Pas de prison nouvelle en Vendée, réactions

8 octobre 2018 à 4h19 par Dolorès CHARLES

Pas de nouvelle prison en Vendée. Cette annonce a fait réagir les élus tout le week-end.

HIT WEST
Crédit: Pixabay

L’information révélée par le journal « Le Sans-Culotte » a été confirmée dès la fin de semaine dernière : il n'y aura pas de nouvelle prison en Vendée, pour motif budgétaire. Les villes de La Roche-sur-Yon et de Fontenay le Comte s’étaient portées candidates pour accueillir ce nouvel établissement pénitentiaire. Pour Bruno Retailleau, sénateur LR du Département : « la Vendée est notamment victime du reniement des promesses d’Emmanuel Macron, qui avait annoncé la construction de 15.000 places supplémentaires en France alors qu’il n’y en aura finalement que 7 000 » !

Luc Bouard prend acte de la décision...

Les élus PS de La Roche-sur-Yon se refusent à "prendre acte", et appellent "l’Etat à prendre toutes ses responsabilités afin d’assurer au personnel pénitentiaire vendéen des conditions de travail convenables et d’assurer aux détenus et à leurs familles la dignité à laquelle ils ont droit." Le Parti Socialiste appelle aussi les élus de tous bords politiques "à s'allier dans un « front pour la prison » afin de faire aboutir le projet".

[Communiqué complet]

"Pas de prison en Vendée : Macron abandonne une fois de plus les territoires, les services publics et la sécurité.

En février 2017, le ministre de la Justice de François Hollande, Jean-Jacques Urvoas, annonçait la construction d'un nouvel établissement pénitentiaire en Vendée afin de répondre aux importants besoin de notre département en matière carcérale. Cette décision, prise après consultation de l'ensemble des élus locaux, tous bords politiques confondus, offrait une solution durable pour répondre aux enjeux du territoire. La question était définitivement tranchée.

Aujourd’hui, le fiasco est là !
Réparer le présent et préparer l’avenir, telle est l’ambition souvent mise en avant par de nombreuses voix.
Les élus socialistes de La Roche-sur-Yon appellent l’Etat à prendre toutes ses responsabilités afin d’assurer au personnel pénitentiaire vendéen des conditions de travail convenables et d’assurer aux détenus et à leurs familles la dignité à laquelle ils ont droit. Il n'est pas question pour nous de « prendre acte » comme Luc Bouard et de baisser les bras. Bien au contraire nous appelons tous les élus locaux et nationaux vendéens, de tous bords politiques, à s'allier dans un « front pour la prison » afin de faire aboutir le projet.

Dans le monde d’aujourd’hui ou chacun devrait pour disposer d’une liberté fondamentale celle de se savoir en sécurité, est-ce que les prisons rassurent nos concitoyens ?
A l'heure où nos concitoyens sont extrêmement préoccupés par les questions de sécurités la responsabilité des pouvoirs publics est de mieux prévenir et mieux punir. Comment pouvoir prétendre à une bonne incarcération, réinsertion, éducation, formation des détenus dans une maison d'arrêt datant de 1910? Sans parler des conditions de travail difficiles des personnels pénitentiaires maintes fois exprimées par les syndicats locaux.

Les députés LREM, fraichement parachutés sur le dossier, se moquent-ils de nous en évoquant des travaux supplémentaires et des peines externalisées car c'est déjà la pratique depuis de nombreuses années.

Quant à l'agitation inutile de M Bouard sur ce dossier on pourra retenir que ses interventions ministérielles n'ont servi à rien et que son influence est inversement proportionnelle à ses déclarations d'amour macronniennes.

A qui pourrait-il faire croire que dans les 5 ans à venir l’accueil des détenus et de leurs familles ainsi que les conditions de travail des personnels des services pénitentiaires, d’insertion et de probation pourront s’améliorer ?
A-t-il déjà oublié que le réalisme impose de regarder avec lucidité les faits :
- Cette prison fut mise en service en 1910 (et succédant à la précédente située rue Jean Jaurès et construite en 1811).
- Au 1er Janvier 2018 elle hébergeait 71 personnes pour 34 places, soit un taux d’occupation de 208.8% !

Sylviane Bulteau (conseillère départementale de la Vendée, ancienne députée), Stéphane Ibarra (conseiller départemental de la Vendée et conseiller régional des Pays-de-la-Loire), Joël Soulard (conseiller municipal, président du groupe socialiste et apparentés des élus de l'opposition de La Roche-Sur-Yon)."

Réaction aussi dans le Sud-Vendée

A Fontenay-le-compte, autre ville candidate avec La Roche s/yon pour accueillir cette nouvelle prison, le maire Jean-Michel Lalère se dit « très déçu d’apprendre qu’aucun Centre Pénitentiaire ne se fera en Vendée ». Une déception qui s’ajoute à l’abandon du projet de l’A-831. L'élu demande une desserte rapide vers La Rochelle « pour le développement économique du territoire, » car pour lui, c'est le Sud-Vendée est encore une fois oublié !