Bretagne

Où verra t'on le Pavillon Bleu cet été ?

22 mai 2019 à 16h53 Par Katell LAGRE
Le palmarès 2019 des Pavillons Bleus a été présenté aujourd'hui à Plouhinec, dans le Morbihan. Cette année 395 plages, 107 ports de plaisance, sur 188 communes au total, pourront hisser le pavillon bleu. Dans l’Ouest, le drapeau flottera sur 37 plages ou ports : 20 en Pays de la Loire, et 17 en Bretagne administrative.

Le pavillon bleu est attribué depuis 1985 par l’association Teragir, qui milite pour l’éducation à l’environnement. Pour obtenir le pavillon, une commune doit se porter candidate, et remplir une listes de critères, que nous résume Thomas Joly, responsable du label Pavillon Bleu :

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« Avant toute chose, on s’intéresse à l’environnement général de la collectivité, derrière, l’objet social de notre association, c’est l’éducation au développement durable, et on va demander à nos lauréats de développer au moins 5 actions dans le domaine de l’éducation. Troisième famille : la gestion des déchets, et enfin la qualité des eaux de baignade : sur les 4 années précédent l’attribution du Pavillon, la qualité des eaux doit être excellente. .. »

Dans l’Ouest, plusieurs lauréats décrochent le Pavillon Bleu pour la première fois : c’est le cas de Plouha, dans les Côtes d’Armor. La commune était déjà labellisée « Station verte » et tenait à décrocher aussi le Pavillon Bleu, comme l’explique Philippe Delsol, maire de Plouha :

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« C’est la suite logique, la reconnaissance de tout ce que l’on a fait depuis de nombreuses années dans la protection de l’environnement : nos eaux de baignade sont très bonnes, toutes nos plages sont accessibles aux personnes à mobilité réduite, sans parler du tri des déchets, de l’éducation à l’environnement dans nos écoles.. C’est une suite logique, et puis on espère aussi au niveau touristique avoir des retombées.. »

En Pays de la Loire, 4 communes décrochent le Pavillon pour la première fois : La Baule et Pornichet pour leurs plages, l’Ile d’Yeu pour son port de plaisance, et Plessé, (près de Blain, en Loire-Atlantique) pour son étang : l’étang de Buhel. Une grande satisfaction pour Sylvie Kuhn, adjointe au maire de Plessé :

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« On est très fiers, on va beaucoup communiquer sur le Pavillon Bleu. C’est une reconnaissance d’un travail fait depuis des années. Notre commune n’a pas de bord de mer, niveau tourisme c’est un petit peu triste, donc on se dit que le Pavillon peut aussi nous apporter un peu plus de monde.. »


Le Pavillon Bleu est une reconnaissance, mais qu’apporte-t-il véritablement aux communes ? La réponse de Jo Daniel, maire de Guidel, dans le Morbihan, lauréate pour la 6ème année consécutive :

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« Il certifie la qualité de nos eaux de baignade et la qualité de nos plages, c’est un élément de l’attractivité de notre ville : les gens qui viennent chez nous y sont très sensibles, notamment les touristes qui viennent des Pays-Bas, de Belgique, d’Allemagne, du Danemark.. »

Autre réponse, celle d’Irène Geoffroy, maire de Saint Michel Chef Chef, en Loire-Atlantique, avec son adjoint au littoral Daniel Charpentier. St Michel Chef Chef est labellisée Pavillon Bleu depuis 1998 (avec une seule année sans label : l’année de la marée noire de l’Erika) :

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« C’est l’image de la commune, c’est un label reconnu… Pour les touristes, je pense que c’est un vrai plus.. surtout les touristes du Nord : Belgique, Pays Bas, Allemagne, très sensibles au Pavillon Bleu.. »

Fouesnant, dans le Finistère, arbore le Pavillon Bleu depuis une vingtaine d’années, et pour le maire, Roger Le Goff, ce n’est pas un simple gadget :

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« Si c’était un gadget, on ne le ferait pas.. On a une obligation de résultat, on a une pression sur la qualité de l’eau.. le traitement des eaux usées doit être irréprochable, c’est une démarche en permanence.. »


Le Pavillon Bleu est remis en cause chaque année, et certaines plages ou ports de plaisance peuvent le perdre (c’est le cas cette année à Saint Lunaire, en Ille & Vilaine, et à Saint Jean de Monts, en Vendée). Les causes peuvent être multiples, comme l’explique Thomas Joly, responsable du label Pavillon Bleu :

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« On peut disparaître du palmarès parce qu’on ne présente pas sa candidature, parce qu’on n’en a plus la volonté, mais il y a aussi une variabilité qui peut intervenir d’une année sur l’autre : une dégradation de la qualité des eaux de baignade, une dégradation de la collecte des déchets.. Nous avons une visite obligatoire chaque année, sur chacun des sites, pour nous assurer de la bonne concordance entre nos critères et la réalité sur le terrain.. »

Mais si le label Pavillon Bleu correspond bien à une réalité, et s’il peut aider au développement touristique, pourquoi n’y a-t-il pas un plus grand nombre de communes candidates en France ? (188 communes labellisées cette année, sur plusieurs milliers de communes dotées de plages ou de ports de plaisance. En Europe, la France arrive en 3ème position pour le nombre de pavillons bleus, derrière l’Espagne et la Grèce) :

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« Pour la simple et bonne raison qu’il y a encore beaucoup de travail à faire en France pour avoir une eau d’excellente qualité et répondre aux critères du Pavillon Bleu : aujourd’hui, dans l’Union européenne, il y a 85% des sites de baignade qui sont en qualité excellente, en France il n’y en a que 77%.. »

Reportage de Yann LAUNAY.