Pont-Scorff : Rewild dénonce des accusations mensongères

21 septembre 2020 à 5h14 par Alexandra BRUNOIS

Les nuages s'amoncellent au-dessus de Rewild, 8 mois après la reprise du zoo de Pont-Scorff, près de Lorient. Le collectif veut faire de l'ancien zoo un centre de réhabilitation de la faune sauvage, mais le voilà dans le viseur de la préfecture du Morbihan, et sous le coup d'accusations graves. La direction se défend au micro de Yann Launay

HIT WEST
Crédit: Yann Launay

Après contrôle de la Direction de la protection des populations, l'administration pointe le départ pour équarrissage, sans explication, de 2 tonnes et demi d'animaux morts. Un groupe d'enfants aurait aussi été vu en visite dans le parc malgré une interdiction d'ouverture au public. Des animaux ne seraient pas soignés de façon appropriée...

Un tissu d'accusations mensongères, selon Rewild. Le collectif nous a ouvert les portes de l'ancien zoo, et le directeur tient à répondre point par point à ces accusations. Jérôme Pensu n'y va pas par quatre chemins : pour lui, l'administration est instrumentalisée par le syndicat des parcs zoologiques :

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"On s'attaque à une industrie, qui est l'industrie des zoos, qui pèse 400 millions d'euros de chiffre d'affaire et qui fait 40 millions de bénéfices par an. L'objet de Rewild, qui est de récupérer des animaux saisis, pour les ramener soit en sanctuaire, soit dans la nature, prive les établissements zoologiques d'une manne d'animaux qu'ils font entrer dans le circuit commercial, sous couvert d'opérations de sauvegarde... Il était évident qu'en s'attaquant à cet ogre, on allait avoir des pressions divberses et variées..."

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DES ACCUSATIONS MENSONGERES

Sur la question des cadavres d'animaux partis pour l'équarrissage, Jérôme Pensu dénonce une accusation calomnieuse du directeur de la DDPP :

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"On arrive le 16 décembre... Une semaine après, Jacob, le rhinocéros, meurt, donc on 1,2 tonne de cadavre qui part à l'équarrissage. Et une vache africaine meurt une semaine après, ce sont de vieux animaux... Quand on arrive, les bacs à équarrissage sont pleins : dans ces bacs-là, on a les cadavres d'animaux, et les déchets alimentaires... Le directeur de la DDPP fait une addition, sans nous poser la question, et pour être sûr de faire tomber "cette espèce de résistance beatnik", il balance dans la presse des informations qui sont des diffamations..."

Rewild se retrouve avec des mises en demeure : le collectif a deux mois pour se conformer à la règlementation. Jérôme Pensu affirme que ce qui est reproché à Rewild est en fait le résultat de la mauvaise gestion passée du zoo :

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"Les eaux usées des bâtiments qui vont dans la rivière, c'est un sujet récurrent sur ce zoo, on ne peut pas dire que c'est bien, mais nous on arrive, cela fait 8 mois qu'on est là... Hier on était avec le président de la communauté d'agglo, pour voir comment raccorder une partie des bâtiments au collecteur d'eaux usées... La question que l'on peut se poser c'est pourquoi cela n'a pas été fait plus tôt ?..."

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Des observateurs ont dénoncé la présence de phoques dans un petit bassin d'eau croupie. C'est devant ce bassin où jouent 3 phoques que Jérôme Pensu tient à donner des explications :

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"On a déplacé les phoques ici, le temps de réparer la grande piscine, pour qu'on puisse avoir plus d'espace pour ces animaux en attendant qu'ils partent. L'eau est verte : la couleur verte est due à la présence de phytoplancton. Une piscine bleue, comme les piscines de Marineland, par exemple, sont des piscines qui sont tenues au chlore, qui empoisonnent les animaux qui y sont..."

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UNE INSTRUMENTALISATION DE L'ADMINISTRATION

Sur la présence de jeunes alors que l'ancien zoo est sous le coup d'une fermeture au public, pour Jérôme Pensu c'est l'exemple clair d'une instrumentalisation de l'administration, et du manque d'objectivité du directeur de la DDPP :

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"Il se sert d'une photo volée, faite par l'ancien directeur du zoo, qui malheureusement habite encore sur site... Photo de deux ou trois stagiaires qui viennent visiter leur maître de stage, qui est un de nos prestataires... La DDPP, plutôt que de nous appeler, ou de nous envoyer les gendarmes, envoie un communqué de presse... Qu'est-ce que c'est que cette technique ?"

Pour Jérôme Pensu, Rewild est victime de la haine des parcs zoologiques, mais aussi des anciens propriétaires du zoo, qui souhaiteraient masquer de graves manquements :

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"Des registres vétérinaires qui ne sont pas tenus, et qui ne l'ont jamais été, ça on nous le reproche... En oubliant qu'il y avait des phoques dans l'eau douce, des phoques sans poils... Il y a eu des opérations ici de mauvais traitemnt : des oiseaux ont eu des ailes coupées, à l'age adulte, au sécateur : éxercice illégal de la médecine vétérinaire... Tout ça, on n'en parle pas..."

Rewild est décidé à déposer plainte pour diffamation. Le collectif se dit prêt à répondre aux questions d'un juge d'instruction.