Pays de la Loire

Loire-Atlantique : Le mauvais élève de la sécurité routière

16 janvier 2020 à 10h35 Par Emilie PLANTARD
La D751, entre Nantes et Pornic, est particulièrement accidentogène

Les routes de Loire-Atlantique ont causé la mort de 71 personnes en 2019, soit 37% de plus qu’en 2018. Le préfet du département pousse un cri d’alarme.

Telle une réunion de crise, les acteurs de la sécurité routière étaient réunis à la préfecture pour parler des chiffres de 2019. Si le nombre d’accidents a globalement baissé sur le département, passant de 653 à 585, la mortalité, elle, a augmenté de 37%. Inadmissible pour Claude D’Harcourt, le préfet de Loire-Atlantique, très en colère.

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"Le terme « être en colère » me convient, c’est-à-dire que je pousse un coup de gueule, oui, les chiffres sont catastrophiques, nous sommes passés de 52 tués en 2018 à 71. C’est-à-dire que ce n’est même pas un plateau, c’est une hausse plus de 30%. Cette situation, en plus, est plutôt atypique en France, d’autres départements de la région la connaissent, sauf la Mayenne. Ce n’est pas à la hauteur de ce que ce département mérite, ce n’est pas à la hauteur des familles qui sont concernées, c’est un immense gâchis, tout le monde doit se ressaisir sur cette question." 

La dégradation des radars en partie responsable ?

Globalement, les forces de l'ordre constatent un certain laisser-aller de la part des automobilistes sur le département. Vitesse, téléphone, alcool... Les ligériens ont peut-être moins fait attention à leurs comportements au volant et les premières victimes en sont les usagers dits vulnérables, qui représentent 50 % des victimes, dont 18% de piétons. Autre problème avancé par le préfet : La vitesse. L'épisode Gilets Jaunes a conduit à la dégradation de nombreux radars fixes sur le territoire et il apparaît difficile de ne pas faire le lien.

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"Je pense que quelques concitoyens ont passé leur colère sur les radars, c’est un geste stupide. Le fait qu’il n’y a plus de radars a une conséquence assez claire sur les dépassements de vitesse et sur une sorte de laisser-aller général.

Il y a un relâchement. On peut penser que le contexte actuel a fait qu’un certain nombre de nos concitoyens sont dans cette logique de relâchement et c’est pour ça qu’il y a une prise de conscience qui est nécessaire. Il y a aura plus de répression, c’est nécessaire, mais la question de l’esprit civique, elle se pose aussi. Nous avons lâché prise. Il faut considérer que les choses ne sont pas inéluctables, nous pouvons et nous devons nous ressaisir sur cette question."

Des comportements extrêmes

66% des tués l'ont été hors agglomération, principalement sur les routes départementales (tendance générale). Un des leviers de la sécurité routière est la répression, bien sûr. Or les suspensions administratives liées à la vitesse ont quasiment doublé entre 2018 et 2019, passant de 514 à 1024. Alcool stable, stupéfiant en hausse de 4%.

Commandant Gilles Féliard, Escadron de gendarmerie Sécurité Routière De Loire-Atlantique :

"Le problème c’est le comportement irrespectueux. Je ne parle pas des infractions mineures, mais d’infractions caractérisées et graves, comme la conduite en état second due à l’alcool ou à la prise de stupéfiants, voire les 2 parce qu’on constate une augmentation de ce cocktail explosif qu’est alcool + stupéfiant. Et puis toujours la vitesse. La vitesse très excessive, et/ou totalement inadaptée ou inappropriée aux circonstances. Le constat il est grave, il y a une minorité qui roule très vite, de plus en plus sans permis de conduire et de fait, sans assurance. On constate également qu'on a de plus en plus de refus d'obtempérer, de refus de contôles et quand on les rattrape, on se rend compte que ce sont des gens qui n'ont pas de permis parce qu'ils sont récidivistes."

 Et l’année 2020 commence particulièrement mal. Au 15 janvier 2018, aucun décès n’était recensé sur les routes du département alors qu’on en comptabilise déjà 7 aujourd’hui.

Chaque jour en Loire-atlantique, on compte en moyenne 22 infractions liées à l’utilisation d’un téléphone ou d’un GPS, 15 conduites sous l’emprise de l’alcool, 5 sous stupéfiants, 9 infractions pour non-respect des priorités et 4 conduites sans permis.