Pays de la Loire

Les plats préparés s’emballent pour le bois

14 janvier 2020 à 10h14 Par Emilie PLANTARD
Crédit photo : Hit West

Le leader des plats cuisinés en France, Fleury Michon, innove en proposant des contenants en bois. Le début d’une nouvelle aire sans plastique ? Reportage en Vendée.

Il aura fallu plusieurs mois de travaux dans l’usine de Mouilleron–Saint-Germain en Vendée et près de 6 millions d’euros d’investissements pour aboutir à ce nouveau plat cuisiné, gratiné, conditionné dans une barquette en bois, issu de peupliers français. Les préparations ne sont plus cuites et stérilisées directement dans les poches plastiques mais gratinées au four, grâce à un audacieux procédé de fabrication. La qualité des plats s’en trouve améliorée mais c’est surtout une grande économie de plastique. Aujourd’hui, seul un film fin enveloppe les plat individuels.
Jean-Michel Lerat, directeur usine plats cuisinés Fleury Michon :

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"Grâce à ce lancement de la gamme en barquette bois, on a réussi à réduire de 80% la consommation unitaire de plastique. Autrement dit, sur l’année 2020, grâce aux 1500 tonnes de barquettes bois qui seront commercialisées, on va économiser 50 tonnes de plastique sur l’exercice. On en garde un petit peu parce qu’on a toujours besoin de plastique de surface qui vient faire le scellage de la barquette mais si on arrive à valoriser ces produits-là à leur juste prix sur le marché, on peut imaginer qu’à horizon quelques années, on ait effectivement beaucoup moins de plastique dans les rayons et beaucoup plus d’emballages écoresponsables."

Une nouvelle gamme au rayon frais

Tartiflette au reblochon, endives au jambon gratinées, parmentier de bœuf charolais… Au total, 10 recettes ont été élaborées avec ce nouveau procédé, dont 2 bio. Vendues depuis octobre 2019, à un prix moyen de 4 euros 10, soit un peu plus cher que les plats classiques (3 euros 60 environ), elles sont pour l’instant un pari, que l’industriel compte bien gagner.

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"Aujourd’hui, produire ce type de produits en barquettes bois nous coûte plus cher, en emballage. Il faut savoir qu’une barquette bois coûte 5 fois plus cher qu’une barquette plastique. Il faut aussi savoir un autre paradoxe, on a une éco-contribution, l’ancienne écotaxe, qui est plus importante sur les barquettes bois que sur les plastiques. Donc à nous de travailler avec nos fournisseurs, pour faire en sorte que ces produits soient de plus en plus connus, que les volumes montent et on arrivera grâce des économies d’échelle à rééquilibrer les prix de production sur le marché."

fleury michon ligne.jpg (571 KB)Les barquettes passent 30 minutes au four, sans jamais s'arrêter

Un marché chahuté

Ce n’est pas vraiment une première pour Fleury Michon, qui a déjà fait preuve d’audace et veut toujours innover en faveur de la qualité notamment. Porteur du label « Aider les Hommes à Manger Mieux Chaque Jour », il continue sur cette lancée. La barquette en bois, avec ses plats gratinés d’ingrédients labélisés, en est une nouvelle étape. Elle est aussi le moyen de redynamiser le marché du plat préparé individuel.

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"On avait travaillé sur la suppression des conservateurs, sur la suppression des additifs, sur l’équilibre nutritionnel de nos recettes en imposant le nutri-score, donc on est dans notre projet « aider les Hommes à manger mieux chaque jour » qui était déjà bien enclenché. Là c’est une étape supplémentaire qui nous permet aussi de varier l’emballage et de faire un premier pas en dehors du plastique. Même si notre gamme historique à base de plastique est de très haute qualité et satisfait nos consommateurs. Bien évidemment qu’on a besoin d’innover, cela sert à aller chercher de nouveaux consommateurs, ça nous sert à assurer notre pérennité à travers des innovations qui fonctionneraient, qui seraient des vraies réussites et qui nous aideront donc à redresser des résultats économiques qui, depuis quelques temps, sont plus difficiles à atteindre. Ces barquettes bois viennent répondre à ce besoin de renouvellement de l’offre."

L’usine Fleury Michon de Mouilleron-Saint-Germain envisage de produire 3,5 millions de barquettes de ces nouveaux plats cuisinés en 2020 mais vise une augmentation rapide. Cette nouvelle ligne de production, avec la technologie du four, pourra intégrer des contenants en verre, en céramique ou même en plastique. Une ouverture intéressante pour l’industriel qui travaille déjà à de nouveaux produits.