Protocole renforcé : Les restaurateurs maintiennent la pression.

5 octobre 2020 à 14h53 par Emilie PLANTARD

Les autorités sanitaires viennent de décider de passer Paris en zone d'alerte maximale, comme Marseille et la Guadeloupe. Pour ne pas fermer, les restaurants devront respecter un protocole sanitaire renforcé. A Rennes, en zone d'alerte renforcée, la situation est trop difficile pour en être vraiment soulagé.

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Crédit: @Pixabay

A Rennes, la menace de passer en zone d’alerte maximale est une épée de damoclès qui plane au-dessus de tous les bars et les restaurants. Si la décision venait à être prise, comme à Paris, les bars devraient fermer. Mais les restaurants devraient appliquer un protocole sanitaire renforcé pour rester ouvert. Une bonne nouvelle a priori, mais qui ne sauverait pas ces établissements, déjà lourdement pénalisés par le contexte sanitaire. François De Pena est le vice-président de l’UMIH35, il ne peut être qu’à moitié rassuré puisqu’il aurait fallu prendre ces décisions plus tôt…

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"Le protocole renforcé consiste simplement à encaisser les clients assis et à tenir un registre pour les tracer mais ce sont des propositions que nous avions déjà faites en juin. Ça soulage un peu les restaurateurs mais à Rennes il y a un problème particulier depuis la fermeture des bars à 22 heures, c’est que les clients se font rares, et puis il y a des pans entiers de nos métiers qui ne sont pas revenus, je pense aux traiteurs, je pense aux séminaires, aux déplacements professionnels, donc certes on est une profession qui ne fermera pas ses restaurants si on passe en alerte rouge mais qui par contre, va droit dans le mur avec un bilan catastrophique dans les mois à venir."

Les restaurateurs veulent des preuves

En cas de passage zone d’alerte, les restaurants resteraient ouverts mais les bars devraient fermer. Le ton commence donc à monter entre les professionnels de l’hôtellerie restauration et le gouvernement. Un sentiment d’injustice domine, alors que peu de clusters ont été recensés dans des établissements, bars et restaurants et que la majorité respecte les protocoles sanitaires en vigueur. L’UMIH35, principal syndicat de la profession, a donc demandé à rencontrer les autorités ce lundi soir :

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"On a demandé à rencontrer la préfète avec l’ARS afin qu’ils nous justifient des chiffres de contamination dans nos métiers, dans les bars et les CHR. On attend vraiment qu’ils nous expliquent en quoi il y a eu des contaminations, à Rennes, dans les bars et les restaurants, et donc qu’est-ce qui justifie qu’on soit stigmatisés. Nous ce qu’on veut c’est : On nous ferme, très bien, mais on assume les conséquences économiques parce que nous, on n’y est pour rien. Ce n’est pas acceptable pour nous que des petits patrons de petits commerces mettent la clé sous la porte, juste parce que le gouvernement a décidé de les fermer pour des raisons sanitaires."

L'incompréhension domine

Les restaurateurs seraient-ils à compter parmi les victimes de l’épidémie de Covid-19 ? Oui, selon le vice-président de l’UMIH. Pour lui, les établissements scolaires comme les universités, où plusieurs clusters ont été détectés, sont bien plus vecteurs du virus que les bars ou les restaurants. Les restaurateurs ont peur du virus, mais plus encore des décisions du gouvernement.

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"Sanitairement on voit qu’on ne contamine pas les gens, contrairement à ce qu’on pourrait croire quand on voit qu’on nous ferme les premiers, mais économiquement, quand vous avez des gens qui ont mis le fruit d’un travail de toute leur vie, qui n’ont pas droit au chômage qui n’ont droit à rien et qu’ils sont privés de revenus depuis le mois de mars, qu’ils ont 6 mois d’arriérés de loyers, pour l’instant ils n’ont pas d’annulation de charge mais que des reports, ces gens-là vous leur enlevez tout espoir, et c’est le sentiment qu’on a aujourd’hui c’est-à-dire une grande peur et plus aucun espoir. Donc le ton se durcit un peu, les gens vont devenir plus durs dans leurs protestations."

Des conséquences dramatiques

La ville de Rennes est déjà passée en septembre dernier en zone d’alerte renforcée avec pour conséquence une fermeture des bars à 22 heures. L’impact est déjà considérable pour tous ces établissements qui vont avoir du mal à tenir le coup…

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"A Rennes, clairement il y a une baisse. Entre 22 heures et 1 heure du matin, les bars font 20 à 50% de leur chiffre d’affaire et les restaurants on constate une baisse de 20 à 40% donc si vous ajoutez ça à la fermeture des 2 mois ½ de confinement, aucune entreprise ne peut voir son chiffre d’affaire baisser de 20 à 40% sans qu’il y ait des conséquences graves. Le chômage partiel c’est bien mais à un moment donné il y aura des licenciements, il faudra revoir le modèle économique et on glisse doucement vers de nombreux dépôts de bilans."

Pour l’instant, pas de signe annonceur d’un basculement de Rennes vers l’alerte maximale. Mais il faut rester vigilant pour maintenir voire améliorer la situation actuelle.