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Retrait de permis ou éthylotest ?

23 avril 2019 à 15h44 Par Katell LAGRE
Crédit photo : Yann Launay pour Hit West

Un éthylotest antidémarrage sur sa voiture plutôt qu'un retrais de permis : cette alternative peut maintenant être proposée partout en France, après avoir été testé dans une poignée de départements dont la Vendée.

Cela concerne les conducteurs contrôlés avec un taux d'alcool compris entre 0,4 et 0,9 mg par litre d'air expiré. Sous certaines conditions, ils peuvent faire installer, à leurs frais, un éthylotest sur leur véhicule pour continuer à conduire. Depuis un mois, dans l'Ouest comme dans toute la France, les préfectures mettent en place le dispositif. Un dispositif qui rencontre son public, comme le confirme Véronique Solère, directrice de cabinet du préfet du Morbihan :

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"Les gens ont bien compris l'intérêt... les demandes sont arrivées avant que l'on ne lance officiellement le dispositif. C'est important pour la vie sociale et surtout pour pouvoir continuer à travailler... Si on prend les 10 personnes qui en ont bénéficié dans le Morbihan depuis le 27 mars, on a 2 étudiants, un chauffeur, une profession libérale, une psychologue, une aide-ménagère, un commercial... toutes les catégories."

Mais tous les conducteurs pris en alcoolémie ne peuvent pas en bénéficer : le taux d'alcool doit rester inférieur à 0,9 mg par litre d'air, mais d'autres critères sont pris en compte, comme l'explique le Major Thierry Capelin de l'Escadron de sécurité routière du Morbihan :

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"Il faut être primo-délinquant, il ne faut pas avoir déjà été condamné pour une alcoolémie ou une conduite sous l'emprise de stupéfiants. Il ne faut pas de cumul d'infractions : il ne faut pas avoir été contrôlé à la fois avec une alcoolémie et un excès de vitesse, ou l'absence de ceinture. Le dispositif n'est pas destiné aux jeunes permis. Le permis de la personne doit aussi être crédité de plus de 7 points."

La Vendée département pilote en la matière avait enregistré mi-mars, après 4 mois d’expérimentation du dispositif, 143 arrêtés pris par le préfet et 38 éthylotests anti-démarrage installés sur des véhicules de conducteurs contrôlés positifs à l’alcool !

Eric souffle avant de prendre le volant

Parmi les premiers bénéficiaires morbihanais : Eric, 54 ans, un commercial contrôlé positif après un repas au restaurant. Depuis trois semaines, à chaque fois qu'Eric prend sa voiture, il commence par souffler :

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"J'avais un retrait de 4 mois, cela m'aurait posé des difficultés dans mon métier au quotidien : je fais 60 000 kms à l'année, cela aurait été une contrainte. Juste peut-être le bémol du système : c'est 98 euros par mois, pendant 6 mois, et 400 euros d'installation/désinstallation, c'est un certain coût, mais bon, au final, pour moi c'était plus important et je pouvais me permettre de le faire..."

Une installation dans un garage agréé

L'installation d'un éthylotest anti-démarrage doit se faire dans un garage agréé.. et les appareils restent coûteux. Hervé Lecointe dirige le garage Sedea de Lanester, agréé pour la pose d'éthylotests :

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"Neuf, on arrive à 1500 / 1600 euros à l'achat. En location, c'est 576 euros pour 6 mois, plus les 400 euros de montage, donc on arrive à 1000 euros.. cela peut paraître élevé, mais par rapport au fait de perdre son travail, cela reste raisonnable. Cela va peut-être baisser un peu quand cela va se démoncratiser."

Les éthylotests antidémarrage pourraient effectivement se multiplier rapidement : le Parlement européen vient tout juste de voter une série de nouvelles obligations pour les constructeurs automobiles, qui devront rendre plus facile l'installation d'éthylotests à partir de 2022.

Reportage de Yann Launay.