Les petites entreprises veulent résister à la crise

16 avril 2020 à 15h00 par Emilie PLANTARD

Si la crise sanitaire a pris la France de court, le pays se prépare à traverser une seconde période de difficultés, économiques cette fois. Les entreprises tournent actuellement au ralenti et les dirigeants appréhendent les mois à venir.

HIT WEST
Crédit: @MUP

Les régions Bretagne et Pays-de-la-Loire ont beau avoir été moins touchées par l’épidémie de Covid-19, le confinement imposé par le gouvernement est une épreuve pour bon nombre de petites et moyennes entreprises, dont l’activité s’est fortement réduite voire complètement arrêtée. Télétravail, chômage partiel, mesures barrière… Depuis la mi-mars, les dirigeants tentent d'affronter au mieux cette situation exceptionnelle. C’est le cas de la société d'usinage MUP (Mécanique Usinage de Précision) à Caden, dans le Morbihan. Dès le 16 mars, Wilfried Richard, le gérant, a dû revoir son organisation.

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"Il a fallu qu’on s’adapte aussitôt. Au niveau des gestes barrière pour éviter tout contact entre les salariés. Le bâtiment fait 1300 m2 donc toutes les machines sont espacées de 2 à 3 mètres. Et puis toutes les personnes à risque, je les renvoyé chez eux. Pour l’instant n’a été malade, parce que tout le monde joue le jeu et tout le monde a surtout envie de continuer à bosser. Sur mes salariés, personne n’a envie de se retrouver au chômage partiel. Parce que le chômage partiel c’est quand même une perte de salaire."

Gérer au mieux la crise

Dans cette entreprise de 19 salariés, qui fabrique des pièces de machines pour l'industrie agroalimentaire notamment, la production tourne au ralenti. Le gouvernement a proposé des mesures d’aide, via la facilitation de la mise en place du chômage partiel, le report de charges ou l’obtention de prêts bancaires. Des coups de pouce qui doivent permettre aux plus petites entreprises de supporter la baisse ou l’absence de revenus, sans toutefois annuler les charges qui pèsent elles.

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"J’ai tous mes prêts machine, mes prêts bancaires, même si là, on a réussi à les repousser. Tout ce qui est charges sociales, tout ce qu’on doit à l’Etat, moi je ne veux pas repousser ces échéances là pour me retrouver avec une double échéance d’ici quelques mois. C’est-à-dire que, tant que je peux et tant que j’ai de la trésorerie, je paie pour ne pas avoir à payer après. Et le plus dur ce n’est pas maintenant, ça sera après."

Le plus dur est devant

Car après la crise sanitaire, c’est bien la crise économique qui guette et elle inquiète sérieusement les dirigeants des TPE et PME. Si un début de retour à la normale est envisagé le 11 mai, rien n’est moins sûr pour les affaires puisque l’été est une période de congés -et donc de creux- pour de nombreuses entreprises, notamment dans l’industrie et le bâtiment.

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"Déjà on a un confinement jusqu’au 11, si on commence à envisager un confinement partiel pour une partie de la population, ça va aussi être compliqué parce que l’économie ne va pas repartir à 100%... Il y a le mois de juillet qui arrive, le mois d’août qui arrive donc là on peut dire qu’il y a 2 mois qui vont être plus ou moins morts… L’activité pourra peut-être repartir au mois de Septembre. Ça fait quand même 4 mois à tenir avec le si peu qu’on a dans les tiroirs en terme de boulot… Ya intérêt à avoir une trésorerie solide et ne pas se planter dès le départ…"

Les régions Bretagne et Pays-de-la-Loire soutiennent, elles aussi, les entreprises grâce à des fonds spéciaux. Le secteur de l’hôtellerie-restauration devrait quant à lui pouvoir bénéficier de mesures d’aides particulières.