Michelin : Ce qui attend les salariés en Vendée

17 octobre 2019 à 5h33 par Emilie PLANTARD

Le 10 octobre dernier, Michelin avait confirmé la fermeture de son site de La Roche sur Son en Vendée, probablement plus rapidement qu'annoncé. La direction s'apprête à négocier le reclassement des 619 salariés avec les syndicats.

HIT WEST
Crédit: Michelin.recrutement

Depuis déjà plusieurs mois, les 619 salariés avaient dû s’adapter à une baisse d’activité sur leur site de La Roche-sur-Yon ; Ils vont désormais devoir choisir la direction à prendre pour leur avenir. Michelin a fait le choix de fermer l’usine vendéenne, spécialisée dans la fabrication de pneus poids-lourds et victime d’un marché en pleine mutation.

Jean-Paul Chiocchetti est directeur des ressources humaines :

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"Le marché complet c’est un marché qui stagne ou en légère croissance mais à l’intérieur du marché, ce qu’achètent les clients sont passés d’une partie de pneus « haut de gamme », où se situe Michelin de haute technologie qui est la production de La Roche, dans des pneus « entrée de gamme » qui eux, ne peuvent être produits dans des pays où la masse salariale est nettement plus faible qu’en Europe de l’ouest."

Un plan d'accompagnement à négocier

Annoncée initialement à échéance fin 2020, la fermeture du site pourrait cependant être effective dès le début de l'année si suffisamment de salariés décident de partir rapidement. En effet la direction assure que ceux qui choisiraient de répondre à une offre, interne ou externe, dès à présent profiteront de toutes les mesures du plan de reclassement. Concernant les négociations, l’intersyndicale doit consulter le personnel de l’usine. Les premières discussions pourraient avoir lieu courant de se semaine prochaine, pour une issue avant Noël, espère la direction.

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"Il y a au moins 3 types de mesures dans ce cadre d’un arrêt complet d’une activité : Des mesures d’âge volontaires, de la mobilité interne puisque Michelin va proposer à chacun des salariés plusieurs postes et de la mobilité externe volontaire pour tous ceux qui choisiraient de ne pas être mobiles."

Selon Jean-Paul Chioccetti, autour de 80 personnes pourraient bénéficier d’une retraite anticipée. Les autres auront la possibilité de rester dans l’entreprise (42 personnes sont déjà actuellement en détachement) ou être accompagnés vers une autre voie. Le groupe a déjà reçu plus de 300 propositions de postes.  

Le site de Cholet impacté

A Cholet, on regarde cette fermeture de près… 74 personnes travaillaient pour le site de La Roche sur Yon et sont par conséquent concernées par sa fermeture. Elles se verront toutes proposer un poste à Cholet ou un départ en retraite anticipé. La direction va également faire en sorte de geler les recrutements sur le site de Cholet, où il serait possible de reclasser des salariés.

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"Aujourd’hui il y a effectivement 74 suppressions de postes à Cholet dont la moitié seront probablement dans les conditions de mesures d’âge. Quand on regarde le besoin, c’est-à-dire le reclassement de ces 74 personnes, tous les progrès de compétitivité que ce site a besoin de faire… Nous avons encore 100 postes à pourvoir. Donc nous allons proposer plus d’une centaine de postes à Cholet, en mutation interne."

La direction s'engage par ailleurs à rembourser toutes les subventions que le site de Cholet aurait perçu ces dernières années de la part de l'Etat ou de la région. Une évaluation des sommes serait actuellement en cours.

Côté syndicat...

... On ne décolère pas. Un mouvement de grève est organisé ce jeudi 17 octobre sur tous les sites, pour dénoncer cette fermeture jugée scandaleuse puisque le groupe engendre beaucoup de bénéfices. Denis Plaut est délégué CGT à Michelin :

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"Il y a 615 salariés sur la Roche. Il y a 4 ou 5 ans ils avaient eu un plan de réactivité donc des sacrifices supplémentaires en 4x8 et 7 jours sur 7, des horaires extrêmement dures, sous prétexte qu’il devait y avoir des investissements, les investissements on ne les a jamais vu, les machines ne sont jamais arrivées et aujourd’hui l’usine va fermer. C’est de la colère en fait parce que je rappelle que Michelin c’est 1,8 milliards de bénéfices net en 2018."