Les élèves infirmier(e)s demandent un geste financier

24 avril 2020 à 8h18 par Emilie PLANTARD

Depuis plusieurs semaines, des étudiantes et étudiants en cursus infirmier sont à l'action au sein des établissements de santé, en stage ou en CDD. Une situation délicate à l'approche des examens, d'autant que cet engagement est souvent mal valorisé financièrement.

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Crédit: @CHU Nantes

En second trimestre, les élèves infirmiers et infirmières sont amenés à effectuer entre 10 et 15 semaines de stage, qu’ils soient en 1ère, 2è ou 3è année. Avec une particularité cette année : Le Covid-19 et les besoins de renfort que la crise sanitaire a induit. Dans ce contexte, les instituts de formation ont fait le choix de maintenir les stages, d’autres les ont requalifiés en contrats de travail. En Pays-de-la-Loire, ils seraient autour de 15.000 jeunes sur le terrain, à remplir des missions particulières au sein des services, parfois directement confrontés au virus, pour des tarifs de stage. Une situation largement dénoncée par la FNESI, Fédération Nationale des Etudiant.e.s en Soins Infirmiers.

Charlotte Siohan est étudiante en 3è année à Nantes et membre du FNESI en Pays-de-la-Loire :

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"Ceux qui sont en stage font des actes d’élèves étudiants infirmiers, mais dans certains établissements, certains et certaines travaillent en remplacements d’aides-soignants ou d’agents hospitaliers et malgré tout, sont indemnisés comme en stage. C’est difficile psychologiquement de prendre les mêmes risques, de faire le même travail et d’être indemnisés comme un stage c’est-à-dire très peu. En 1ère année, c’est 28 euros par semaine, En 2è année c’est 38 euros par semaine et en 3è année c’est 50 euros."

Et les examens approchent...

Le contexte est d’autant plus délicat que l’année scolaire se termine, les évaluations approchent. Les étudiants savent qu’ils ne retourneront pas en cours, mais ils devront malgré tout passer des écrits et des oraux que chaque établissement devra adapter. Et réviser pour…

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"Il y a des étudiants qui sont mobilisés dans le cadre de la crise, qui sont sur le terrain, qui doivent en rentrant chez eux, travailler leurs cours, pour préparer des évaluations qui ne sont pas toujours repoussées, ou pas toujours aménagées. Les 3è années, ils ont le mémoire de fin d’étude qui est maintenu. Il y a quand même un stress d’aller en service et de potentiellement être en contact avec le virus donc c’est déjà stressant et de ne pas savoir comment vont se passer les évaluations ou alors ne pas savoir comment ça va être aménagé… C’est beaucoup de stress."

Un soutien de conseillers régional

La seule organisation syndicale des élèves infirmiers, la FNESI, a sensibilisé les régions autour de cette situation particulière. A ce jour, 8 conseils régionaux y ont répondu en accordant une prime exceptionnelle à tous les étudiants santé mobilisés sur la crise sanitaire, notamment les régions Grand-Est et Ile-de-France. Dans les Pays-de-la-Loire, 2 conseillers régionaux ont entendu l’appel.  Jean-Claude Charrier et Violaine Lucas  ont sollicité la présidente de région pour accorder au moins 1000 euros par mois à ces stagiaires. Jean-Claude Charrier :

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"Déjà ils interviennent dans des conditions qui ne sont pas simples, la charge émotionnelle et autre, qu’ils vont recevoir au travers de cette crise n’est pas anodine et je pense que tout travail mérite salaire et à partir du moment où on effectue une tâche, même si elle part d’un engagement qui peut être personnel à faire quelque chose, ça mérite une gratification. C’est hors de question, parce qu’ils sont étudiants, qu’on puisse se servir de leur statut d’étudiant et ne rien leur donner."

On dénombre environ 3600 élèves infirmiers et infirmières en Pays-de-la-Loire. Les examens théoriques sont censés démarrer au début du mois de mai et s’achever en juin.