Près de St Nazaire, 2 jours de mobilisation pour Le Carnet

27 août 2020 à 12h00 par Emilie PLANTARD

En janvier dernier, le gouvernement a annoncé une soixantaine de « sites clé en main » à destination des industriels de tous horizons. Parmi eux, celui du Carnet, dans l'estuaire de la Loire. Un collectif s'y oppose fortement et organise un rassemblement ce week-end.

HIT WEST
Crédit: @Collectif Stop Carnet/Facebook

Des « sites clés en main », afin de « répondre de manière efficace aux besoins des industriels internationaux, dans des délais compétitifs ». C’est ainsi que le gouvernement a présenté son projet lors du sommet « Choose France » en janvier dernier. Sélectionner des sites pour leur potentiel industriel, anticiper les procédures administratives d’urbanisme ou environnementales, de sorte que les investisseurs n’aient plus qu’à s’y installer, facilement. 66 emplacements de minimum 50 hectares dans toute la France et parmi eux, 2 dans l’ouest. Le pôle d’excellence industrielle de la Janais, sur le site de PSA, près de Rennes. Et le site naturel du Carnet, à Frossay (44). Ce dernier intéresse le Grand Port Maritime de Nantes-Saint-Nazaire qui, sur 110 hectares, veut y implanter un parc écotechnologique basé sur les énergies renouvelables.
Un collectif, Stop Carnet, s’y oppose. Gabriella Marie en est une des membres actives.


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"Il faut savoir une chose, c’est que Le Carnet, qui est actuellement en friche, et qu’il va y avoir 550.000 m3 de remblais, ils vont bétonner, pour préparer le terrain. On ne sait même pas encore quelles industries vont se positionner sur le Carnet, on bétonne d’abord, on supprime les zones humides. Et après on verra. C’est Youpla boum ! Donc c’est là-dessus qu’on se hérisse, parce qu’en fait Le Carnet, ce sont 116 espèces protégées qui sont menacées, une des derniers couloirs migratoires européens, donc quid de la biodiversité ?"



Un écosystème à préserver


Sur le site du département de la Loire-Atlantique, on apprend que le site du Carnet abrite au moins 15 espèces d’oiseaux, 13 espèces d’amphibiens et reptiliens et 9 habitats naturels d’intérêts communautaires, dont 1 prioritaire… Une incohérence que n’est pas sans rappeler le projet de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, après lequel le président du Conseil Départemental avait précisé vouloir en finir avec l’artificialisation des sols… Le collectif pointe du doigt ces revirements de discours.


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"Sachez que Macron et son gouvernement s’étaient engagés à ce qu’il y ait zéro artificialisation et là on va artificialiser une zone qui est extrêmement importante. Avec la crise climatique, les inondations sont de plus en plus nombreuses, Saint-Nazaire et ses environs sont menacés, et les zones humides servent de tampon et c’est très important pour réguler ces inondations. Donc ce sont 51 hectares qu vont être massacrés… Voilà, je l’ai dit, c’est du massacre !"



Une manifestation sur 2 jours


Alors, plus de quarante après la mobilisation contre le projet de centrale nucléaire au même endroit, les associations locales (sauf LPO) et les locaux se sont organisés. Pour eux, les travaux, censés démarrer à l’automne, de doivent pas avoir lieu. Plusieurs manifestations ont animé le site depuis janvier et un grand week-end de mobilisation est prévu ce samedi et dimanche 29 et 30 août.


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"Régulièrement, on organise des petites invitations pour faire connaître le site aux gens et leur faire connaître les zones humides comme elles sont magnifiques. Et là on rentre dans le vif du sujet en faisant une manifestation qui va durer 2 jours, où on convie les gens, les collectifs, les associations environnementales, pour se rencontrer. Il y aura des points d’écoute, des prises de parole, des concerts, c’est vraiment une manifestation de grande envergure qui durera 1 WE, et qui sera un WE de sensibilisation, en disant regardez ce que le Grand Port Autonome, veut faire."


A l’approche du début des travaux, le collectif n’exclut pas de durcir le mouvement.