Les déplacements : un frein à l'emploi en Bretagne

5 février 2019 à 7h16 par Alexandra BRUNOIS

Le temps de trajet et les déplacements : un frein à l'emploi en Bretagne... C'est ce que révèle une étude du groupe d'intérim Alphyr qui veut sensibiliser pour trouver des solutions notamment avec les pouvoirs publics.

HIT WEST

Dans la problématique de l'emploi et des problèmes de recrutement, un de freins réside dans le temps de trajet qui sépare l'employeur du candidat au poste. Le groupe intérim Alphyr lance régulièrement des études pour mieux connaître les habitudes de leurs salariés potentiels.

En janvier, un sondage révèle qu'en Bretagne, 1 intérimaire sur 2 se déplace en voiture et que la moitié d'entre eux passe entre 30 et 45 minutes pour se rendre au travail. C'est plus que ce qu'ils souhaiteraient. Une problématique de mobilité se pose donc pour les agences d'intérim notamment, chargées de recruter pour les entreprises.

Le résultat de l'étude en détail permet aux agences intérim de se poser les bonnes questions. Aurore Michon est responsable de l'agence d'intérim AquilaRH à Nantes

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"49.7 % des gens ont dit aller au travail en voiture. Près de la moitié mettaient en moyenne entre 30 et 45 minutes et 1 intérimaire sur 5 met plus d'1 heure se rendre au travail. Pour nous ce sont des vecteurs intéressants parce qu'on peut se dire qu'un décrochage peut venir de là, peut-être qu'il faut mieux cibler les clients intérimaires en fonction de lieux de mission, qu'on interroge plus les gens sur leurs souhaits de temps travail afin qu'il tiennent dans la durée sur leur mission..."

La distance est un problème, le temps de trajet également. Même si les intérimaires sont prêts à faire des efforts, ça peut être un frein.

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"Il y a quand même 71,6 % de gens qui souhaitent faire un maximum de 15 à 30 minutes de trajet pour se rendre à leur travail, toutefois, 52% d'entre eux répondent qu'ils acceptent d'aller sur un poste si le temps de trajet est supérieur à leur souhait initial donc les gens sont enclins à faire des efforts. Mais il faut peut-être réfléchir une contrepartie en rémunération, à du covoiturage dans certaines sociétés. Aujourd'hui on est en pénurie de main d’œuvre en Bretagne, et tous les freins qu'on peut lever et étudier intelligemment , c'est une bonne chose."

Le groupe intérimaire Alphyr communique ses études internes afin de sensibiliser.

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"On le voit avec le mouvement des gilets jaunes, c'est un peu ce qui a mis le feu aux poudres et on peut comprendre. Quand on est payé au SMIC et qu'on fait une heure de trajet matin et soir le coût est énorme. Nous on étudie plein de choses en agences. On s'adapte au candidat, on écoute ses attentes mais il y a peut-être des réflexions menées tous ensemble, avec les pouvoirs publics, les réseaux de transports..."

Une interview d'Emilie PLANTARD