Manifs : grosse mobilisation dans l'Ouest

22 mars 2018 à 15h22 par Katell LAGRE

HIT WEST

L'appel à la mobilisation dans la fonction publique a été bien suivi dans l'Ouest. On a compté jsuqu'à 20 000 personnes dans les rues de Bretagne. Entre 5.600 et 7.500 manifestants à Rennes, 4.000 à Brest, 3.500 à Saint-Brieuc, 2.400 à Lorient, 2.300 à Quimper, 1.200 à Morlaix, 1.200 à Lannion.

Plus d'un millier de manifestants dans le cortège vannetais, avec comme ailleurs un très large éventail de professions et de secteurs représentés. Parmi les manifestants :de nombreux agents de la fonction publique hospitalière, comme Odile, aide-soignante à l'EPSM (Etablissement public de santé mentale) de Saint Avé, qui déplore une dégradation continue des conditions de travail, et le développement d'une pure logique comptable :

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"C'est de la gestion, on n'est plus dans le soin. On ne s'y retrouve pas, et les usagers non plus. On est des numéros, il faut faire des économies, fermer des lits, supprimer du personnel. Aujourd'hui on a beaucoup plus de pression, une fatigue énorme, en fait on nous demande de travailler mieux avec moins, moins de personnel, moins de salaire.."

Des agents de la fonction publique qui défilent aussi pour une augmentation de leur rémunératin, pour le dégel de la valeur du fameux point d'indice, qui sert au calcul des salaires. Stéphanie est employée dans une maison de retraite de Vannes :

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"On nous demande plein de missions et nos salaires de sont pas augmentés. J'ai 20 ans de carrière et je suis à 1600 euros par mois, en travaillant deux dimanches chaque mois. Il y a des contrantes familiales, des horaires décalés, et nos salaires n'augmentent pas. On a besoin aussi d'une reconnaissance de notre travail.."

Les enseignants eux aussi sont très représentés dans le cortège. Irène est prof à l'école élémentaire de Locoal-Mendon, elle défile avec plusieurs collègues avant tout pour de bonnes conditions de travail, pour les enseignants et pour les élèves :

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"Nous c'est parce qu'on a des fermetures de classes dans nos écoles, et qu'on se retrouve avec des classes surchargées. Il y a des choses qui sont mises en place et qui sont très intéressantes : 12 élèves par classe dans certains milieux en difficulté, c'est important qu'on le garde, mais il ne faut pas retirer des moyens à certaines écoles pour les mettre ailleurs.."

On croise aussi dans le défilé de nombreux agents des impôts, parmi eux : Annie, inquiète de voir fondre les effectifs et les missions des finances publiques :

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"Cela nous inquiète surtout pour le service rendu aux usagers : on parle d'obliger les gens à faire leur déclaration sur internet, alors qu'ils n'ont pas forcément les capacités et les moyens de le faire, donc ils vont être obligés de payer des personnes extérieures pour faire un service que nous on offrait gratuitement.."

Les revendications sont nombreuses et diverses, mais pour Annie, la convergence est logique, puisqu'il s'agit de défendre un service public menacé selon elle dans son ensemble par une privatisation rampante :

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"Le service public c'est très important parce que c'est ce qui reste aux gens les plus fragiles, c'est aussi la transparence, légalité de traitement de tous les citoyens. On se bat contre la privatisation de nos services. C'est grave pour les agents du service public, mais c'est grave aussi pour les usagers, qui paieront beaucoup plus cher un service privé, service privé qui sera moindre que le service public, et moins transparent.."

Reportage de Yann Launay.

Des affrontements à Nantes .... 

En Pays de la Loire, on a compté jusqu’à 5 000 personnes dans les rues d’Angers, 2 000 à ST Nazaire.
A Nantes : 8 500 selon la police, 10 000 selon l’intersyndicales avec des heurts dès le début de la manifestation entre un groupe de manifestants cagoulés et les forces de l’ordre qui ont répliqué en faisant usage de lances à eau et de grenades lacrymogènes. Huit personnes ont été interpelées.

Jeudi noir à l'éducation et dans les transports ...

Environ 1 enseignant sur 3 a suivi le mouvement aujourd’hui. Certaines écoles sont restées fermées. Pour d’autres cela s’est limité à un service minium d’accueil.
Souvent il n’y a pas eu de cantine ce midi et pas de garderie ce soir.

Perturbations également à la SNCF : seuls  4 TGV sur 10 roulent ce soir et 1 TER sur 2.
Le retour à la normale est prévu pour 8h demain matin.

Des dizaines de vols ont également été annulés dans les aéroports de Nantes, Rennes ou Brest.

Attention, chez Air France, la grève continue demain, et elle (re)démarre à la SNCF pour 3 mois le 3 avril.
Une grève en pointillé, 2 jours sur 5 en semaine.