Rebond épidémique, 3e vague et vaccination : Pascal Crépey

9 décembre 2020 à 6h44 - Modifié : 9 décembre 2020 à 7h46 par Dolorès CHARLES

HIT WEST
Crédit: Dolorès Charles (Hit West)

Est-ce un frémissement ou une reprise de l'épidémie de Covid-19 en France ? Faut-il décaler la date du 15 décembre pour déconfiner partiellement le pays ? Peut-on se faire vacciner sans danger ? L'épidémiologiste Pascal Crépey est l'invité de Sur Place ou à emporter sur Hit West.

Il va falloir revoir les modalités du déconfinement partiel annoncé pour le 15 décembre. Les chiffres de l’épidémie de coronavirus ne reculent plus en France. Est-ce un frémissement ou une reprise ? Faut-il décaler la date du 15 pour déconfiner partiellement le pays, ou modifier les mesures annoncées par Emmanuel Macron le 24 novembre dernier lors de sa dernière allocution : couvre-feu avancé ou annulé pour le 31, jauge revue à la baisse, maintien ou non des déplacements entre régions, du sport en intérieur, ou report de la réouverture des lieux de culture (cinémas, théâtres,etc.) Autant de questions auxquelles le Conseil de Défense sanitaire, prévu ce matin à Paris, devra répondre...


La décrue se ralentit


Depuis quelques jours, la tendance est moins positive. Si les hospitalisations poursuivent leur baisse, Santé Publique France a annoncé hier soir 13 713 cas Covid supplémentaires enregistrés en 24 heures. Des données qui confirment l'effet de "plateau" épidémique. Nous ne devrions pas arriver aux 5 000 cas de Covid par jour au 15 décembre, alors que le Chef de l’état l’avait conditionné à ce deuxième déconfinement. Peut-on expliquer cette stagnation des chiffres de contamination : Pascal Crepey épidémiologiste à Rennes, était hier l'invité de Julie et Fabien dans l'émission "Sur place ou à emporter" sur Hit West :


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"C'est très certainement lié au fait que nous ayons repris un peu plus d'activité, notamment avec la réouverture des commerces... Cela ne veut pas dire que l'on s'infecte dans les commerces, car le virus n'attend pas chez les commerçants, mais le fait que l'on se déplace plus, qu'on rencontrer plus de gens, qu'il y ait plus de contacts eh bien mécaniquement cela augmente le risque d'être exposé et de contaminer d'autres personnes, et cela peut être une source de l'explication de ce ralentissement de la décroissance."


Est-ce que le déconfinement partiel du 15 décembre peut être remis en cause ? 


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"Si la semaine prochaine on n'est pas à 5 000 mais plutôt à 12 ou 13 000, il va falloir adapter nos comportements... On peut déjà le faire, on n'a pas besoin d'attendre une réaction du Gouvernement, on peut ne serait-ce qu'installer l'application "Tous Anti Covid", qui permet de faire du contact tracing, très réactif et très rapide pour éviter les chaînes de contamination. On peut aussi encore une fois limiter ses contacts, être très vigilants, bien porter son masque, bien aérer chez soi lorsque c'est possible et lorsqu'on a du monde chez soi, eh bien on ne devrait pas !"


Un vaccin rapide et fiable ?


La Grande Bretagne a commencé hier sa campagne de vaccination. Pour la France, ce ne sera pas avant le début d’année (les publics visés seraient les soignants et les résidents des Ehpad). Une rapidité des laboratoires qui interroge ? Peut-on se fier réellement au vaccin ? Ecoutez l’avis de Pascal Crepey au micro de Julie Fiore et Fabien Gonzalez :


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"Les études cliniques qui permettent de valider les caractéristiques des vaccins sont toujours les mêmes, que ce soit en période de crise ou de non crise. C'est juste que là, il y a eu une accélération sur la priorité et les moyens engagés pour réaliser ces études."


Dans la Région Pays de la Loire, qui compte 927 personnes hospitalisées dont 81 patients en réanimation (1078 décès), les taux d’incidence se situent à un peu plus de 80 cas pour 100 000 hab sur Angers ou Cholet, c’est un peu plus que la semaine passée… Taux d’incidence autour de 55 cas pour 100 000 habitants pour Nantes Métropole et Laval, et 64 cas à Saint-Nazaire ou La Roche sur Yon. La circulation du virus se fait plus active ces derniers jours selon l'Agence régionale de santé, et les taux d’incidence remontent dans le Maine-et-Loire, en Mayenne et Sarthe. Ces taux baissent en revanche en Loire-Atlantique et Vendée.






Lundi soir en Bretagne, l'ARS enregistrait 560 cas positifs supplémentaires au cours des dernières 72h, et le taux d’incidence s’élèvait à 38,7 cas pour 100 000 habitants,l avec un taux de positivité régional à 5,8%.


Où est la grippe ?


Le Parisien s’interroge ce matin, où est passée la grippe ? La France fait face cette année à l’absence de la maladie qui tue entre 10 et 15 000 morts chaque hiver. Pour rappel, le virus a lui tué plus de 55 000 personnes depuis le printemps, sur notre sol ... donc Non la grippe ne tue pas plus que le coronavirus !