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Les écoles vont devoir suivre un protocole précis

04 mai 2020 à 23h18 Par Emilie PLANTARD
Le gouvernement a annoncé la réouverture progressive des écoles à partir du 11 mai. Les maires s’y préparent en collaboration avec l’académie, qui veut les rassurer. En Loire-Atlantique, tous les élus sont sur le pont.

Le ministère de l’éducation vient d’éditer le protocole sanitaire que chaque établissement scolaire devra respecter pour accueillir les élèves. Des règles strictes, mais surtout une feuille de route précise pour que les conditions de sécurité soient optimales, à partir du 11 mai. En Loire-Atlantique, le directeur académique, Philippe Carrière, a communiqué le protocole à tous les maires de son territoire, dès jeudi 30 avril.

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"Ce sont quelques principes qui permettent de dire d’abord, distanciation sociale. On évite le brassage des élèves. On applique les gestes barrière. On informe, on forme, on communique sur ce que nous faisons. Voilà les 4 grands principes. Les enfants vont devoir apprendre. Spontanément pour certains d’entre eux, ils aiment bien jouer ensemble, s’attraper… Et bien là non, ce n’est pas possible parce que la distanciation sociale impose qu’on soit à plus d’1 mètre de distance. Aussi bien en classe, mais c’est aussi dans les couloirs, dans la récréation, pendant le temps de demi-pension, cette distanciation s’impose. A défaut de quoi, effectivement on peut prendre des risques."

Du temps pour bien faire

Il va également falloir former le personnel de l’école, désinfecter le mobilier, séparer les tables dans les classes, établir un marquage au sol ou un fléchage… Mais le directeur insiste sur l’importance d’être parfaitement prêts avant d’ouvrir la porte de l’école aux enfants, quitte à repousser la rentrée.

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"Je le dis à tous les élus, je le dis à tous les enseignants, il faut prendre le temps de la réflexion pour faire une rentrée qui respecte scrupuleusement le protocole. Et si on n’est pas prêts le 12, et bien ce sera le 13, si le 13 il y a encore des zones d’ombre, on commencera le 14. Il faut d’abord respecter le protocole, l’expliquer aux parents d’élèves, qu’ils puissent se l’approprier, il y a un travail essentiel d’information, pour qu’ils aient confiance dans ce que fait l’éducation nationale et ce que font les élus."

Une évaluation du nombre d'enfants nécessaire

Les parents attendent beaucoup de ce protocole sanitaire, pour que leurs enfants puissent évoluer dans un cadre sécurisé. Il est désormais connu, ils vont donc pouvoir juger si oui ou non ils le trouvent satisfaisant et décider s’ils remettent ou non leurs enfants à l’école. C’est important que les établissements le sachent, pour organiser au mieux la reprise, à 15 enfants maximum par classe.

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"On a besoin d’une déclaration d’engagement. Ça n’a pas valeur d’engagement ni de décision, mais pour organiser cela à la fois dans les écoles et en lien avec les collectivités, on a besoin d’avoir connaissance du nombre approximatif d’élèves qu’il convient d’accueillir pour mettre en place le dispositif. Donc en ce moment on est en train de faire une déclaration d’intention des parents de sorte de pouvoir voir combien il y aura d’enfants dans chaque école. Et à partir de là on va mettre en place un dispositif qui sera communiqué aux parents."

Les maires engagés pour la sécurité sanitaire

En Loire-Atlantique, aucun maire ne s’oppose catégoriquement à la reprise des cours dans sa commune. Le protocole représente une base indispensable de travail pour que les personnels puissent assurer au mieux la sécurité sanitaire des établissements scolaires. Toutefois, des inquiétudes demeurent. Maurice Perrion est le maire de Ligné, il est aussi le président de l’AMF 44 (Association des Maires de France) :

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"Il y a des inquiétudes effectivement mais vous voyez que s’il y avait un problème, la responsabilité des maires est importante. Parce qu’il y a les professeurs des écoles mais les maires mettent à disposition les ASEM et le personnel communal donc il faut qu’ils soient formés et que les bons gestes soient appropriés pour assurer le meilleur service à nos élèves donc effectivement il y a une inquiétude des maires sur leur responsabilité."

Périscolaire, garderie : Pas tout de suite

Un mot d’ordre : Prendre le temps. Rien ne sert de courir, mieux vaut agir progressivement mais sûrement pour garantir la sécurité de tous. Les équipes municipales et pédagogiques vont travailler main dans la main, l’organisation devra certainement s’affiner au fil des jours voire des semaines. Quitte à ce que certains services ne soient pas en place dès le départ.

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"On voit bien que le protocole il est simple à mettre en place, et puis c’est le rôle du maire d’assurer la continuité scolaire donc on est habitués. La plus grosse difficulté, ça va être de convaincre les parents que la garderie périscolaire ne pourra pas être effective de suite, le problème des mercredis est posé aussi puisqu’on est bien conscients que tout ça est organisé pour que les enfants puissent être scolarisés, mais que les parents puissent aller travailler. Jusqu’à fin mai je pense qu’on va être dans une phase de développement normal et puis début juin, on sera opérationnels de façon plus précise."

Tout ce protocole sanitaire devrait représenter un surcoût dans les budgets des communes, il s’agira de postes de dépense concernant les équipements et éventuellement les repas.