Bretagne

Les Urgences de nouveau dans la rue

14 novembre 2019 à 05h30 Par Emilie PLANTARD
Crédit photo : Hit West

Entamée mi-mars à Paris puis fin avril à Nantes, début mai à Angers, fin mai à Rennes et Brest… La grève des urgences perdure et ne faiblit pas. Les personnels soignants et les tous ceux qui les soutiennent sont invités à manifester dans plusieurs villes ce jeudi.

Le mouvement de grève aux urgences est inédit mais la fatigue du personnel, elle, dure depuis trop longtemps. 2 mois après les annonces de la ministre de la santé Agnès Buzyn, le collectif Inter Urgences ne décolère pas, il a même été rejoint par un collectif Inter Hôpitaux en septembre dernier. Car au sein des hôpitaux, les services n’ont vu aucun changement depuis leur coup de gueule, malgré leurs souffrances quotidiennes. Christophe Le Tallec est vice-président de l’Inter Urgences à Nantes, il déplore cette situation :

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"Les galères sont toujours les mêmes, nous rencontrons toujours les mêmes problèmes dans la prise en charge des patients. Aujourd’hui nous ce qu’on demande c’est des moyens. Il y a les annonces financières qui sont des annonces. Alors on peut travailler sur le long terme mais il nous faut aussi des réponses de façon urgente. Nous ne sommes pas contre réfléchir une organisation nouvelle mais en renforçant les moyens pour soutenir notre hôpital public qui est en souffrance. "

Une mobilisation qui prend de l'ampleur

Brest, Quimper, Vannes, Saint-Malo, Rennes, Nantes, Angers… Dans l’ouest, une vingtaine de services d’urgences est toujours mobilisé. A Nantes, 41 médecins urgentistes annoncent rejoindre le mouvement (source Ouest-France), qui regroupe désormais les 2 collectifs ainsi que les syndicats (CGT/FO/Acteur Santé/CFE-CGC) ; Même la direction ne s’y oppose pas. La colère prend de l’ampleur devant l’immobilisme du gouvernement face aux besoins.

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"Aujourd’hui c’est 269 services d’urgences qui sont toujours en grève. Nous n’avons pas vu de personnel arriver, nous n’avons pas vu d’ouvertures de lits, nous n’avons pas eu d’augmentations de salaires… Aujourd’hui ce sont non seulement les urgences qui sont en grève, mais c’est l’ensemble de l’hôpital qui est en train de se mobiliser à travers le collectif Inter hôpitaux avec des médecins et des para-médicaux pour défendre un accès aux soins pour tous, pour défendre l’ouverture de lits, la création de postes, une reconnaissance salariale des professionnels de santé."

Toujours les mêmes attentes

A Nantes, ils seront une quinzaine de membres du personnel à monter à la capitale pour manifester. Leurs revendications sont toujours les mêmes qu’en début d’année lorsque le mouvement a démarré.

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"Il faut du personnel et nous, dès le début, on avait demandé l’embauche de 10.000 personnes au niveau des urgences, c’est un chiffre réaliste. On demande une attractivité meilleure donc une revalorisation salariale de 300 euros, pour nous mais aussi pour nos collègues hospitaliers car nos salaires n’ont pas été revalorisés depuis bien longtemps et aujourd’hui nous avons du mal à recruter. Les écoles d’aides-soignants ne sont remplies qu’à 40% du taux de remplissage donc c’est inquiétant compte tenu du vieillissement de la population. Donc voilà ce qu’on demande."

A Nantes, la manifestation partira à 14H30 depuis la place Alexis Ricordeau devant le CHU. A Rennes, le rassemblement est prévu à Pontchaillou. Dans la Région, débrayage dans le Hall de la Cité Sanitaire de Saint-Nazaire entre 13h30 et 16h, et à Angers devant la préfecture entre 10 et 15 h. Un car partira de Cholet pour Paris où le départ de la manifestation est fixé à 14H.

Au CHD de La Roche, la situation s’est améliorée depuis l’arrivée de six aides-soignants et six infirmiers cet été. Des postes supplémentaires qui ont soulagé le personnel. Pour éviter d’encombrer les urgences un numéro a été mis en place : le 116 117.