’OFII (Office français pour l’immigration et l’intégration), présentes dès leur prise en charge au square Daviais, étaient présentes dans chaque gymnase pour recenser les personne hébergées. En complément de cette mise à l’abri dans des gymnases équipés de sanitaires et
douches, la Ville a également assuré la restauration matin, midi et soir pour l’ensemble des migrants présents sur chaque site.

Cet engagement très important de la Ville s’accompagnait de l’affirmation claire que plus aucune occupation illégale de l’espace public ne sera tolérée à Nantes et d’un nouvel appel à l’État pour la création de places d’hébergement en CADA (Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile) ainsi que la
mise en oeuvre d’un Plan national d’urgence en faveur de l’accueil des demandeurs d’asile en France.

Deuxième étape : une mise à l’abri plus durable

Cette première étape est désormais close : toutes les personnes migrantes accueillies dans les gymnases sont mises à l’abri dans des lieux plus durables, à Nantes, dans d’autres communes de Nantes Métropole et du Département. Ce mercredi 31 octobre, les dernières personnes présentes au gymnase de la Géraudière ont été orientées à Mellinet (Nantes) et dans deux autres communes de Nantes Métropole. Les 5 gymnases nantais qui ont été mobilisés sont désormais libérés. Ils vont retrouver leurs activités normales.

Tout au long des opérations de la première comme de la deuxième étape, la Ville de Nantes prend en charge l’ensemble des coûts liés à l’accompagnement assuré par les associations, à l’équipement et au fonctionnement des locaux ainsi que l’alimentation des personnes. La Ville de Nantes via son Centre communal d’action sociale assume ainsi financièrement l’intégralité des coûts de la seconde phase. Le remboursement des sommes engagées est demandé à l’État auquel reviennent les compétences en matière d’hébergement d’urgence et d’accueil des demandeurs d’asile. Un courrier a été adressé au Premier ministre en ce sens.
Dans le cadre du Comité de suivi mis en place par Johanna Rolland début octobre suite à la fermeture du Square Daviais, un travail est également engagé avec les associations et collectifs qui accompagnent les personnes migrantes sur plusieurs sujets tels que l’aide vestimentaire, l’apprentissage du français et l’accès à la santé.

La troisième étape : la prise en charge par l’État
Cette deuxième étape ne peut être elle même que temporaire et provisoire dans l’attente que l’Etat prenne en charge ces personnes dans le cadre du dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile. Johanna Rolland, Maire de Nantes rappelle que “ l’Etat doit prendre ses responsabilités. Nous
sommes prêts, ici à Nantes, à nous mobiliser pour cette 3ème étape, un travail ayant d’ores et déjà été engagé avec les maires de la métropole, le Département et la Ville de Saint-Nazaire”.