Octobre rose, entre maintiens et annulations

2 octobre 2020 à 5h37 par Emilie PLANTARD

L'opération Octobre Rose, organisée depuis 27 ans pour lutter contre le cancer du sein, est lancée et s'adapte à la situation sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19. Moins de rassemblements physiques cette année, mais des propositions virtuelles aux quelles tout le monde peut participer !

HIT WEST
Crédit: @cancerdusein.org

Depuis 1994, le mois d’octobre est tourné vers la prévention du cancer du sein en France, ce cancer qui risque de toucher 1 femme sur 8. Un mois d’animations, de rassemblements, de manifestations pour informer et prévenir. Dans l’ouest, de nombreuses associations ont fait le choix de transformer leurs courses et marches en événements virtuels. Ce sera peut-être le cas du comité Féminin 49 à Angers, dont le rassemblement doit se tenir le 11 octobre prochain. Marie-Anne Béchu est présidente du comité Féminin 49, et comme de nombreux bénévoles, elle tient à assurer ce rendez-vous, peu importe comment :

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"On est toujours aussi mobilisé, on est toujours plein d’enthousiasme pour soutenir ces causes, malheureusement sur le plan de l’organisation on est obligé de modifier, mais même en version numérique, c’est-à-dire sans être présents tous ensemble, on peut chacun chez soi, chacun près de chez soi, montrer sa solidarité, montrer qu’on est là et qu’on aurait bien aimé que ça se passe différemment mais cette année c’est comme ça."

L'importance du depistage

Chaque année, ces rassemblements gagnent en participation. A Angers, l’association réunissait 250 tee-shirts roses il y a 10 ans, elle en a compté 12.000 en 2019. Un succès qui appuie l’importance du message délivré au cours de cette mobilisation générale.

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"C’est important parce qu’un dépistage précoce favorise les chances de guérison, et permet d’avoir des traitements moins lourds si nécessaire, c’est important parce que passer le message de la prévention par l’activité physique c’est essentiel. On sait que l’activité physique permet de limiter l’incidence du cancer du sein mais aussi de bien d’autres cancers. Et puis c’est important parce que c’est vraiment un moment festif, un moment où les familles se retrouvent autour d’une personne malade, en mémoire d’une proche décédée et on est en communion pour une même cause."

Le confinement a fait du mal...

Une sensibilisation d’autant plus que l’année 2020 a été particulièrement perturbée par la crise sanitaire et le confinement lié à la pandémie de Covid-19. Hôpitaux mobilisés, examens retardés voire annulés… De nombreuses femmes n’ont pas pu ou ont renoncé à se faire dépister et la situation est inquiétante.

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"La Covid bien sûr a provoqué des maladies et des décès, on sait aussi et on va le mesurer dans les mois qui viennent, que les dégâts collatéraux sont importants aussi. Beaucoup de ces femmes sont restées chez elles parce qu’i y avait le confinement, parce que certains cabinets de radiologie étaient fermés, or si le dépistage est fait tardivement, est repoussé, ça peut bien évidemment avoir une incidence sur les effets de la maladie, et puis parfois c’est repoussé de quelques mois mais si c’est repoussé d’1 ou 2 ans, c’est encore plus péjoratif."

Le message doit passer

Une aggravation dont la prévention n’avait pas besoin. La présidente du comité Féminin 49 note une baisse de vigilance depuis environ 2 ans. Or, les femmes entre 50 et 74 ans sont invitées à se faire dépister tous les 2 ans, gratuitement, via une mammographie. Elles sont encore trop peu à le faire, moins de 50% en France, un peu plus en Bretagne et Pays-de-la-Loire.

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"Dans le Maine-et-Loire on est quand même bien placés puisqu’on a 59% des femmes qui répondent à cette proposition de mammographie par le dépistage organisé, mais il en reste 40% qui ne répondent pas au dépistage. Et donc il y a des femmes qui ne font pas de mammographies. Pourquoi ? Souvent la peur du diagnostic, peut-être aussi une situation socio-économique qui fait que ce n’est pas dans les priorités de prendre soin de soi et c’est pour ça qu’il y a encore un gros travail d’information à faire."

Il faut rappeler qu’il est nécessaire d’aller consulter un médecin traitant au moindre doute. Près de 59.000 cancers du sein ont été détectés en France en 2018.