Bretagne

Malgré les élections, les maires restent en place

26 mars 2020 à 14h50 Par Emilie PLANTARD
Crédit photo : Hit West

Après le 1er tour des élections municipales, maintenu malgré l’avancée du virus Covid-19, de nouvelles équipes ont été élues. Pourtant, confinement oblige, elles ne peuvent pas prendre leur fonction. Exemple à Saint-Gildas-des-bois en Loire-Atlantique, où le maire avait déjà des projets d’après-mandat.

Maire de Saint-Gildas-des-Bois depuis 1983, André Trillard, 73 ans, pensait couler des jours heureux après les élections municipales. Voyage, retrouvailles avec d’anciens collègues vétérinaires, commémoration de l’appel du 18 juin à Londres… Tout était planifié, il n’en sera rien. Car André Trillard est toujours maire de sa commune et le sera jusqu’au prochain conseil municipal de la commune, envisageable après la période de confinement. Comme de nombreux élus, il a dû se plier aux contraintes de cette crise sanitaire, malgré la victoire dès le 1er tour de la nouvelle équipe municipale :

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"J’avais la décision de raccrocher, j’avais consulté mes adjoints, il y en avait 3 qui étaient prêts à repartir, et puis ils ont fait une liste et la liste a été élue en totalité car il n’y avait pas de concurrence. Donc nous avons virtuellement le maire de Saint-Gildas sauf qu’il n’a pas pu être élu puisque le vendredi matin, la préfecture nous a fait savoir que les conseils municipaux d’installation ne pouvaient pas avoir lieu à cause du Coronavirus. Pour l’instant il n’a pas été élu maire, il n’est pas officié de police judiciaire, il ne peut pas exercer la plénitude des fonctions et c’est une complication."

Le devoir républicain

Une seule certitude pour l’instant, les équipes élues au premier tour le sont de manière définitive, à une date encore inconnue. En attendant l’officialisation de cette élection, c’est donc le maire en place qui doit garder ses fonctions et faire front pendant cette crise sans précédent :

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"Alors ça implique pour moi que j’ai les responsabilités légales, ça implique pour moi que le matin même, vendredi dernier, j’ai dit à mon assureur (on a une assurance responsabilité civile en plus de l’assurance de la ville) j’ai dit à mon assureur au 1er avril, vous arrêtez, il a enclenché le processus d’arrêt, il a fallu réenclencher. Je suis donc responsable légalement des services de la commune, des bâtiments communaux, de la tranquillité et de la sécurité publique et je dois prendre les mesures pour tout contrôler."

Vivement la retraite !

Ce n’est certainement pas le scénario qu’avait le futur ancien maire dans la tête, mais André Tillard relativise et reste concentré sur la santé de ses administrés. Quand on lui demande s’il éprouvera un petit pincement au cœur lorsqu’il devra rendre définitivement son écharpe d’élu, il est catégorique :

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"Mes fonctions de maire ne vont pas me manquer parce que les fonctions que j’exerce aujourd’hui ce n’est pas la plénitude des fonctions de maire. Tous les chantiers sur la commune sont arrêtés, des projets que nous avions dans le centre-ville… On ne peut plus monter de réunion. Voilà ! C’est une fonction de protection des populations que j’exerce, plus qu’une fonction de maire avec des écoles qui fonctionnent, des services, des enfants, des personnes âgées… Ensuite c’est une fonction de vie familiale. Pas facile, il y a eu un mariage samedi à Saint-Gildas, il y avait 8 personnes. Les enterrements nous devons veiller à ce qu’il y ait moins de 20 personnes. Comment voulez-vous regretter ça ?"

Une fin de mandat bien chaotique, donc, pour le maire qui aura honoré ses fonctions pendant plus de 35 ans. Et qui patiente encore un peu, pour une retraite bien méritée !