Non le métier de croque-mort ne sent pas le formol !

30 octobre 2018 à 5h52 par Dolorès CHARLES

C'est nouveau, et c'est surtout la seule en France : une formation en apprentissage pour devenir opérateur funéraire est proposée depuis l'an dernier aux Herbiers.

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Crédit: Pixabay

Montée à la demande des artisans funéraires, la formation a été validée par les Chambres professionnelles, le Conseil Régional des Pays de la Loire et le Rectorat de Nantes, avant d’être ouverte aux apprentis. Elle comporte 14 semaines de cours et le reste de l’année se fait en entreprise. Jusqu’alors seule une petite formation de 4 semaines était possible… Régis Bossard, le directeur de la formation et de la MFR La Louisière (Herbiers) nous donne le programme des réjouissances avec Dolorès Charles.

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"Ces jeunes apprennent d'abord le diplôme de conseiller funéraire, ensuite ils apprennent la gestion du cimetière, il y a un module sur la réalisation et pose du caveau, un module sur les toilettes mortuaires, un module sur le porteur, psychologie et sociologie du deuil, etc. Après à leur demande (ndlr : des entreprises funéraires), on leur amène nous des modules importants sur tout ce qui est commercial, technique de vente, tout ce qui est un peu lié, et on a ajouté un module aussi sur l'image de soi.

[Alors comment sont ils recrutés ces jeunes ? A priori, vous avez pas mal de demandes, si j'ai bien compris, comment vous faites votre sélection ? Dolorès]

Alors la sélection, c'est d'abord moi CFA, qui les reçoit en entretien de positionnement, en posant de nombreuses questions sur leur mobilité, les contraintes liées à ce métier, le fait qu'il faille en même temps avoir une démarche d'empathie envers la famille et aussi un sens commercial. C'est un entretien de positionnement assez précis. Je teste un peu ce qu'ils "ont dans le corps", car c'est un métier où il faut savoir prendre beaucoup de recul, et à partir de là, je les adresse aux entreprises. Je leur dis tiens, il y a deux trois personnes qui vont vous contacter. Voilà, mais en définitive ce sont vraiment les entreprises qui recrutent. On est bien d'accord, ce sont elles qui ont le dernier mot."

Ne va pas au cimetière qui veut...

Les critères sont rigoureux pour intégrer les Pompes Funèbres. La formation dure un an, je le disais 14 semaines de cours et le reste de l’année scolaire en entreprise pour ces jeunes recrues attirées par le secteur du funéraire. Trois profils se distinguent pour Régis Bossard.

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"Ce sont soit des sorties d'école, des personnes qui sont dans un BAC Pro ou dans un BAC général. Le deuxième profil, ce sont plutôt des gens qui travaillaient dans des métiers du social, et le troisième public ce sont plutôt des commerciaux. C'est un secteur qui recrute ! Pour la première promotion, ils étaient huit, et il y a eu 100% au BAC Pro commerce spécialisé funéraire, et on a aussi 100% dans le diplôme de conseiller funéraire, car ils passent les deux diplômes (la même année) !"

Un secteur à forte employabilité !

Aujourd'hui, le funéraire renaît de ses cendres, et le secteur est même caractérisé par sa forte employabilité pour le directeur de la MFR des Herbiers. « L’effet papy-boom », mais pas que.

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"Malheureusement, la démographie fait qu'il y a de plus en plus de décès. On entre dans les anneés de papy-boom exactement. Dans ces métiers là, il y avait aussi beaucoup de personnes avec un certain âge, c'est donc lié à la pyramide des âges. Il y a enfin  des entreprises qui se développent et qui ont de la peine à recruter. Elles se sont dit qu'il fallait faire quelque chose pour attirer les jeunes dans ce métier."

C’est aussi plutôt bien payé, puisque selon les entreprises et le degré de responsabilité, un jeune peut commencer à 1500 euros Brut, et jusqu’à 2500 euros.

Les inscriptions sont ouvertes pour l’année scolaire 2009-2010. Après une promotion de 8 élèves, et de 9 cette année, la MFR dispose de 14 places. Premiers critères, avoir entre 18 et 30 ans et le BAC minimum.